Air France : Bruno Le Maire exige une politique verte et la fin des trajets courts

Alexandre Boero
Par Alexandre Boero, Journaliste-reporter, chargé de l'actu.
Publié le 30 avril 2020 à 09h59
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Boeing 777-200 (© Air France)

L'État n'aidera la compagnie française qu'à condition qu'elle respecte certaines - strictes - conditions.

« Je veux redire à Air France que ce soutien n'est pas un chèque en blanc ». Les premiers mots de la courte déclaration donnée par Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, sur les réseaux sociaux, ce 29 avril après-midi, donnent immédiatement le ton. L'État accepte d'accorder une aide historique à la compagnie française à hauteur de 7 milliards, pour faire face à la crise sans précédent que traverse le secteur aérien à cause de la pandémie de coronavirus, mais la manne financière va nécessiter des contreparties : devenir la compagnie la plus respectueuse de l'environnement, et retrouver la rentabilité.


Compétitivité et orientation pro-environnementale

Après de longues négociations, le ministre de l'Économie et des Finances a dévoilé les engagements pris par Air France pour pouvoir recevoir l'aide de plusieurs milliards d'euros accordée par l'État. La première condition posée par le gouvernement à Air France est celle de la compétitivité, de la rentabilité imposée. « Cet argent, c'est celui des contribuables, puisque les prêts bancaires sont garantis par l'État, et que le reste provient de prêts directs de l'État », explique Bruno Le Maire, qui fait bien comprendre par les termes employés que l'aide allouée n'est en aucun cas un cadeau fait au fleuron français du transport aérien.

La seconde condition posée par le ministre, c'est de faire d'Air France la compagnie verte par excellence, la plus respectueuse de l'environnement sur le globe. « C'est une condition sine qua non de ma signature [ ... ] pour soutenir Air France ».

La compagnie devra prendre des mesures fortes, et ce dès les prochains mois, alors que la crise ne sera pas encore absorbée (surtout que le risque d'une seconde vague existe). Air France devra réduire de 50 % ses émissions de CO2 par passager et par kilomètre entre 2005 et 2030, et faire diminuer de 50 % ses émissions de CO2 sur ses vols métropolitains d'ici la fin 2024. Et l'État compte bien s'en assurer.


Air France va devoir renouveler sa flotte, et réduire les vols compensables par les rails

Les engagements pris par Air France, sous la pression du gouvernement, vont conduire à revoir la mobilité sur le territoire dans son ensemble. « Je veux que chacun en prenne conscience », affirme Bruno Le Maire, qui impose aussi à Air France un objectif de 2 % de carburant alternatif durable dans les réservoirs dès 2025, outre un renouvellement de sa flotte (long et moyen-courrier), pour réduire les émissions. Flotte qui devra être renouvelée auprès de l'avionneur européen Airbus, en proie à la crise également. Les nouveaux Airbus A220 et A350 permettent de réduire de 20 à 25 % les émissions par avion.

Parce qu'il est encore bien trop tôt pour parler d'avions électriques, le nombre de vols va devoir être réduit. Le ministre de l'Économie et des Finances veut imposer l'alternative ferroviaire pour tous les vols intérieurs qui pourraient être effectués en train en moins de 2h30.

On peut ainsi imaginer que des vols Paris-Lyon, Marseille-Lyon, Paris-Rennes, Paris-Nantes ou Paris-Bordeaux puissent disparaître ou presque à terme. « Ces vols intérieurs devront être drastiquement réduits et limités simplement aux transferts vers un hub », précise le ministre.



Source : Communiqué
Alexandre Boero
Par Alexandre Boero
Journaliste-reporter, chargé de l'actu

Journaliste, chargé de l'actualité de Clubic. En soutien direct du rédacteur en chef, je suis aussi le reporter et le vidéaste de la bande. Journaliste de formation, j'ai fait mes gammes à l'EJCAM, école reconnue par la profession, où j'ai bouclé mon Master avec une mention « Bien » et un mémoire sur les médias en poche.

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Commentaires (10)
dvaid

J ai jamais compris l’intérêt des vols internes alors que le train est plus rapide, surtout vu le temps que ça prend avec l enregistrement et les contrôles aux aéroports.

cunlhaontz

Que Le Maire montre d’abord l’exemple en taxant le kérosène.
Le paradoxe du Buisness Before Health : le moyen de transport le plus polluant au monde est le moins taxé.

melcky

Paris-Nice en avion c’est:
1h30 de vol + 45 min d’avance + 30 min pour arriver en centre ville (comme le train)
Soit 2h45

En tgv c’est 5h35 de train + 10 min d’avance
Soit 5h45

3h de plus, dans une journée ca compte.
Sans parler du prix nettement supérieur en train (a des horaires et dates comparables)

melcky

Que l’on taxe un mode de transport (avion ou autre) ou une industrie pour inciter les consomateur a privilegier les alternatives, c’est bien.
Mais pour l’avion, dans l’immense majorité des cas, il n’y pour le moment aucune alternative.
Et donc aucun sens de taxer, au contraire vu le prix des avions autant laisser de l’argent aux companies pour leur permettre d’acheter de nouveaux avion plus propres.
ps: mais oui, pour les trajets courts, pourquoi pas.

toug19

Oui mais Paris Nice ne fait pas parti des vols qui doivent être supprimés. Il faudrait faire cette comparaison sur un Paris Bordeau.

dvaid

Je comprends pour Nice (genre nice-Brest bien galère en train), mais Paris-rennes 1h30 en train … C est abusé.

J aurai du dire " lorsque le train est plus rapide".
Sans compter sur un eventuel bagage en soute a récupérer.

wedgantilles

Tout dépends de pas mal de choses. L’enregistrement quand on le fait Online et qu’on a qu’un bagage cabine finalement ca ne change pas grand chose même s’il faut plus de temps.
Certains des trajets cités font un bon 3H en train minimum, auquel il faut ajouter le trajet pour aller à la gare et l’avance à avoir. Alors que le trajet peut se faire en 1H en avion, la différence existe malgré tout favorable pour l’avion.
Et surtout parfois le prix du trajet peut être inférieur à celui du train.

Zebulon_Vigitatus

Sans compter les correspondances. Par exemple 80% des passagers Rennes-Roissy prennent un vol long courrier en correspondance. Si il faut passer par une gare à Paris, c’est beaucoup plus long/cher/compliqué.

MHC

La France est menacée de déclassement et suit tout droit le chemin de la Grèce, les français pourraient à terme massivement perdre leur emplois et s’appauvrir considérablement. Mais notre ministre de l’Economie nous parle … d’écologie… Mon pauvre monsieur, ayez le sens des priorité et de gré, soyez enfin compétent !

cunlhaontz

Comme indiqué dans l’article : il existe des alternatives aux trajets courts.
Quand aux trajets longs : des vacances lointaines seraient moins privilégiées si plus chères, certains rendez-vous « in real » remplacés par des visios etc.
Le fait que l’avion soit si « abordable » fait que beaucoup en abusent où n’en cherchent pas d’alternative.