Lufthansa : la faillite, plutôt que la dépendance à l'État allemand ?

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© Lufthansa

La première compagnie aérienne européenne ne veut pas céder à la tentation de l'aide étatique à n'importe quel prix.

Lufthansa est bien décidée à montrer qu'elle est une compagnie de caractère. Non pas grâce à son statut de premier transporteur européen (et seconde en nombre de passagers en 2019, derrière Ryanair), mais parce qu'elle tient, avant tout, à son indépendance. Et la crise provoquée par le coronavirus pourrait mettre à mal cette dernière. La compagnie allemande privée, qui possède de nombreuses filiales nationales comme Austrian Airlines, Brussels Airlines et Swiss, est comme toutes ses concurrentes, dans le rouge. Sauf qu'elle n'est pas prête à « vendre son âge au diable » pour obtenir une aide massive.


La gourmandise de l'État allemand...

Alors que sa trésorerie (4,4 milliards d'euros) fond à vue d'œil et qu'elle recherche des liquidités, comme toutes les compagnies aériennes touchées par la crise, Lufthansa est en train de négocier une aide publique de 9 milliards d'euros, qui viendrait compléter les 900 millions d'euros financés depuis la mi-mars via des prêts à court terme et des lignes de crédit bilatérales tirées.

Le gouvernement allemand est prêt à lui accorder une manne qui pourrait lui permettre d'assurer sa survie à terme et de préserver un maximum d'emplois, mais non sans soumettre quelques conditions disons... dérangeantes aux yeux de la firme de Cologne.

Lufthansa, qui perdrait 1 million d'euros par heure, ne semble pas prête à faire toutes les concessions pour obtenir du cash. Car en échange de l'aide accordée, le gouvernement allemand souhaiterait monter au capital de la compagnie, à hauteur de 25%. Ce qui évidemment pose problème au transporteur, qui ne bénéficie que d'un seul actionnaire de référence à ce jour, le milliardaire allemand Heinz Hermann Thiele, qui détient 10% des parts de l'entreprise.



...qui veut une partie du capital et des sièges au conseil de surveillance

Soit. C'est surtout la seconde condition posée par l'État qui perturbe les négociations. Celui-ci souhaiterait en effet profiter de l'aide injectée dans Lufthansa pour « gratter » deux postes au conseil de surveillance, ce qui créerait un déséquilibre entre les actionnaires, la direction et ses salariés, et constituerait surtout une minorité de blocage. Sans oublier un taux d'intérêt fixé à 9%, qui coûterait 500 millions d'euros de coûts supplémentaires annuels à la compagnie.

Profondément vexée, Lufthansa est prête à envisager le pire, pour ne pas offrir son indépendance sur un plateau au gouvernement allemand. La firme, qui a réagi via son grand patron Carsten Spohr, a rappelé à la chancellerie qu'elle n'appréciait pas son interventionnisme étatique.

La compagnie est même prête à enclencher une procédure de faillite qui entraînerait un dépôt de bilan, si un vrai accord équilibré ne parvient pas à être scellé avec les autorités. Tentative de bluff ou caractère définitivement affirmé ? L'avenir nous le dira, même si on imagine mal l'État allemand laisser tomber sa compagnie phare.

Condor, concurrente allemande de Lufthansa qui repose sur les cendres du groupe Thomas Cook, a obtenu une aide de 550 millions d'euros qui prendra la forme de prêts garantis par l'État. L'aide a été autorisée par l'Union européenne.


Source : Les Echos investir
Modifié le 30/04/2020 à 13h30
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