Essai du Kia Sorento PHEV : que vaut le SUV sept places hybride rechargeable ?

16 avril 2021 à 14h30
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Camille Pinet pour Clubic

Le Kia Sorento tente la quadrature du cercle en proposant à la fois quatre roues motrices, sept places et une motorisation hybride rechargeable, le tout dans un grand SUV familial à l’esprit très américain.

Le groupe Hyundai Kia continue à électrifier ses gammes, profitant de sa maîtrise reconnue du sujet et de son incontestable succès obtenu sur le continent européen. Kia peut même mettre en avant le succès du e-Niro, l’un des modèles électriques les plus vendus aux particuliers. S’il fallait d’ailleurs faire prendre conscience du chemin parcouru en 15 ans, le Sorento en serait un excellent exemple.

Camille Pinet pour Clubic

Un modèle représentatif de l'évolution de la marque

En 2005, il s’agissait en effet encore d’un très rustique 4x4 de franchissement à châssis échelle vendu essentiellement en diesel. Il permettait pourtant à cette marque totalement inconnue de se constituer un début de notoriété. Aujourd’hui, il apparaît comme un sommet de gamme parfaitement au goût du jour d’un constructeur qui vise 2,5 % du marché français en 2021. Néanmoins, ce mastodonte de 4,81 m de long est avant tout conçu pour les Etats-Unis, où il est vendu en version thermique dotée d’un gros quatre cylindres 2.5 de 280 ch… et n’appartient qu’à la catégorie des SUV « moyens ».

Camille Pinet pour Clubic

Evidemment pas question de cela chez nous, où il n’existe de salut pour un tel engin qu’en version hybride rechargeable, qui profite toujours d’une exception fiscale grâce à un calcul des émissions de CO2 très avantageux. Kia est logiquement allé chercher dans la banque d’organe du groupe le groupe motopropulseur du Hyundai Tucson hybride rechargeable , composé d’un quatre cylindres 1.6 essence suralimenté, d’un moteur électrique placé dans la boite automatique à six rapports alimenté par une batterie de 13,8 kW/h bruts. Il n’est donc pas question de machine électrique placé à l’arrière, la transmission intégrale étant bien réalisée grâce à un arbre de transmission.

Une configuration très classique, mais qui permet au Sorento d’être avec son cousin Santa Fe l’un des seuls SUV sept places hybrides rechargeables à quatre roues motrices du marché avec, comme par hasard, l’américain Ford Explorer déjà essayé dans ces colonnes. Le Coréen a cependant le mérite d’être un peu moins éléphantesque, puisqu’il mesure tout de même 24 cm de moins.

Camille Pinet pour Clubic

De la place à revendre

Si le Sorento occupe bien le rôle de sommet de la gamme Kia en Europe, il ne cherche pas à marcher sur les platebandes des marques de luxe, ce qui ne l’empêche pas de proposer un équipement très complet, qui intègre quelques nouveautés jamais vues sur un modèle de la marque. Citons l’éclairage d’ambiance 64 couleurs un correcteur d’assiette à l’arrière qui permet de charger sans que la suspension s’affaisse et, parmi l’impressionnante panoplie sécuritaire, l’alerte d’angle mort capable d’empêcher l’ouverture de la porte à l’arrêt si un véhicule est repéré : les cyclistes lui disent merci.

Camille Pinet pour Clubic

Une première à notre connaissance qui s’ajoute au système de caméra qui permet de visualiser les flancs latéraux du véhicule dans les compteurs lorsque l’on active le clignotant. Déjà vu sur le Tucson, mais toujours très bien pensé. Le système multimédia, lui aussi connu sur d’autres modèles de la gamme, suscite moins d’éloges. Certes il est complet et s’autorise même quelques fantaisies en intégrant des ambiances sonores « bord de mer » ou « jour de pluie » mais l’ergonomie de ses menus reste toujours complexe. Un exemple : lorsque l’on cherche à accéder à la liste des stations de radio, il faut aller chercher un menu obscur plutôt que de cliquer sur l’icône centrale à laquelle on songe spontanément.

Le Kia propose également une application permettant de connaître à distance le niveau de charge du véhicule de le fermer ou l’ouvrir et de retrouver l’emplacement de l’auto en cas d’oubli. Bref, le Sorento ne laisse subsister aucun trou dans sa raquette technologique.

Camille Pinet pour Clubic

Très américain dans son dessin, la planche de bord offre un niveau de finition satisfaisant, particulièrement au niveau des assemblages. La factures de certains éléments décoratifs un peu artificiels déplairont peut-être aux plus exigeants, mais pour un engin avant tout destiné aux USA, le Kia se montre très abouti. Evidemment, son principal argument est l’espace disponible à bord et il faut reconnaître que malgré la présence de batteries et d’une transmission intégrale, il s’en sort bien. Certes, la troisième rangée de siège n’accueille pas deux adultes dans un confort princier en raison du plancher relevé, mais ça n’est le cas dans aucun modèle sept places.

Deux enfants pourront y voyager confortablement et disposeront même de porte-gobelets. La deuxième rangée offre quant à elle un espace aux jambes et à la tête tout simplement royal, et les passagers sont traités avec égards puisqu’il peuvent bénéficier de sièges chauffants et de prises USB placées dans les dossiers des sièges avant. En configuration 7 places, il laisse encore 175 litres d’espace pour les bagages, ce qui est peu, mais seul le Ford Explorer est capable de faire mieux. Bien entendu, lorsqu’on rabat les sièges le volume disponible devient plus que confortable. Surtout, la modularité, qui peut rapidement devenir complexe avec autant de dossiers de sièges à manipuler, reste intuitive et bien conçue.

Camille Pinet pour Clubic

Un Sorento à conduire en bon père de famille

La machine électrique de 91 ch et 301 Nm permet au Sorento de rouler en mode 100 % électrique sans recourir au quatre cylindres avec une vivacité très satisfaisante. Cependant, il convient de garder le pied léger sur autoroute pour ne pas déclencher le thermique. Le SUV coréen propose trois modes classiques, hybride auto et électrique, auquel s’ajoute une fonction recharge, évidemment peu efficiente puisqu’elle recourt à l’énergie du moteur thermique pour alimenter la batterie. Avec 265 ch annoncés, le Sorento laisse espérer des performances vigoureuses mais ce n’est pas du tout son crédo.

Camille Pinet pour Clubic

C’est que pour un SUV de près de deux tonnes, le chiffre de puissance compte moins que celui du couple. Or au total, celui du Sorento n’est supérieur que de 20 Nm à celui du diesel 1.6 CRDi de la Cee’d, la compacte du constructeur. Même s’il est disponible dès les plus bas régime grâce au moteur électrique, il reste un peu trop modeste pour jouer la sportivité. S’y ajoute une transmission un rien paresseuse, même si elle est un peu plus réactive en mode sport. Cela tombe bien me direz-vous, la sportivité n’a jamais été le crédo d’un SUV 7 places. Malheureusement, ce Kia ne fait pas de merveille non plus sur le plan du confort. Certes, les larges sièges sont très accueillants, mais ils ne suffisent pas à filtrer les irrégularités, très fidèlement retransmises par la suspension à basse vitesse.

Ce Kia manque clairement d’un amortissement piloté mais il n’est au catalogue, alors que le groupe coréen dispose bien de cette technologie. Le revers positif de la médaille est que le Sorento parvient à bien maîtriser son roulis et propose une adhérence très correcte sur le sec. Il n’est cependant évidemment pas question d’agilité pour un tel modèle.

Camille Pinet pour Clubic

Autonomie, consommation et recharge du Kia Sorento

Si le Sorento déçoit quelque peu par un manque de vigueur, il démontre une nouvelle fois l’excellente maîtrise de l’électrification du groupe Hyundai Kia. En dépit de sa batterie de taille très conventionnelle et de sa masse élevée, nous sommes parvenus à parcourir 45 km en mode 100 % électrique sur un parcours montagneux à priori peu favorable. Il fait donc mieux que bien des SUV « compacts » plus petits et moins pesants. Cela témoigne d’une efficacité à la fois de la motorisation mais aussi et surtout de la régénération au freinage, qui recharge rapidement la batterie en descente malgré l’absence de mode « B ».

Camille Pinet pour Clubic

Voilà qui profite également à la consommation batterie déchargée, susceptible de passer largement sous la barre des 8 litres de carburant sur route. Evidemment le bilan est moins favorable sur autoroute à 130 km/h où ce chiffre remonte à 9,5 l/100 km. Du côté de la recharge, ce Kia déçoit. Certes, sa trappe à l’arrière droit est facilement accessible, mais la puissance de recharge de son chargeur embarqué, 3.3 kW, apparaît un peu légère alors que de plus en plus d’hybrides rechargeables proposent du 7,4 kW voire de la recharge rapide en DC. Du coup, il faut compter au mieux 3 H 25 pour recharger de 15 à 95 % la batterie sur une prise 16 ampères. Pas question donc d’imaginer faire le plein sur autoroute pendant la pause des enfants…

Camille Pinet pour Clubic

Acheter le Kia Sorento

Sommet de gamme et il faut bien le dire, véhicule de niche, le Sorento n’est pas bradé. Ses tarifs démarrent à 48 990 € en finition d’accès Motion, qui n’est pas disponible en sept places. C’est pourtant la seule qui peut profiter du bonus de 2000 € allouer pour l’instant aux hybrides rechargeables, puisque toutes les autres versions dépassent le seuil fatidique des 50 000 €. Néanmoins, le coréen ne craint pas vraiment la concurrence, puisqu’elle se résume à un seul modèle, son cousin Hyundai Santa Fe. Le Ford Explorer et le Volvo XC90 se situent en effet dans des gammes de prix et de performances beaucoup plus élevées.

Au demeurant, le Sorento propose même dans sa gamme d’accès un équipement correct, incluant, comme il est de coutume chez Kia très peu d’option. Sur notre version d’essai haut de gamme, c’est carrément l’opulence avec l’utile et le superflu de série, mais la facture dépasse alors allègrement les 60 000 €. Ce n’est cependant pas une première pour le constructeur coréen puisque l’anecdotique Stinger est encore plus coûteuse.

Camille Pinet pour Clubic

Bilan Kia Sorento

Soyons clairs : la principale raison d’être de la motorisation hybride rechargeable sur un SUV 7 places à transmission intégrale est fiscale. Aucune autre motorisation ne permet en effet à un tel véhicule d’échapper à de gros malus. Mission accomplie donc pour le très habitable Sorento, qui offre une autonomie électrique appréciable et une dotation technologique parfaitement à jour. Il est dommage cependant que son confort de suspension, critère nous semble-t-il déterminant sur un modèle familial, ne soit pas meilleur. Enfin, l’absence de recharge rapide ne permet pas d’envisager d’abaisser sa consommation de carburant sur les grands trajets, pour lesquels son usage apparaît le plus pertinent.

Camille Pinet pour Clubic

Fiche technique Kia Sorento PHEV

Fiche technique Kia Sorento PHEV

Dimensions

Longueur
481 cm
Largeur
190 cm
Hauteur
170 cm
Empattement
282 cm
Volume de coffre
De 175 à 809 litres
Poids à vide
2 099 kg
Nombre de places
5

Motorisation

Moteur thermique
Quatre cylindres en ligne essence turbo
Cylindrée
1 598 cm3
Puissance
180 ch
Moteur électrique
Un moteur électrique synchrone
Puissance
91 ch
Capacité de batterie
13,8 kWh
Temps de charge sur secteur
5,2 heures ( 15 à 95 % de la batterie)
Puissance totale cumulée
265 ch
Couple total cumulé
350 Nm
Propulsion
Intégrale
Direction
Electrique à crémaillère
Suspension avant
Pseudo McPherson, amortisseurs télescopiques, barre antiroulis
Suspension arrière
Multibras, amortisseurs télescopiques, barre antiroulis

Performances

0 à 100 km/h
8,7 secondes
Vitesse maximale
193 km/h
Consommation électrique
1,6 l/100 km (mixte)
Émissions de CO2 WLTP
38 g/km (mixte)
Camille Pinet pour Clubic

Prix et équipement

Kia Sorento PHEV Premium 7 places : 61 940 €
Bonus écologique : 0 € (le bonus est réservé aux véhicules dont le tarif est inférieur à 50 000 €)

Equipement de série

  • Affichage tête haute
  • Caméra de recul
  • Correcteur d’assiette
  • Entrée et démarrage sans clé
  • Instrumentation numérique
  • Jantes Alliage (19 pouces)
  • Navigation
  • Phares à LEDS
  • Régulateur adaptatif
  • Sellerie cuir Nappa
  • Sièges électriques
  • Système audio Bose
  • Toit panoramique

Equipement en option

  • Peinture métallisée : 650€
  • Cable de recharge T2 T3 : 237€
Modifié le 16/04/2021 à 14h35
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