Test de Turing : une annonce controversée

10 juin 2014 à 13h41
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Eugène Goostman ne serait-il pas si « intelligent » que ça ? Hier, l'université de Reading en Angleterre a annoncé avoir développé un « supercomputer » capable de passer avec succès le test de Turing. Pourtant, ces résultats sont aujourd'hui quelque peu contestés.

Une machine peut-elle penser ? Voilà la question, très métaphysique, à laquelle Turing a tenté de répondre via un test. Ce dernier consiste, basiquement, à tromper au moins 30% des testeurs humains en se faisant passer avec succès pour une vraie personne.

Nous laisserons aux plus philosophes d'entre vous le soin d'établir si, oui ou non, un tel test permet de répondre à la question que se posait Turing. En revanche, comme tout test, ce dernier doit être passé selon les conditions définies initialement. Et les chercheurs semblent avoir pris quelques libertés d'interprétation avec le protocole établi par Turing.

Le fait d'avoir choisi, notamment, une nationalité -et une langue- précise (ukrainienne, en l'occurrence), ou encore un âge (13 ans) est un parti pris assumé et argumenté par Vladimir Veselov, l'un des développeurs du programme. Mais ces deux éléments sont également autant d'arguments pour ses détracteurs, qui considèrent que ces choix faussent le test et ne respectent pas l'esprit initial de l'expérience.

En effet, les interlocuteurs du jeune Eugène ont, d'après eux, pu plus facilement pardonner à ce dernier ses errances sémantiques. Un argument également valable du point de vue de sa nationalité. Le test s'est déroulé en Angleterre et donc principalement dans la langue de Shakespeare : les interlocuteurs anglophones du programme ont peut être été plus indulgents avec un jeune homme dont la langue n'était pas la leur.

De ce fait, il est probablement exagéré de parler de véritable étape dans l'histoire de l'informatique comme le clame le communiqué de presse de l'université de Reading. Un effet d'annonce, 60 ans jour pour jour après le décès de Turing ? Il ne faut cependant pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

Le travail de cette équipe reste intéressant et montre les progrès réalisés en matière de simulation de conversation. En revanche, la communication faite autour de ces avancées était probablement un peu trop tapageuse, ce qui n'a pas manqué de soulever les critiques.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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