RGPD : 6 mois après, les consciences s'éveillent (enfin, selon la CNIL)

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Le 26 novembre 2018
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La CNIL enregistre de plus en plus de plaintes liées au RGPD, auquel 66% des Français se disent « plus sensibles » qu'avant son entrée en vigueur.

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a publié, le 23 novembre, un grand bilan du début de vie du règlement général sur la protection des données (le fameux RGPD), six mois après entrée en vigueur officielle le 25 mai dernier. L'autorité administrative indépendante en a profité pour faire un point chiffré sur les actions réalisées et les acteurs mobilisés, naturellement de plus en plus nombreux, mais également pour prendre le pouls des Français et évoquer l'avenir de la protection des données.

Les professionnels se mobilisent et veulent être aiguillés

Aujourd'hui en France, 32 000 organismes -personnes physiques et morales confondues- ont désigné un délégué à la protection des données. Depuis l'entrée en vigueur du RGPD, la CNIL a annoncé avoir reçu quelques 1 000 notifications de violations des données, soit environ 7 par jour.

L'autorité a, en parallèle, vu logiquement bondir le nombre de visites sur son site internet (7 millions contre 4,4 millions en 2017). Cette dernière est extrêmement sollicitée depuis ces six derniers mois, avec « une hausse significative des contacts avec les publics, notamment les professionnels : 178 000 appels depuis janvier 2018 et 246 000 consultations des FAQ en ligne » (bien plus qu'en 2017)... La CNIL précise également que le PIA, son logiciel d'analyse de l'impact sur la protection des données, a déjà été téléchargé 130 000 fois.

6 000 plaintes déposées auprès de la CNIL depuis le 25 mai 2018

Chez les Français de manière générale, il y a eu ses six derniers mois une vraie prise de conscience autour de la protection des données. Depuis le début de l'année, la CNIL a reçu 9 700 plaintes (dont 6 000 rien que depuis le 25 mai 2018), soit 34% de plus que l'année dernière. La plupart du temps, c'est le droit d'accès à ses données personnelles qui est évoqué, ce à quoi les organismes « n'étaient manifestement pas assez préparés », nous indique la CNIL.

En outre, le sondage IFOP réalisé en octobre pour le compte de la Commission témoigne de cette volonté des Français à vouloir exercer leurs droits en la matière. 66% d'entre eux se disent plus sensibles que ces dernières années à la protection de leurs données personnelles. La crainte du piratage, du vol de données, les scandales de piratages sur les réseaux sociaux, les spam et les diverses sollicitations commerciales sont les facteurs principaux de cette sensibilisation grandissante.

Un autre chiffre nous intéresse, car il prouve que le RGPD a été bien accueilli. 65% des Français en ont déjà entendu parler. Avouons que cela aurait pu être pire. Petit bémol cependant : à peine un peu plus d'un Français sur deux (54%) estime « comprendre » ce que le règlement a changé sur les droits des personnes et les obligations des professionnels.

Le RGPD n'en est qu'à ses prémisses

La CNIL a précisé qu'une ordonnance serait prise avant la fin de l'année, afin d'améliorer la lisibilité du cadre juridique national. Dans le même temps, l'autorité administration indépendante nous informe qu'elle adoptera prochainement un règlement-type biométrie et qu'elle développe actuellement une stratégie à destination des « têtes de réseaux », pour diffuser plus largement les principes RGPD.

À ce titre, un MOCC (une formation en ligne ouverte pour tous) sera déployé au cours du premier trimestre 2019. Un plan d'accompagnement des collectivités territoriales (guide pratique, fiches thématiques, téléservices, sécurité...) verra aussi le jour en 2019.

Modifié le 26/11/2018 à 10h15
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