Meng Wenzhou, fille du fondateur de Huawei, risque 30 ans de prison

Alexandre Boero Contributeur
10 décembre 2018 à 14h16
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La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, pourrait être extradée vers les États-Unis, qui l'accusent d'avoir interféré dans les sanctions prononcées contre l'Iran. La Chine, de son côté, exige sa libération immédiate.

Ce que l'on pourrait appeler « l'affaire Huawei VS États-Unis » continue de prendre chaque jour un peu plus d'épaisseur. Meng Wanzhou est l'un des personnages les plus importants de la firme chinoise, deuxième fabricant mondial de smartphones. D'une part, elle en est la directrice financière, d'autre part, elle est la fille du fondateur de Huawei, Ren Zhengfei. Alors, forcément, son arrestation provoque des remous...

Détenue depuis le 1er décembre 2018 au Canada, Meng Wanzhou est accusée par les USA d'avoir caché des liens entre Huawei et une firme, Skycom, qui tentait de contourner les sanctions américaines et européennes prononcées contre l'Iran. La dirigeante risque gros, alors que l'incident diplomatique semble poindre.

La Chine prévient le Canada des « graves conséquences causées »


Huawei est devenue une cible prioritaire de plusieurs pays comme les États-Unis, la Nouvelle-Zélande ou le Royaume-Uni, pour qui l'entreprise de Shenzhen est affiliée aux services de renseignement chinois.

Meng Wanzhou, 46 ans, a été arrêtée au tout début du mois de décembre, à la demande des autorités américaines, alors qu'elle était en transit entre deux vols à l'aéroport de Vancouver. Cette dernière est passible de poursuites pour conspiration en vue de frauder les banques. Sa libération sous caution a été écartée, car cela pourrait lui permettre de fuir, selon un avocat présent au Canada. Les États-Unis souhaitent même son extradition.

Pour les faits qui lui sont reprochés, Meng Wanzhou risque une peine pouvant aller jusqu'à 30 ans de prison. Pékin, qui considère que l'arrestation de la dirigeante constitue une grave violation de ses droits, réclame sa libération immédiate sans condition. Le ministère chinois des Affaires étrangères prévient par ailleurs le Canada de devoir assumer « la pleine responsabilité des graves conséquences causées ».

Une extradition difficile à envisager pour le moment


Sur le plan juridique, David Martin, avocat de Meng Wanzhou, affirme que les preuves présentées, comme l'utilisation d'adresses électroniques Huawei par des employés de Skycom, ne prouvent en rien que la dirigeante a enfreint les lois américaines ou canadiennes. Son extradition vers les USA pourrait prendre des mois, voire des années.

En attendant, les faits tendent encore un peu plus les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine.

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