La livraison le jour-même, pas pour demain

Thomas Pontiroli
30 mars 2016 à 10h42
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Entre Amazon et les start-up, les initiatives de livraison le lendemain, ou idéalement, le jour-même, se multiplient. Mais globalement, les e-commerçants sont encore loin du compte en France. Selon une étude de la fédération du commerce à distance (Fevad) menée auprès d'un millier de e-marchands et portant sur 40 millions de colis (soit 10 % du marché), le délai moyen de livraison dans l'Hexagone est de 5,3 jours.

On associe facilement la livraison au transport, mais le processus se découpe en trois phases bien distinctes, faisant chacune intervenir des acteurs différents. Il y a la préparation de la commande par le e-marchand, qui comprend la vérification du paiement, le contrôle anti-fraude, le scan logistique dans l'entrepôt... Puis le transport, de l'entrepôt vers la Poste. Et enfin la livraison, sauf en cas de retrait dans un point relais.

Livraison le jour-même, très marginale

Les start-up comme Colisweb, Deliveree ou Toktoktok vantent une livraison le même jour, une prouesse qu'elles réalisent en envoyant une armada de coursiers en véhicule léger dans les magasins (« picking »).
C'est par exemple un livreur à vélo qui va acheter un bouquet de fleurs pour la Saint-Valentin. Ce mode de livraison n'est pas encore référencé par l'observatoire de la logistique, et il est « encore très marginal ».



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La livraison classique commence à être concurrencée par le picking en magasin dans les grandes villes - Crédit : Fotolia.


Le traitement de la commande, perfectible

Mais réduire le temps de livraison ne se fait pas qu'en jouant sur la livraison - le fameux « dernier kilomètre ». Bertrand Pineau, spécialiste de la logistique à la Fevad, nous explique que « les e-marchands ont encore du boulot à faire sur la préparation de la commande ». Si un tiers des commandes sont traitées le jour-même de l'achat par l'internaute, 56 % le sont le lendemain, et même 7 % deux jours plus tard.

La rapidité d'exécution dépend de la taille du marchand. « Les gros acteurs ont des systèmes informatiques automatisés et sont devenus extrêmement rapides », souligne Bertrand Pineau. À l'inverse, « les plus petits e-marchands tirent la moyenne vers le bas, il existe de grands écarts qui vont se creuser encore à l'avenir ».

De la transparence plutôt que de la rapidité

Sur le deuxième maillon de la chaîne, le transport, l'expert note une grande amélioration ces dernières années : « Il fallait autrefois 48 heures pour cette étape, qui est aujourd'hui ramenée plutôt à 24 heures, comme au Royaume-Uni. » Cette amélioration a été obtenue grâce à « des gains de productivité liés à une meilleure intégration des transporteurs avec les e-marchands, et des investissements en informatique ».

Bertrand Pineau explique que les consommateurs « ne cherchent pas toujours la rapidité, mais veulent de la transparence sur la logistique. Ils ne veulent pas savoir qu'ils seront livrés tel jour entre 8 heures et 17 heures, mais où en est précisément leur colis dans le process, et savoir qu'ils l'auront à un créneau précis de deux heures ». Une maîtrise de retrait du colis à laquelle répondent par ailleurs les consignes automatisées.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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