La livraison le même jour fait ses premiers pas en France

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Le 25 septembre 2014
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Passer une commande sur Internet et la recevoir dans la journée est le prochain défi auquel s'attellent les e-commerçants. Tour d'horizon de quelques solutions innovantes lors du Salon E-commerce Paris.

La livraison par drone ? Pas pour tout de suite. Amazon et Google ont beau avoir communiqué sur des expérimentations menées en Inde et en Australie, les professionnels de la logistique français n'y croient pas, au moins sur le court terme. Au mieux, les drones serviront pour certains usages précis, comme la livraison de médicaments dans des zones reculées. Pour le reste, d'autres techniques, plus prosaïques, s'installent afin d'accélérer ce processus parfois long pour le client. Y compris après la livraison, afin d'améliorer la réception.

La livraison le même jour est déjà là


« Vos envies, maintenant » est la devise de Toktoktok, dont le nom est inspiré du coursier qui frappe à la porte du client. La société promet de livrer en moins d'une heure et même en 35 minutes en moyenne selon Thomas Devilder, le co-fondateur. Dans les faits, le consommateur passe commande depuis son application smartphone. Burgers ou fleurs, le choix de produits est encore restreint. Il s'agit d'y aller crescendo.


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La demande est envoyée au coursier selon sa position et son équipement : voiture, scooter, segway ou rollers. La complexité à ce niveau est de réaliser le bon calcul en prenant en compte la proximité du coursier avec le client final et le, ou les magasin(s), mais aussi le volume et le poids des commandes. Il est bien évident que le « runner » en rollers ne transportera pas de gros colis. Côté commerçant, c'est transparent. Le coursier se présente à lui comme n'importe quel client. En réalité, le commerçant est complice : il absorbe une partie du coût de la livraison, afin de contenir le frais de port entre 5 et 15 euros - à terme, il sera à 5.

Mais que se passe-t-il lorsqu'un client a commandé deux plats chauds dans deux endroits différents ? « Notre modèle ne peut fonctionner qu'à condition de respecter énormément de règles », explique Thomas Devilder. Sur ce sujet, un même coursier ne peut pas livrer deux plats chauds. « Plus le maillage de runners et de commerçants partenaires sera dense et plus nous pourrons réduire les délais et les coûts », promet le co-fondateur. La seule limite, intrinsèque à ce modèle : il est réservé aux grandes agglomérations.

Livrer le même jour grâce à sa boutique


Autre société à mettre à profit les coursiers : Colisweb. Lorsqu'un e-marchand possède un point de vente proche du lieu de livraison, il peut proposer l'option Colisweb dans la page dédiée aux options de livraison. Si le produit est en stock, il sera acheminé en moins d'une heure au client - pendant les horaires d'ouverture. Points communs avec Toktoktok : Colisweb choisit le coursier le plus proche, dont le moyen de locomotion (vélo, moto ou voiture) est le plus adapté au produit et affiche le suivi GPS de la course sur mobile.

Lorsqu'on demande à Thomas Devilder si Toktoktok résistera à l'essor de Google Shopping ou Amazon qui se met aussi à la livraison de produits frais, il répond que leur modèle les pénalise sur la rapidité de livraison, « car ils restent dépendants d'entrepôts en dehors des villes alors que Toktoktok se base sur les stocks déjà présents à l'intérieur des villes, et ne fait que mettre en lien les consommateurs qui expriment un besoin et les magasins qui, ainsi, augment leur visibilité, leur zone de chalandise et génèrent des ventes en plus ».


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Si des solutions se mettent en place pour livrer le même jour, encore faut-il que le consommateur puisse recevoir sa commande le même jour. Ce qui, pour une personne active, peut s'avérer compliqué. En alternative au traditionnel relais, Colisweb répond à ce problème en permettant au client de contacter le coursier afin de choisir un créneau où il sera présent pour réceptionner sa commande, sans bouger de chez lui. Ce système s'apparente Colizen, qui propose des plages de deux heures pour se faire livrer.

Après avoir livré, accélérer la réception


C'est une tendance à laquelle tente de coller Chronopost, la filiale de La Poste spécialisée dans la livraison rapide. Avec son service Predict, celle-ci permet de planifier un créneau de deux heures durant lequel ils pourront réceptionner leur colis. La reprogrammation du rendez-vous peut intervenir de six jours ouvrés à quinze minutes avant la livraison. En cas d'absence, la commande peut être déposée en point relais ou chez un voisin. La nouveauté est que ce choix peut être opéré le matin-même de la livraison.

Chronopost pense réduire la durée de la plage de livraison à une heure en 2015, mais sans encore proposer un vrai rendez-vous avec un horaire précis. Si malgré ces options, le client n'est toujours pas disponible, des pistes restent à creuser du côté des points relais. Parmi leurs points faibles, PickUp a identifié leur absence des gares et centres commerciaux. Pourquoi ? Parce que les boutiques bénéficient déjà d'un trafic conséquent et n'ont pas intérêt à s'encombrer avec de la logistique qui leur apportera que quelques clients à la marge.

Pour remédier à cela, PickUp va ouvrir des boutiques en dur dans les gares et mettre à disposition des e-consommateurs des consignes - soit des casiers avec numéro de sécurité spécifique à la commande - permettant de récupérer leur colis. Pour se rendre attractifs, ces centres ajouteront d'autres services comme le dressing, la conciergerie, ou la vente de produits de première nécessité. Mais est-ce la panacée ?

L'autre piste pour recevoir son colis dès la livraison et ne pas avoir à courir en point relais est d'autoriser le dépôt de (petits) colis en boîte aux lettres. Plus original : en juin dernier, le constructeur d'automobiles Volvo a inauguré... la livraison dans le coffre de sa voiture. Le livreur ne peut ouvrir le coffre qu'une seule fois et le propriétaire est notifié de la livraison sur son mobile. Seul inconvénient : posséder une Volvo.




Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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