Les publicitaires voulaient faire plier l’iPhone. Le tribunal a dit non. Derrière ce « simple » écran de consentement, c’est une bataille d’influence qui se rejoue, en plein Paris.

App Tracking Transparency, la technologie d'Apple qui met à mal les régies publicitaires. © Apple
App Tracking Transparency, la technologie d'Apple qui met à mal les régies publicitaires. © Apple

Apple vient de marquer un point important en France sur App Tracking Transparency, sa mécanique qui force les applications à demander l’autorisation avant de suivre l’utilisateur. Un tribunal parisien a refusé d’ordonner l’arrêt de cette fonctionnalité, pourtant attaquée par des acteurs de la publicité. Pour comprendre pourquoi cette décision compte, il faut revenir à un feuilleton où « vie privée » et « concurrence » se disputent la vedette.

Le tribunal judiciaire de Paris donne raison à Apple

Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté la demande visant à obliger Apple à stopper App Tracking Transparency en France. L’action avait été lancée par une coalition de groupes liés à l’industrie publicitaire. Effet immédiat, Apple peut continuer à afficher la fenêtre de consentement sur iPhone et autres appareils dans le pays.

Ce revers judiciaire intervient dans un contexte déjà chargé. Rappelons qu’il y a environ un an, le gendarme français de la concurrence avait infligé à Apple une amende de 150 millions d’euros au sujet d’App Tracking Transparency. Apple a récemment été sanctionnée en Italie sur ce dossier, tandis que l’Allemagne pousse l’entreprise à modifier la fonctionnalité.

Côté communication, Apple salue une décision qui rejette des accusations jugées infondées, et réaffirme sa ligne pro confidentialité. Les plaignants, eux, indiquent vouloir continuer la procédure, selon 9to5Mac qui cite Les Échos. Autrement dit, ce n’est pas la fin de l’histoire, c’est un round.

La vie privée, alibi parfait ou garde fou utile ?

App Tracking Transparency est un objet politique, parce qu’il touche au nerf de la guerre publicitaire. Sur l’écran, le choix semble binaire. Sur le marché, l’impact est massif, car sans suivi, le ciblage devient moins précis, et les retours sur investissement des campagnes sont irrémédiablement impactés. Cette tension explique la nervosité des annonceurs.

Apple propose aussi sa propre offre publicitaire sur ses différents services, dont l'App Store. © Apple
Apple propose aussi sa propre offre publicitaire sur ses différents services, dont l'App Store. © Apple

Le cœur de l’accusation tient en une idée simple : Apple imposerait des contraintes aux autres, sans se les appliquer de la même façon. Apple répond que ses services sont conçus pour limiter le croisement des données, donc qu’ils ne relèvent pas du même traitement. C’est propre sur le papier. C’est aussi très pratique quand on tient la plateforme.

En France, l’ATT n’est pas juste un « réglage » iOS. Apple parlait déjà d’une intense campagne de lobbying il y a quelques mois, en réponse à ses différentes enquêtes européennes. Ce jugement parisien change donc le rapport de force, au moins temporairement. Il donne à Apple un argument à brandir ailleurs en Europe. Mais attention au miroir aux alouettes : une victoire judiciaire ne règle pas la question de fond. Les autorités veulent savoir si la protection de l’utilisateur sert aussi, au passage, à verrouiller l’écosystème.

Dernier détail qui fâche : Apple n’est pas un spectateur neutre. La marque dispose de sa propre régie et place des publicités dans certains de ses services, tout en affirmant ne pas suivre l’utilisateur « à la manière » des tiers.

Source : 9to5mac

À découvrir
VPN no log : les meilleurs VPN sécurisés pour rester anonyme en ligne en 2026
31 décembre 2025 à 09h16
Comparatifs services