C'était le calme avant la tempête algorithmique. La parenthèse enchantée d'un réseau social immaculé se referme brutalement. Préparez-vous : Meta vient de siffler la fin de la récréation pour monétiser votre temps de cerveau disponible.

Threads © Shutterstock
Threads © Shutterstock

Vous pensiez naïvement que Mark Zuckerberg vous offrait un espace gratuit par pure philanthropie ? Détrompez-vous. La stratégie était écrite d'avance et le couperet vient de tomber. Le déploiement mondial des espaces publicitaires sur Threads débute officiellement la semaine prochaine. Ce n'est pas une surprise, c'est une exécution sommaire de la gratuité sans contrepartie. Pour comprendre cette bascule, il faut regarder les chiffres : avec plus de 400 millions d'utilisateurs actifs, la plateforme a atteint sa masse critique.

L'invasion sera lente mais inéluctable

Ne vous attendez pas à une saturation immédiate de votre écran. La firme de Menlo Park opte pour la méthode de la grenouille ébouillantée. Le déploiement sera progressif et commencera par une « faible densité » d'annonces pour ne pas faire fuir les utilisateurs les plus volatiles. Les formats, eux, sont déjà calés sur les standards de la maison mère.​

Threads
  • Concurrent crédible à Twitter
  • Une connexion directe avec Instagram

Vous retrouverez les classiques carrousels et les encarts de promotion d'applications directement dans votre flux. Plus intrusif encore, le format vidéo au ratio 4:5 fera bien son apparition. Nous vous en parlions récemment, Meta préparait déjà le terrain pour imposer ces publicités vidéo sur Threads. L'intégration technique est d'une simplicité désarmante pour les annonceurs. Une simple case à cocher dans le gestionnaire de publicités de Facebook suffira pour dupliquer leurs campagnes vers ce nouveau territoire vierge.

La sécurité de marque comme arme fatale

Cette décision n'est pas uniquement motivée par l'appât du gain immédiat. C'est une attaque frontale contre X (ex-Twitter). Là où la plateforme d'Elon Musk effraie les annonceurs par son instabilité et son contenu parfois toxique, Threads joue la carte de la « marque sécurisante ». Meta propose même une vérification tierce pour garantir aux marques qu'elles ne s'afficheront pas à côté de contenus douteux.​

C'est un argument massue pour récupérer les budgets publicitaires qui ont fui le navire concurrent. Les récents résultats montraient déjà que Threads s'imposait face à X avec des chiffres qui font mal à Elon Musk. Meta ne fait que capitaliser sur cette victoire numérique en transformant son audience en marchandise. L'algorithme de ciblage, le même que celui d'Instagram, promet une précision chirurgicale.

Source : Meta