Colisweb, un "Uber" français de la livraison

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Le 24 septembre 2015
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Colisweb construit depuis bientôt deux ans un réseau de transporteurs indépendants sur le modèle d'Uber. Sa promesse est de livrer (dans les grandes villes) en moins de deux heures.

En un an, le paysage français de la livraison le jour même a bien changé. Du moins, il est apparu. À l'origine de cette transformation, on ne trouve pas les transporteurs historiques, mais des start-up : Deliveree, Tok Tok Tok, ou l'une des plus prometteuses : Colisweb. C'est elle qui se charge depuis peu de l'acheminement, en moins de trois heures, de colis pour Darty. Dans ses clients, il y a aussi Boulanger ou bien Leroy Merlin.

Pour autant, ce modèle de livraison repose sur une base a priori fragile : un parc de livreurs indépendants, reliés entre eux avec de savants algorithmes. En fait, une sorte d'Uber du transport de colis. Pour en savoir plus sur sa vision, nous avons interrogé son cofondateur, Rémi Langaigne, lors de la Paris Retail Week.

Sur quel constat avez-vous décidé de créer Colisweb en 2013 ?

Le dernier kilomètre de livraison est la bête noire du commerce en ligne. C'est normal, il est le plus complexe à gérer pour les transporteurs. Mais pour les consommateurs, cette étape est la deuxième source de stress lors du processus d'achat. En 2015, les méthodes de livraison restent archaïques et ne répondent pas au problème. Alors que l'idéal est de se faire livrer où vous voulez et quand voulez. Nous voulons faire cela.

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En quoi avez-vous innové pour gérer vos flux logistiques ?

La difficulté est de connecter nos 400 transporteurs indépendants, et de choisir en temps réel celui qui sera le plus pertinent pour une course au regard de sa position géographique, de sa destination et de son véhicule (rollers, vélo, moto, voiture...). Sachant aussi que les clients finaux peuvent modifier le moment de livraison jusqu'à 5 minutes avant. Pour nous aider, on développe l'approche prédictive via un partenariat avec l'Inria.

Quelles sont vos relations avec vos nombreux transporteurs ?

Nous avons le même défi que les sociétés de VTC comme Uber : les transporteurs (à l'instar des chauffeurs) ne sont pas salariés, donc nous devons les fidéliser. C'est la clé. En améliorant la technologie, on rend aussi leurs déplacements plus pertinents, on leur fait gagner du temps, et au bout du compte, ils sont rentables.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les chiffres de Colisweb ?

La société a vu le jour il y a deux an et demi, nous avons levé 850 000 euros fin 2014 auprès de Bpifrance et d'investisseurs privés et nous sommes 10 salariés, dont 50 % d'ingénieurs, car la technologie est dans notre ADN. Nous avons 35 partenaires commerçants et nous opérons dans 12 agglomérations pour 250 livraisons par jour et une croissance de notre activité de 45 % par mois. Dans un an, nous devrions être dans 25 villes.

Pouvez-vous livrer encore plus vite, et comment feriez-vous ?

Nous communiquons sur un délai maximum de deux heures, et trois heures avec Darty, mais c'est davantage une garantie, car notre temps moyen de livraison aujourd'hui est de 55 minutes. Pour cela, nous nous appuyons sur les stocks des magasins au plus proche des consommateurs. Nous pourrons sans doute abaisser ce temps moyen mais le vrai but est surtout de livrer à un horaire très précis, c'est là qu'est l'enjeu.

Comment sera l'expérience de la livraison dans cinq ans ?

L'objectif est que la livraison devienne totalement indolore pour le consommateur, de la même manière que le paiement. D'une expérience fastidieuse où il fallait recopier tous les numéros de sa carte de paiement, c'est devenu une étape très fugace, qui peut se résumer à un seul clic. Si l'on géolocalise en permanence les gens et les transporteurs, on peut imaginer réussir à les livrer où qu'ils se trouvent, avec une très grande précision.

Quelles évolutions comptez-vous intégrer à votre offre ?

Nous intègrerons la livraison collaborative (reposant sur des particuliers, comme le fait la start-up française Drivoo, ndlr). Nous imaginons aussi des hubs de livraison au sein des villes qui pourront être approvisionnés par nos coursiers, ce qui va de pair avec l'essor des consignes. À la fin 2015, nous proposerons une offre pour les enseignes de luxe et un produit packagé pour les PME. En 2016, les efforts porteront sur l'international.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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