La SNCF investit dans Hyperloop

04 février 2020 à 14h53
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Verra-t-on un jour un train supersonique en France emmenant ses passagers à 1 200 km/h ? La participation de la SNCF à une levée de fonds de Hyperloop Technologies le laisse supposer.

Inauguré en 1981, le TGV commence à se faire vieux. S'il a drastiquement réduit les distances reliant les grandes villes en France en permettant à ses voyageurs de circuler à 300 km/h - et même 320 km/h sur certaines lignes, comme vers l'Est - la compagnie ferroviaire semble estimer qu'elle peut faire mieux. Raison pour laquelle elle a sans doute investi dans Hyperloop Technologies, une société portant le projet de train imaginé par Elon Musk.

La SNCF a pris part à un tour de table de 26 millions de dollars en novembre 2015 - et visant 80 millions au global - rapporte BFM Business. Le montant injecté par la société française n'a pas été dévoilé, ni même son rôle précis dans cette opération, qui n'a du reste pas été confirmée. La première levée de fonds d'Hyperloop, une société créée en 2014 et dirigée par Rob Lloyd, date de février 2015 et se montait à 11 millions de dollars.

Deux sociétés pour un concept

Hyperloop, c'est ce concept de train sous vide devant circuler à plus de 1 200 km/h. Deux initiatives autour du projet sont actuellement sur les rails : d'un côté, Hyperloop Technologies, qui travaille sur une phase de test qui prendra place dans le désert du Nevada, près de Las Vegas. De l'autre, Hyperloop Transportation Technologies, qui a jeté son dévolu sur un terrain à proximité de la ville de Quay Valley, entre Los Angeles et San Francisco.


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La forme finale du train Hyperloop n'a pas encore été définie - Crédit : HTT.


Jusqu'à présent, ce projet de train supersonique colle à l'image charismatique d'Elon Musk, or le milliardaire ne dirige aucune opération. Loin de Los Angeles, HTT planche d'ailleurs à l'installation d'Hyperloop en Slovaquie.

Traverser 3 pays en 20 minutes

La Slovaquie sera le premier pays d'Europe à accueillir un projet Hyperloop, en partenariat avec la société Hyperloop Transportation Technologies. À terme, Vienne, Bratislava et Budapest devraient être reliées.

Le projet est concret : un accord avec le gouvernement slovaque a déjà été signé, dans l'optique de mettre sur pied le premier Hyperloop européen dans le pays. Ce système de transport imaginé en premier lieu par Elon Musk, patron entre autres de Tesla et de SpaceX, a été proposé en open source par le biais d'un livre blanc en 2014, ce qui a poussé plusieurs entreprises et initiatives à se l'approprier pour travailler à son développement.

Le projet slovaque ambitionne de relier Bratislava, en Slovaquie, à Vienne, en Autriche, en 8 minutes. Les deux villes sont habituellement distantes de 80 kilomètres par la route, pour un itinéraire qui dure un peu plus d'une heure en voiture. Un tronçon desservira également Budapest, et le trajet depuis Bratislava prendra environ 10 minutes - les deux villes sont séparées par une route de 200 km. Il sera donc possible, lorsque le projet aura abouti, de parcourir près de 300 km en l'espace de 20 minutes. D'autres trajets pour relier les côtes Est et Ouest de la Slovaquie sont également à l'étude : un tel parcours prendrait 25 minutes, contre 4 h 30 en voiture.

L'Europe est en pointe

« L'implantation d'Hyperloop en Europe permettra de réduire sensiblement les distances entre les villes d'une manière jamais vue. Un système de transport de ce type permettrait de redéfinir le concept de déplacement et de stimuler la coopération transfrontalière en Europe » expliquait en mars 2016 Vazil Hundak, le ministre de l'Économie de la République slovaque. « Le développement d'Hyperloop entraînera une augmentation de la demande pour la création de nouveaux centres d'innovation, en Slovaquie ainsi que dans toute l'Europe. »


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Le départ commercial d'Hyperloop n'est pas attendu avant plusieurs années - Crédit : HTT.


Alors que certains passent plusieurs heures par jour dans les transports en commun pour aller travailler à quelques dizaines de kilomètres de leur d'habitation, il est certain que la perspective de faire 300 km et passer par trois pays en 20 minutes a de quoi laisser songeur. Il va cependant falloir attendre de longues années avant de voir une telle ambition se concrétiser, puisque l'heure est actuellement aux prototypes et tests sur de courtes distances. Il y a néanmoins de quoi s'enthousiasmer à voir arriver un projet aussi ambitieux en Europe.


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