Observer la pollution quasiment en temps réel depuis l'espace ? C'est pour bientôt

10 mars 2020 à 14h40
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Terre

La NASA, la Corée du Sud et l'Agence spatiale européenne (ESA) ont annoncé un partenariat visant à développer une « constellation virtuelle » d'instruments spatiaux permettant de mieux étudier la qualité de l'air mondiale.

Les trois appareils sur lesquels s'appuie cette constellation suivront une orbite géostationnaire, ce qui leur permettra d'offrir une fréquence des relevés et un niveau de détails « sans précédent », précise la NASA.


Différents types de pollution

Le premier des trois instruments à faire partie de ce système est le GEMS (Geostationary Environment Monitoring Spectrometer) sud-coréen. Lancé le 18 février dernier, la NASA souhaite l'utiliser pour obtenir des données sur la qualité de l'air en Asie. L'agence poursuivra en 2022 en envoyant un appareil similaire à GEMS, mais devant cette fois surveiller la situation de l'Amérique du Nord. Baptisé TEMPO (Tropospheric Emissions: Monitoring of Pollution), il sera enfin suivi en 2023 par le satellite Sentinel-4 de l'ESA, qui se concentrera sur l'observation de l'Europe et de l'Afrique du Nord.

Ces trois appareils seront placés en orbite géostationnaire, ce qui signifie qu'ils seront toujours au-dessus du même point de la surface de la Terre. Alors que les anciens satellites ne pouvaient effectuer des relevés qu'une seule fois par jour, cette nouvelle constellation suivra en permanence la qualité de l'air dans une zone donnée du globe.

Ensemble, les appareils pourront effectuer des relevés concernant différents types de polluants. Dans son communiqué, la NASA explique qu' « une fois terminée, cette "constellation virtuelle" de la qualité de l'air mesurera les polluants - y compris l'ozone, le dioxyde d'azote, le formaldéhyde et les minuscules particules atmosphériques appelées aérosols - avec une précision et à une fréquence sans précédent ». Les données recueillies pourraient ainsi être mises à jour toutes les heures.


Temps (quasi) réel

Une plus grande fréquence pourrait permettre de mieux saisir des événements de pollution ponctuels, comme ceux relatifs aux heures de pointe ou le cas d'une centrale générant de l'énergie à pleine puissance pour répondre à un pic de demande. Les satellites concernés par le programme aideront également à suivre les déplacements d'une pollution, et à déterminer si celle-ci a été émise sur place ou si elle provient d'un autre pays.

Barry Lefer, le Directeur du programme Earth Science Division de la NASA, a affirmé : « Ce qui est passionnant, c'est d'obtenir ces sources de pollution et ces déplacements de pollution à différents moments de la journée. Nous serons en mesure d'obtenir des prévisions de qualité de l'air et de pollution de l'air plus précises car nous connaîtrons les sources, et comment ces sources évoluent au fil du temps ».

Pour la NASA, l'objectif à terme est d'anticiper les phénomènes et d'améliorer la prise de décision. L'agence a déclaré que « la pollution de l'air peut endommager le système respiratoire et cardiovasculaire humain ainsi que l'environnement. Les données en temps quasi réel de la constellation amélioreront considérablement la prévision de la qualité de l'air autour des zones les plus densément peuplées de l'hémisphère Nord. Ces données peuvent également aider à éclairer les décisions des décideurs politiques pour améliorer la qualité de l'air ».

Source : The Verge
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