La chambre des représentants américaine veut repousser les prochains pas sur la Lune à 2028

29 janvier 2020 à 15h02
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Comme un écho aux déclarations du président américain Donald Trump, qui considérait en septembre dernier que la NASA devait se concentrer sur Mars plus que sur la Lune, le Congrès a proposé de repousser la mission lunaire à 2028 et d'envisager une orbite martienne en 2033.

La proposition, qui a déjà provoqué une réaction de la NASA, donnerait bien moins d'importance à notre satellite, mais reste encore incertaine.

Spatio-politique

Résumons d'abord. En 2019, le gouvernement de Donald Trump a initié un programme qui permettrait à deux astronautes américains - dont une femme, la première à aller sur la Lune - de fouler le sol lunaire en 2024, puis de s'y établir pour envisager, bien après, des expéditions vers Mars. Baptisé Artemis, le programme prévoit une exploration plus exhaustive de notre satellite, la NASA ayant prévu l'installation d'une base lunaire en 2028.

Notre rédacteur, Eric Bottlaender, a résumé la situation politique de ce projet qui se présentait jusque-là sous de bons auspices : les projets lunaires se sont multipliés, la Gateway (la station qui doit être construite en orbite autour de la Lune à partir de 2022) était jusqu'ici en bonne voie de développement et le budget de la célèbre agence était cohérent avec ses objectifs malgré quelques manquements concernant l'estimation du coût global du programme.

La Chambre des représentants - l'un des deux organes du Congrès américain - vient pourtant de proposer un texte de loi qui menace ces ambitions. Ce dernier suggère que l'atterrissage sur la Lune n'ait lieu qu'en 2028, précisant : « L'objectif d'exploration spatiale habitée de notre nation devrait être d'envoyer des êtres humains à la surface de Mars ». Le texte ajoute que « la réduction des risques et la mise au point des opérations nécessaires à une mission humaine sur Mars peuvent nécessiter une exploration humaine du voisinage cislunaire et de la surface lunaire ». En d'autres termes, la Lune n'est bien envisagée qu'en tant qu'étape vers Mars.


La NASA veut viser la Lune

Si ce projet était adopté, la Gateway servirait essentiellement de base de lancement vers la planète rouge et l'atterrissage sur notre satellite tiendrait davantage du symbole, s'arrêtant plus ou moins à un « planté de drapeau ». Le texte prévoit la création d'un programme spécifique pour le passage des astronautes de la Lune à Mars. Celui-ci devrait être créé dans les deux mois suivant la validation du projet en texte de loi et mènerait à la création d'équipements adaptés à l'environnement martien.

Cependant, rien n'est sûr. La proposition est largement contestée, notamment par l'administrateur de la NASA, Jim Bridenstine, qui bataille pour maintenir le plan qu'il met en place depuis un an, orienté vers la Lune. Le texte de la Chambre des représentants lui demande de dresser une « liste des projets de recherches restants concernant la réduction des risques pour la santé humaine sur Mars ».

Dans son communiqué, Bridenstine répond : « Je crains que le projet de loi ne nous impose d'importantes contraintes concernant notre approche de l'exploration lunaire ». Il ajoute : « Le souci de ce projet de loi visant à limiter les activités sur la Lune pourrait être contre-productif. Si nous voulons explorer Mars d'une manière sûre et durable, nous aurons besoin d'une importante capacité d'utilisation des ressources in situ et d'un développement technologique important qui utilise la surface de la Lune ».

Il y a donc de fortes chances que le texte soit remanié. Et comme le résume prosaïquement Eric Bottlaender sur Twitter : « 2024, c'était chaud quoi qu'il arrive ».

Source : Space.com
Modifié le 29/01/2020 à 15h02
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