La France compte déployer des essaims de satellites patrouilleurs armés de lasers d'ici 2023

Matthieu Legouge
Spécialiste Hardware
31 juillet 2019 à 10h29
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Florence Parly - base aérienne 942 de Lyon-Mont Verdun
© Emma Le Rouzic

On en connait désormais un peu plus sur la stratégie spatiale de défense française ! Florence Parly, ministre des armées, a détaillé cette nouvelle stratégie de défense active le 25 juillet lors d'un discours à la base aérienne 942 de Lyon-Mont Verdun.

Au programme : une extension du budget militaire de 700 millions d'euros destinée à renouveler la flotte de satellites de défense français, ainsi que le développement d'armes spatiales actives et passives visant à protéger les équipements tricolores en orbite.

Nouveau commandement, nouvelle stratégie

L'annonce de la création d'un commandement militaire dédié à l'espace a fait couler beaucoup d'encre depuis le discours d'Emmanuel Macron à l'hôtel de Brienne le 13 juillet 2019. Le président de la République y a en effet annoncé qu'un « grand commandement de l'espace » allait prendre place au sein de l'Armée de l'air dès le 1er septembre 2019, celle-ci deviendra à terme l'Armée de l'air et de l'espace.

On en sait maintenant un peu plus sur les ambitions françaises en matière de défense spatiale. La ministre des armées Florence Parly a pris la parole il y a quelques jours pour nous dévoiler la feuille de route et la stratégie de ce commandement dont le centre opérationnel sera basé à Toulouse. Vous retrouverez son allocution à la base aérienne 942 de Lyon-Mont Verdun en fin d'article.

Évoquant l'espace comme « la dernière frontière à franchir, le dernier domaine à investir », la ministre a dévoilé plusieurs grands axes pour la mise en place d'une stratégie de défense spatiale renforcée.

Rappelant qu'aujourd'hui, l'accès à l'espace se démocratise et que de nombreux pays et entreprises privées, à l'instar de celles de la Silicon Valley, sont désormais dotés capacités satellitaires, Florence Parly a souligné les nombreux risques inhérents à cette densification spatiale : « l'espace ne doit pas devenir le nouveau Far-West ».


Les débris spatiaux représentent ainsi une menace contre laquelle il est nécessaire de se prémunir, mais, dans une plus forte propension, la menace numéro 1 reste celle de « l'arsenalisation » de l'espace ainsi que les capacités d'espionnage de satellites étrangers. La ministre a ainsi rappelé le cas du satellite russe Louch-Olymp, qui s'est dangereusement rapproché du satellite militaire franco-italien Athena Fidus en 2017 et qui depuis « a laissé sa carte de visite à huit nouveaux satellites appartenant à différents pays ».

Enfin, plusieurs pays émergents sont parvenus à développer des armes antisatellites, c'est par exemple le cas de l'Inde qui en a récemment fait la démonstration avec la mission Shakti, mettant par la même occasion en danger la Station spatiale internationale.

« Aujourd'hui nos alliés et nos adversaires militarisent l'espace [...] nous devons agir et se tenir prêt »



Ainsi, la ministre a annoncé que le commandement de l'espace accueillera 220 militaires dès le 1er septembre, une capacité qui devrait être largement renforcée d'ici 2025.

Des essaims de satellites armés et parés à faire feu

Force est de constater que la France s'apprête à investir militairement cette « dernière frontière » qu'est l'espace. La ministre a ainsi détaillé la doctrine de défense spatiale active de ce nouveau commandement. On apprend que la flotte de satellites militaires français devrait être renouvelée dans les années à venir avec de nouveaux moyens de détection en orbite basse et géostationnaire.

Le budget de l'Armée de l'air va ainsi se voir allouer une extension de 700 millions d'euros, à ajouter aux 3,6 milliards d'euros déjà attribués à l'espace par la loi de programmation militaire.

Ce budget permettra de financer de nouveaux moyens de défense, passifs et actifs. La France compte ainsi lancer des essaims de nanosatellites qui auront pour objectif de « patrouiller » et protéger les équipements tricolores en orbite : « Nous nous réservons le moment et les moyens de la riposte ; cela pourra impliquer l'emploi de lasers de puissance déployés depuis nos satellites ou depuis nos nano-satellites patrouilleurs » , assure Florence Parly. Ces satellites pourraient être lancés dès 2023.

Malgré tout, l'objectif de ces « canons à laser » ne sera pas de détruire des équipements spatiaux étrangers, mais simplement de les « éblouir », de sorte qu'ils soient incapables de réaliser leur mission d'espionnage, ou autre.

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