La recherche médicale déchiffre peu à peu les problèmes de vision chez les astronautes

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
10 janvier 2022 à 18h42
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Etude oculaire ISS © NASA
Terre en vue ! Enfin, ça marche mieux à travers un hublot. Ici, on étudie l'œil. © NASA

Pratiquement 70 % des astronautes reviennent de leur mission en orbite affectés par des problèmes de vision, et dans de rares cas, c'est irréversible. La recherche progresse, en ayant corrélé récemment cette condition avec le gonflement du sinus veineux dural, qui irrigue le cerveau. De quoi mieux l'identifier à l'avenir.

Comme souvent, cela bénéficiera aussi aux patients ici sur Terre … Sur le long terme.

Avec ou SANS ?

Pour les astronautes, les problèmes de vision récurrents sont connus et bien documentés. L'affection la plus fréquente s'appelle SANS (pour Syndrome Neuro-oculaire associé au vol spatial). Près de 70 % des astronautes souffrent à des degrés divers de ce phénomène de gonflement de l'arrière de l'œil, qui floute la vision, aplatit le globe oculaire, gonfle le disque optique et abîme parfois la rétine.

Pour certains, c'est transitoire, pour d'autres il faut s'emmener une paire de « lunettes d'anticipation » dans la valise pour l'orbite, et pour plusieurs cas, cela reste de façon permanente même après leur retour de mission, sur le plancher des vaches. Ennuyeux, surtout si les voyages spatiaux de longue durée sont appelés à se multiplier et à atteindre des sommets comme dans le cas de missions martiennes…

L'irrigation du cerveau, un point clé

Depuis plusieurs années, les astronautes utilisent régulièrement des dispositifs d'observation de leurs globes oculaires au sein de la Station Spatiale Internationale (pour une mission de 6 mois, ce sont au moins 3 séries de mesures) mais aussi au sol. Pour cette nouvelle étude, ce sont dix participants (huit hommes et deux femmes) qui ont en plus participé à un suivi à l'IRM pour observer leurs cavités oculaires et l'état de leur cerveau avant et après leur mission de six mois.

Test vision oculaire ISS Alexander Gerst © NASA
Voilà qui ressemble déjà plus à la machine que connaissent tous ceux qui ont rendu visite à un ophtalmologiste. © NASA

La Dr Donna Roberts (Université de Caroline du Sud) qui a mené l'étude a constaté une relation directe entre ceux qui développaient un syndrome SANS et l'augmentation du flux sanguin au sein du sinus veineux dural. Ce réseau sanguin relie directement le cœur au cerveau, qu'il traverse : il est donc normalement impératif qu'il reste inchangé… Mais les voyages spatiaux peuvent visiblement modifier sa forme et donc faire varier le flux qu'il emporte. La congestion et l'expansion des vaisseaux crâniens seraient donc une source directe du SANS (attention, c'est à confirmer sur le long terme).

Et pourquoi pas un IRM sur l'ISS ?

« Cela nous permet d'en apprendre plus sur le rôle que joue la gravité sur les fluides au sein du cerveau », affirme la Dr. Roberts, qui rappelle qu'il y a encore beaucoup à découvrir sur l'influence de la circulation des fluides cérébro-spinaux que ce soit en 0 g ou sur Terre. Même si bien sûr, le syndrome SANS est centré sur les astronautes ! La phase suivante sera plutôt centrée sur les femmes, peu représentées dans l'étude actuelle, tandis que le laboratoire milite pour envoyer une petite machine IRM directement au sein de la station spatiale, pour mieux comprendre la temporalité de l'apparition du SANS. Il y a encore de quoi faire…

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louchi
Et si les lois de la physique, qui règnent dans notre univers et autour de nous, étaient faites de sorte que l’homme ne puisse voyager dans l’espace ? vous avez 4h, à vous.
schmurtzm
J’ai la conclusion en moins de 16 secondes : ce serait avoir une pensée autocentré sur l’humain que d’imaginer que les lois de l’univers ont été définies pour l’homme.
louchi
C’est une idée, un départ, maintenant, faut pas s’arrêter à ce point de vue, tu fermes tout, là…
fg03
C’est surtout que l’évolution des espèces prend son temps et que si on veut créer l’homo spatius il faudra attendre plusieurs dizaines de générations avant que le corps soumis à un nouvel environnement voit des mutations opérées pour s’adapter à ce nouveau milieu.
ManuMike
Ils se décideront à éditer les gènes bien avant une quelconque evolution naturelle, si toutefois il reste assez de ressources dans 50-100 ans pour envoyer des gens sur Mars
Gweegoo
Ou alors un autre type de station spatiale plus grosse:<br /> fr.m.wikipedia.org<br /> Gravité artificielle<br /> Pages pour les éditeurs déconnectés en savoir plus<br /> Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2017).<br /> Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section «&nbsp;Notes et références&nbsp;» <br /> En pratique&nbsp;: Quelles sources sont attendues&nbsp;? Comment ajouter mes sources&nbsp;?<br />
benben99
sacrifier sa vision est le prix a payer pour la science.
pinkfloyd
Théorie de l’évolution, point de «&nbsp;mutation&nbsp;» pour l’adaptation, mais plutot les cas particuliers donc les plus fort, qui résiste et transmette donc leur adn aux fils des générations… Comme la science et la médecin viens boulverser cela, ce n’est pas gagné…
Voigt-Kampf
L’ironie d’être satellisé mais d’avoir les yeux qui sortent des orbites…
serged
Normal qu’en orbite, ils aient des problèmes de vue !<br /> OK; je sors…
iksarfighter
L’être humain n’est pas fait pour travailler non plus…
Gweegoo
« Les plus forts qui résistent et transmettent leur adn »<br /> Je viens de comprendre le deal: tu vas dans l’espace et risques de perdre la vue mais en revenant tu peux tout niquer pour transmettre ton adn!<br /> Voilà donc pourquoi il y a des astronautes qui partent! Lol<br /> Le seul pb est que tu ne voies plus très bien à quoi ressemble ta/ton partenaire. Et c’est la que l’humanité pris un virage sans retour…
Space_Boy
La gravité artificielle et le tour est réglé non? Notre corps a besoin de la gravité. Des idées existent pour créer un peu de gravité à bord des starships…
pecore
Pas faux mais l’évolution survient lorsque l’espèce est soumise à une contrainte constante et non épisodique, comme le sont les séjours dans l’espace. Il faudrait des génération ET que les humains vivent en permanence dans une station spatiale pour que cela arrive.
olivierEric
A force d’être en orbite, ils finissent par les perdrent .<br /> Plus sérieusement, l’être humain n’est tout simplement pas conçu pour vivre dans l’espace. A moins de répliquer toutes les conditions de vie que l’on a sur terre, dans un vaisseau, cela reste dans le cadre d’une expérience.
BossRreynolds
il a fallu des millions d’année pour etre ce que nous somme aujourd’hui sur terre, peut etre en faudra t-il autant pour etre ce que nous serrons dans l’espace lointain.
ABC
L’homme est une création de l’univers, comme tous les êtres vivants. Donc une grande partie des questions que nous nous posons sur l’univers trouvent leurs réponses en nous. Tous simplement.<br /> Encore faut-il être capable d’entendre et d’écouter.
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