La start-up chinoise Galactic Energy envoie en orbite sa fusée Ceres-1

12 novembre 2020 à 18h15
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Ceres-1 © Galactic Energy

Le 7 novembre dernier, le « New Space chinois » a fait à nouveau parler de lui. Avec le lancement réussi d’une fusée Ceres-1, la start-up chinoise Galactic Energy devient en effet le deuxième acteur privé du pays à atteindre l’orbite basse . Pour la jeune entreprise, il s’agit d’un premier pas vers des projets bien plus ambitieux.

Mais la concurrence chinoise et internationale reste rude pour Galactic Energy.

Le lanceur léger Ceres-1

En 2014, le gouvernement chinois a ouvert le marché spatial du pays à des initiatives privées. Contrairement à ce qui peut se faire ailleurs, notamment en Europe, le New Space chinois reste cependant soumis à un contrôle étatique certain. En contrepartie, les entreprises bénéficient de l’aide des agences et universités d’Etat, ainsi que des avancées technologiques réalisées ces dernières décennies par les entreprises publiques du pays.

Ainsi, le nouveau lanceur léger Ceres-1 est directement dérivé du missile balistique DF-21 opéré par l’Armée Populaire chinoise. Ce missile avait déjà servi de base au lanceur Kuaizhou-1A de l’entreprise d’Etat CASIC, ainsi qu’au lanceur Hyperbola-1. Conçu par la start-up iSpace, Hyperbola-1 est devenu en juillet 2019 la première fusée privée chinoise à atteindre l’orbite terrestre.

Disposant de moteurs optimisés, Ceres-1 offre des performances améliorées par rapport à son concurrent de iSpace. Doté de trois étages à poudre et d’un quatrième étage à ergols liquides, Ceres-1 est un micro lanceur d’environ 30 tonnes au décollage. Il est capable de déployer 350 kg en orbite basse et 230 kg en orbite héliosynchrone.

Le 7 novembre, le lanceur a mis en orbite le satellite Tianqi-11. Assez modeste avec sa masse d’une cinquantaine de kilos, ce dernier est destiné à alimenter une constellation dédiée à l’Internet des objets.

Les ambitieux projets du secteur spatial chinois

Aux côtés des initiatives nationales, comme le Kuaizhou et surtout la famille Longue Marche, le New Space chinois se développe aujourd’hui autour d’une dizaine d’entreprises privées. Outre iSpace et Galactic Energy, on peut également citer LandSpace, OneSpace ou encore LinkSpace.

Dans un premier temps, c’est le marché des lanceurs légers qui est visé par ces entreprises. Mais ce secteur est très concurrentiel, tant à l’échelle internationale que nationale, avec les micro-lanceurs publics Longue Marche 11 et Jielong-1. Si Ceres-1 et Hyperbola-1 ont été des succès, les premiers vols des fusées OS-M1 et OneSpace et Zhuque-1 de LandSpace ont été des échecs retentissants.

Qu’ils soient des succès ou des échecs, tous ces lanceurs légers ne semblent être qu’une étape vers des projets plus ambitieux. En juin 2021, LandSpace devrait ainsi faire décoller sa Zhuque-2 de 216 tonnes au décollage.

Quant à Galactic Energy et iSpace, qui tiennent la dragée haute du spatial privé chinois, elles développent toutes deux des lanceurs plus lourds et, surtout, réutilisables. En 2022, Pallas-1 devrait succéder à Ceres-1. Avec près de 300 tonnes au décollage, cette fusée à propulsion liquide pourra mettre 4 tonnes de charge en orbite basse, tandis que son premier étage pourra revenir se poser au sol à la manière d’une Falcon 9 de SpaceX. Affaire à suivre donc.

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Blues_Blanche
En gros c’est du privé développé par l’état, à des prix Chinois (enfin pour l’instant, tant qu’ils n’ont pas une position dominante).
ebottlaender
Avec Kuaizhou 1A et Kuaizhou-11 qui se sont toutes les deux plantées cette année, il y a encore de la place pour les privés face au secteur étatique. Et s’ils ne sont pas tout à fait indépendants pour les premiers pas avec des aides évidentes de la part du secteur public militaire, ils essaient tous de s’en émanciper… Mais surtout, c’est le fait qu’ils sont financés par des particuliers et des banques privées chinoises qui change la donne.<br /> Ceres-1 est l’un des seuls lanceurs de «&nbsp;première génération&nbsp;» du NewSpace chinois à viser un second décollage l’an prochain.
julicraps
Pratique au besoin on remplace les satellites et on y met une charge et c’est un chouette missile. Un beau partenariat public/privé.<br />
ebottlaender
La Chine n’a pas attendu d’avoir des Startups spatiales pour savoir faire des missiles balistiques <br /> Par ailleurs c’est parfois un peu contre-intuitif mais il est parfois plus facile d’envoyer des trucs en orbite que de les faire retomber à un endroit précis…
Element_n90
Nous aussi en Europe on a des états qui ont des missiles balistiques (Fr &amp; UK) [oui, bon, ça fait que 2] pourquoi on n’arrive pas à sortir des mini-lanceurs à poudre dérivés de ces missiles ? Si tout le monde essai de mettre au point ce genre de lanceurs, c’est qu’ils doivent avoir un intéret, donc pour nous aussi ils peuvent être intéressant.
Cmoi
Pas de start-up européennes tentées par les fusées?
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