Fausses informations : Singapour fait juridiquement rectifier un message posté sur Facebook

02 décembre 2019 à 17h38
0
Singapour.jpg
Singapour (© Alexandre Boero pour Clubic)

Pour la première fois, le géant des réseaux sociaux a dû se conformer à une législation nationale visant à lutter contre la diffusion de fausses informations.

Le gouvernement de Singapour a décidé de faire appliquer sa récente loi controversée pour lutter contre les fausses informations et c'est Facebook qui en a fait les frais. Sur le réseau social apparaissait une publication qui relayait un article publié sur un site antigouvernemental, le States Times Review, contenant des « accusations diffamatoires », concernant d'éventuelles manipulations des élections.

Facebook contraint d'apposer une mention rectificative

La nouvelle loi singapourienne donne le pouvoir à ses ministres de demander aux plateformes web et aux réseaux sociaux d'accompagner d'un avertissement tout message qui serait jugé faux ou dangereux.


Mécontent de la publication sur Facebook de l'article du States Times Review, le gouvernement a forcé le réseau social à apposer un message rectificatif sur le post publié par l'utilisateur, poussant le géant américain à se conformer pour la toute première fois à une telle loi nationale.

Le 30 novembre, Facebook a ainsi fait apparaître la mention suivante sur le contenu : « Facebook est dans l'obligation légale de vous informer que le gouvernement de Singapour assure que ce message contient de fausses informations ». L'article affirmait que les élections générales prévues en 2020 seraient truquées dans le but de maintenir au pouvoir le parti en place.


Des peines sévères encourues à Singapour

Du côté de Facebook, on affirme donc ne pas avoir eu d'autre choix que de procéder à la rectification, comme le confirme un porte-parole : « Étant donné que la loi n'est entrée en vigueur que récemment, nous espérons que les assurances du gouvernement de Singapour selon lesquelles elle n'aura pas d'impact sur la liberté d'expression conduiront à une approche mesurée et transparente pour sa mise en œuvre ».


Sur place, des militants craignent que la loi puisse être utilisée par le gouvernement pour faire une entorse à la liberté d'expression. Lundi dernier, un membre de l'opposition, Brad Boweyer, fut contraint de modifier un message publié sur Facebook qui concernait deux fonds d'investissement étatiques. L'homme, un citoyen singapourien originaire de Grande-Bretagne, n'avait pas tardé à appliquer l'ordre.

À Singapour, cité réputée pour la sévérité de ses peines, toute personne publiant un contenu jugé « malveillant et préjudiciable aux intérêts » de la ville jardin sur les réseaux sociaux, est susceptible d'être condamnée à une amende de 660 000 euros ainsi qu'à dix ans de prison.

Source : Bloomberg
Modifié le 02/12/2019 à 18h23
4
5
Partager l'article :
Voir tous les messages sur le forum

Les actualités récentes les plus commentées

Une association pointe du doigt Amazon, qui livre toujours des produits hors hygiène et alimentaire
Clubic, fête ses deux ans d'indépendance, plein d'optimisme
La nouvelle attestation de déplacement sur smartphone sera disponible le 6 avril
Office 365 devient Microsoft 365 et fait le plein de nouveautés
Apple rachète une application météo... et la ferme sur Android
Coronavirus : comment l'Iran et l'Espagne gèrent la crise d'un point de vue technologique
Renault prête 1 300 véhicules au personnel soignant, dont 300 ZOE électriques
L'administration Trump tire un trait sur les normes environnementales au motif du Covid-19
Blue Origin pousse ses employés à développer une fusée touristique malgré le coronavirus
Le coronavirus ne booste pas le e-commerce, bien au contraire, selon la FEVAD
scroll top