Facebook encouragerait ses modérateurs à tolérer groupes et messages haineux

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le 20 juillet 2018
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facebook à la loupe

Réalisée par la chaîne britannique Channel 4, une enquête sous couverture tend à démontrer que la modération sur Facebook est à géométrie variable... au profit de certains groupes et de certains messages haineux.

La modération et les réseaux sociaux... Une relation étroite et difficile que tous tentent de canaliser pour rassurer les internautes. Il y a quelques mois, les règles de modération de Facebook fuiraient dans la presse, laissant enfin entrevoir des normes que la plateforme préférerait cacher jusqu'ici. Néanmoins, il semblerait que la plateforme ait plutôt tendance à réguler ses contenus comme elle l'entend, laissant même passer bon nombre de contenus haineux entre les mailles des filets. Pour obtenir ces informations, un journaliste de la chaîne Channel 4 s'est fait embaucher par Cpl Resources, une entreprise irlandaise que Facebook charge de la modération de sa plateforme.

De la souplesse envers certaines pages et certains groupes d'extrême droite


Diffusé le mardi 17 juillet, Facebook : Secrets of the social network démontre que certains contenus haineux, tels que des pages et des messages, profitent d'un laissez-passer qui leur permet de ne pas être supprimés lors de la modération. Malgré le fait que certaines pages et certains groupes soient identifiés comme appartenant à l'extrême droite, le journaliste a remarqué que ceux-ci restaient ainsi en ligne. Seul le réseau social lui-même peut supprimer ces contenus tandis que le système ne permet pas aux modérateurs d'agir. Certaines entités ont déjà droit à un tel traitement, mais il s'agit d'ordinaire de gouvernements. Si certaines pages d'extrême droite bénéficient de ce passe-droit, il est difficile de ne pas faire le lien avec leur nombre d'abonnés, souvent important, et les profits conséquents qui en découlent.

De la même façon, le documentaire évoque la manière dont Facebook laisse des mineurs de moins de 13 ans utiliser son réseau social. Bien qu'ils aient interdiction d'utiliser la plateforme en Europe et aux États-Unis, l'entreprise ne fermerait pas le compte de ces mineurs même si elle remarque qu'ils n'ont pas l'âge légal.

Suite à ces découvertes, Facebook a publié un billet dans lequel il indique : « Il a été suggéré qu'il est dans notre intérêt commercial de fermer les yeux sur les mauvais contenus. Ce n'est pas vrai. Créer un environnement sûr où les gens du monde entier peuvent partager et se connecter est essentiel au succès à long terme de Facebook [...] Si nos services ne sont pas sûrs, les gens ne partageront pas et, avec le temps, cesseront de les utiliser. Les annonceurs ne veulent pas non plus que leurs marques soient associées à des contenus dérangeants ou problématiques ».


Modifié le 19/07/2018 à 17h00
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