Des chercheurs suspectent une série Netflix d'avoir lancé une contagion de suicides

06 mai 2019 à 09h02
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Netflix

Une inquiétante corrélation entre le lancement de la série 13 Reasons Why et le taux de suicide chez les adolescents laisse entendre que le show pourrait avoir lancé une vague de suicides.

Une étude parue dans le Journal of the American Academy of Child & Adolescent Pychiatry (JAACAP) lance un pavé dans la mare qui ne manque pas d'embarrasser Netflix. Selon les chercheurs, une hausse significative du taux de suicide chez les mineurs américains concorderait avec le lancement de la série 13 Reasons Why, diffusée depuis le 31 mars 2017 sur la plateforme de streaming. Si l'étude inquiète, les données qui en ressortent intriguent sans forcément incriminer la série elle-même.

Une hausse de 28 % des suicides

Alors qu'Hannah Baker relatait, à travers treize cassettes, le bien cruel traitement que les hommes lui ont fait subir, médias, parents et chercheurs s'inquiétaient de la force psychologique de la série et de son influence sur les jeunes. Victor Schwartz, chercheur-psychiatre à la Jed Foundation, expliquait que pour des personnes fragiles enclines à la dépression et aux pensées suicidaires, la série pouvait avoir un « rôle déclencheur » pour leur propre passage à l'acte.

Les chiffres intriguent : le mois d'avril 2017 représente le plus fort taux de suicide chez les jeunes de 10 à 17 ans avec une augmentation de près de 29 %, soit 195 suicides supplémentaires entre le 1er avril et le 31 décembre 2017.

De la série aux suicides : un lien controversé, mais qui reste à étudier

S'agissant d'un personnage féminin mettant fin à ses jours, l'équipe de recherche s'attendait à ce que les filles soient le plus touchées par cette vague de suicides plutôt que les garçons. C'est tout l'inverse. Partant de ce constant, le lien entre la série et la contagion de suicide « n'a aucun sens » pour Daniel Romer de l'Université de Pennsylvanie. Mais pour John Draper, à la tête de la National Suicide Prevention Lifeline de New-York, les données montrent que les filles sont davantage sujettes aux tentatives de suicide qu'aux suicides eux-mêmes. S'intéresser uniquement aux suicides ne suffit donc pas. Toujours est-il que, comme l'a montré l'effet Werther, la médiatisation du suicide a tout de même un réel impact sur le taux de tentatives et de suicides actés.

Mais pour prouver que 13 Reasons Why est bel et bien à l'origine du boom de suicides d'avril 2017, il serait pertinent de connaître la proportion de spectateurs du show parmi les victimes. Bien que Netflix ait indiqué avoir pris en compte cette étude, une telle enquête sur ses spectateurs ne pourraient qu'embarrasser la plateforme dans une affaire juridique et éthique bien dangereuse pour elle.

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