Netflix, Amazon et Disney devront verser annuellement "20 à 25 % de leur chiffre d'affaires" pour participer à la création cinématographique

Alexandre Boero
Par Alexandre Boero, Journaliste-reporter, responsable de l'actu.
Publié le 17 décembre 2020 à 16h59
© Flickr/MEDEF
© Flickr/MEDEF

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot a annoncé, jeudi matin sur France Inter, avoir trouvé un accord avec les principales plateformes, à hauteur de dizaines de millions d'euros annuels.

Cette fois, il n'y a plus de place au doute : les plateformes de streaming vidéo vont bien devoir passer à la caisse et contribuer à la création cinématographique française. Après une dizaine de jours de négociations avec les diffuseurs français, le monde du cinéma et les services en ligne, le gouvernement a officialisé un accord par l'intermédiaire de Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture, qui a évoqué notamment le versement par Netflix d'une somme comprise entre 150 et 200 millions d'euros chaque année, à destination de la création audiovisuelle hexagonale. Jusqu'à aujourd'hui, les plateformes de contenus ne contribuaient pas au secteur, plus que jamais menacé par la crise.

Netflix va « subventionner » le cinéma français

Les réponses apportées par Roselyne Bachelot ce jeudi 17 décembre au micro de France Inter vont pouvoir apaiser les tensions entre le monde du cinéma français et les principaux services de streaming. La ministre a annoncé la mise en place d'un décret dit « SMAD », pour Services de médias audiovisuels à la demande, qui va aboutir à l'obligation, pour les plateformes de contenus, de financer la création cinématographique et audiovisuelle française. Mais comment celle-ci va-t-elle être quantifiée ?

Netflix, Amazon et Disney, porteuses des principaux services de streaming étrangers, devront, selon la ministre, participer à hauteur de 20 à 25% de leur chiffre d'affaires, selon leur entrée dans la chronologie des médias. Ce point-ci fait référence à l'ordre de passage d'un film de sa sortie au cinéma, jusqu'à son passage sur le petit écran. Ce délai est de 22 mois pour une diffusion à la télévision, et passe à 36 mois pour les plateformes.

Pour les services de streaming, la contrepartie de leur participation pourrait justement être de faire tomber ce délai de 36 mois. « C'est en négociation », explique madame Bachelot, qui ne donne pas de chiffre définitif sur la diminution du délai, même si celui-ci pourrait être de 15 mois. Un avantage significatif pour les géants du streaming, donc.

Un accord gagnant-gagnant

La contribution d'un Netflix évoquée pourrait être comprise entre 150 et 200 millions par an. Directement dans la poche de l'industrie audiovisuelle et cinématographique française, qui pointe du doigt les plateformes de contenus depuis leur explosion il y a quelques années déjà.

Il s'agit donc clairement d'un accord gagnant-gagnant, puisque la création française pourrait sortir la tête de l'eau, et les plateformes de streaming être encore plus attractives aux yeux de leurs abonnés, avec des films disponibles avant même les chaînes de télévision françaises historiques.

Jusqu'à aujourd'hui, si des acteurs comme Netflix produisent certains contenus en France, et donnent même du travail à des intermittents, ils ne donnaient pas un centime encore à la création audiovisuelle et cinématographique française. Une carence que l'État souhaitait absolument combler. Il est en passe d'y arriver.

Source : France Inter

Alexandre Boero
Par Alexandre Boero
Journaliste-reporter, responsable de l'actu

Journaliste, responsable de l'actualité de Clubic. En soutien direct du rédacteur en chef, je suis aussi le reporter et le vidéaste de la bande. Journaliste de formation, j'ai fait mes gammes à l'EJCAM, école reconnue par la profession, où j'ai bouclé mon Master avec une mention « Bien » et un mémoire sur les médias en poche.

Vous êtes un utilisateur de Google Actualités ou de WhatsApp ?
Suivez-nous pour ne rien rater de l'actu tech !
Commentaires (0)
Rejoignez la communauté Clubic
Rejoignez la communauté des passionnés de nouvelles technologies. Venez partager votre passion et débattre de l’actualité avec nos membres qui s’entraident et partagent leur expertise quotidiennement.
Commentaires (10)
cyberbobjr

donc attendons-nous à une augmentation des tarifs de 30%

wannted

On est pas capable de financer nous même notre cinéma ?

Doss

Bof, pour le fan de production francaise ya Salto :wink:
Si à cause de cette « taxe » le prix de l’abo augment c’est plutôt gagnant /gagnant / perdant.

John_Lowley

Si ça c’est pas du racket!

Creepy78

Wahouuu enfin !!! Josephine ange gardien repart pour 17 saisons, camping paradis 23 et plus belle la vie 8 ans …
Que du bonheur … OK je sors …

nicgrover

Après les vaccins Grippe A c’est la création franchouillarde qui va rapporter… On touche beaucoup… euh à tout dans les hautes sphères gouvernementales…

fab4

qualité médiocre de cinéphilie plutot… et pour rappel pas mal de majors américaines sont déténues par des non américains… mais c’est toujours tellement génial tout ce qui se fait aux USA comme film c’est sûr…

princedelu

La plus grande partie du cinéma français est déjà financé par nos impots (qui vont en grande partie, allez directement dans la poches des acteurs bankables (ex: dujardin))

dom_dilan

Super on va pouvoir avoir un film de Dany boon sur le corona virus avec Rolesyn en guest stars subventionner indirectement par nos impôts.

Bref un accord crée par les élites politiques pour les élites culturelles (acteurs, producteurs). Et au final qui va payé la facture ?

ultrabill

Le cinéma est majoritairement financé par les producteurs, distributeurs et diffuseurs. Les producteurs c’est leur métier, et les 2 autres sont contraints.

Rassure-toi, Dujardin ne prends que quelques millièmes de centimes de ta poche (quand tu vas au ciné ou via tes abonnements Netflix / C+ / Amazon), ses cachets sont surtout signés par Gaumont, Pathé, TF1 ou M6 :wink: