ULA et SpaceX sélectionnés pour transporter les satellites de la défense américaine

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
10 août 2020 à 13h00
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Le lanceur Vulcan d'United Launch Alliance (vue d'artiste). Crédits ULA

La Space Force a finalement choisi de poursuivre le partenariat avec ULA (60 %) et SpaceX (40 %) pour envoyer les satellites de la défense américaine en orbite. Un contrat cadre à plus d'un milliard de dollars par an, que convoitaient quatre entreprises.

Les autres entreprises Northrop Grumman et Blue Origin ont été mises sur la touche.

De grands enjeux pour la défense américaine

Pour éviter une compétition permanente et des appels d'offres à étudier en profondeur pour chaque lancement de satellite de la défense américaine (US Space Force, NRO – National Reconnaissance Office, MDA – Missile Defense Agency et les autres branches militaires), les États-Unis utilisent un contrat cadre avec deux opérateurs, à qui ils demandent des conditions particulières. Contrat cadre qui n'est renouvelé que tous les 5 à 7 ans et qui fait l'objet de grandes convoitises pour les opérateurs de fusées, puisque cela assure à chacun des sélectionnés plusieurs centaines de millions de dollars par an. C'est le « NSSL » (National Security Space launch), et ce vendredi 7 août, qu'est lancé le contrat NSSL Phase 2, qui couvre la période 2022-2027, avec des décollages jusqu'en 2028 au moins, a été attribué à United Launch Alliance (ULA) et SpaceX.

Une sélection serrée entre les candidats

Quatre entreprises étaient en concurrence pour remporter ce contrat cadre, qui était annoncé depuis des années. En 2018, l'US Air Force avait même investi pratiquement 2,5 milliards de dollars, juste pour que les différents opérateurs puissent développer leurs fusées à temps. Car pour cette nouvelle version du NSSL, le Pentagone voulait des fusées américaines fabriquées aux États-Unis : plus question d'utiliser un moteur russe comme le fait ULA avec son lanceur Atlas. Northrop Grumman proposait donc sa nouvelle fusée OmegA, ULA son lanceur Vulcan, Blue Origin sa très impressionnante New Glenn. SpaceX faisait pour une fois figure d'opérateur traditionnel puisque l'entreprise était la seule des quatre à proposer des lanceurs déjà éprouvés et fiables, Falcon 9 et Falcon Heavy (avec toutefois une évolution de Falcon Heavy spécifique, incluant des modifications de coiffe et du pas de tir).

Avec une coiffe allongée et un pas de tir mis à jour, Falcon Heavy vaudra encore plus le détour ! Crédits SpaceX

Le malheur des uns fait le bonheur des autres

Le constructeur le plus touché sera sans doute Northrop Grumman, au point que cette décision pourrait remettre en cause le lanceur OmegA, projet mis en place quasi-spécifiquement pour le NSSL. L'autre perdant est Blue Origin, mais cette défaite est à pondérer. Déjà parce que l'entreprise est dirigée par l'homme le plus riche du monde, qui à plusieurs reprises a déjà affirmé qu'il financerait Blue Origin jusqu'à ce qu'elle soit autosuffisante. Ensuite et surtout parce que Blue Origin produit le moteur BE-4, qui équipe la fusée Vulcan d'ULA qui a été sélectionnée. À raison de deux exemplaires par vol, Blue Origin limite la casse…

SpaceX et ULA ont cependant de bonnes raisons de se réjouir. Dans la foulée de l'annonce, la Space Force a passé sa première commande pour des décollages fin 2022 à ULA (337 millions USD) et SpaceX (316 millions). Des montants élevés qui permettent à la Space Force de dicter ses conditions, de réserver des « créneaux » dans l'agenda des constructeurs et de disposer de modifications sur-mesure des lanceurs. Un bon filon…

Source : Spaceflight now

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