NEO·Classics | Quand Street Fighter '89 est devenu... Final Fight !

16 février 2020 à 10h10
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NEO·Classics Final Fight

Il y a quelques jours, nous revenions, dans ce même rendez-vous, sur le cas de Streets of Rage sur SEGA Mega Drive. Ce beat'em all incontournable de notre enfance (ou adolescence c'est selon) attisait à l'époque la jalousie de bon nombre de joueurs Super Nintendo. C'était sans compter sur Final Fight, jeu vidéo proposé par un certain Capcom, dont on n'a pas fini de parler.

Aux antipodes de la bataille des téraflops, de la 4K et des 60 fps, NEO•Classics vous propose un retour vers les origines du jeu vidéo. Du titre 2D en gros pixels au moins lointain jeu à la 3D hésitante, cette chronique vous invite à (re)découvrir les pépites vidéoludiques qui ont ouvert le monde au 10ème art...

Final Fight... ou Street Fighter'89... ?

À la toute fin des années 1980, l'éditeur Capcom s'impose comme l'un des ténors du genre arcade, avec des titres comme Street Fighter, 1942, Bionic Commando, mais aussi un certain Final Fight, lancé dans les salles japonaises en 1989. Un beat'em all mis au point sur le système maison CPS, dont la conception fut laissée à Yoshiki Okamoto. Sa mission, confiée par Capcom USA : proposer un tout nouveau titre de la licence Street Fighter.

Final Fight Nintendo

En effet, à l'origine, le jeune programmeur de 28 ans doit mettre au point la suite de Street Fighter, un jeu de combat populaire aux États-Unis, mais qui n'a pas connu le succès escompté au Japon. La faute à un mode « deux joueurs » qui n'était alors pas populaire du tout au Japon, les joueurs nippons préférant jouer seul, plutôt qu'affronter un illustre inconnu.

Final Fight

D'où l'idée de transformer un jeu de VS Fighting en un jeu de combat type beat'em all, dans lequel les joueurs vont pouvoir coopérer, plutôt que s'affronter. Final Fight était né !

Enfin, pas tout à fait, car dans un premier temps, lors du Jamma Show de 1988, le nouveau jeu de Capcom est présenté aux visiteurs, à la demande même de Capcom, sous l'appellation... Street Fighter'89.

Street Fighter 89
Peu avant son lancement, Final Fight fut présenté au public sous l'appellation "Street Fighter '89

«Dans Final Fight, on croise à plusieurs reprises la route d'un certain Andore. Un personnage qui semble très familier, et pour cause, ce dernier est inspiré directement par André René Roussimof, un catcheur des années 70, mondialement connu sous le nom de « André the Giant ».»

À l'époque, le jeu fait sensation, avec des graphismes de haute volée, des animations très travaillées, mais aussi un gameplay très accrocheur, pourtant basé sur seulement deux boutons. L'autre grande force du jeu, c'est évidemment son mode coopération, et la possibilité d'opter entre trois combattants très charismatiques à savoir Cody, Guy et le géant Haggar.

Final Fight

Ce sont finalement les visiteurs du salon qui, déroutés par l'absence de rapport entre ce beat'em all novateur et la licence Street Fighter, donneront raison à Yoshiki Okamoto pour baptiser le jeu Final Fight, et non pas Street Fighter'89. D'ailleurs, selon certaines rumeurs, Street Fighter 2 (tel que nous le connaissons) n'aurait peut-être jamais vu le jour sans ce Final Fight...

Final Fight Arcade
Les premières secondes du jeu, en version arcade

L'adaptation Super Nintendo, entre émerveillement et frustration ?

Énorme succès dans les salles d'arcade nippones (au point d'éclipser totalement un certain Double Dragon 2), Final Fight va profiter de la sortie de la Super Famicom au Japon pour venir s'installer directement dans les foyers des joueurs.

Final Fight

D'autant plus qu'en 1990, le jeu est classé deuxième dans le Top 25 des jeux d'arcade préférés des Japonais, juste derrière... Tetris. Ainsi, dans la foulée de la commercialisation de la console, les joueurs peuvent s'offrir l'adaptation du jeu CPS sur une simple cartouche Super Famicom. La promesse de l'arcade à la maison en quelque sorte !

Final Fight

Alors oui et non... Car si Final Fight version Super Famicom parvient en effet à transposer assez efficacement une bonne partie de l'intensité de la version arcade, force est d'admettre que l'adaptation s'avère également décevante sur de nombreux points...

En effet, si la version arcade permet de nettoyer les bas-fonds de Metro City avec un acolyte, cette version Super Famicom est transformée en... un jeu 100% solo ! Argh !

Final Fight Start Screen
L'écran de démarrage de Final Fight sur Super Nintendo

Nouveau « Argh » à l'écran de sélection des personnages, puisque seuls Cody et Haggar sont disponibles, Guy ayant été laissé sur le banc de touche... tout comme le quatrième niveau du jeu en version arcade, absent de cette déclinaison 16 bits. Techniquement, le jeu est (logiquement) moins impressionnant qu'en arcade, avec notamment moins d'ennemis affichés simultanément à l'écran et quelques séquences retravaillées (notamment le tout début du jeu).

Un peu plus tard, Capcom lancera une version revisitée, Final Fight Guy. Une mouture 1.5 en quelque sorte, optimisée sur différents points (mais toujours pas de mode coopération), permettant d'incarner Guy donc... au détriment cette fois de Cody.



Mais peu importe les restrictions techniques imposées par la Super Famicom, les joueurs sont particulièrement heureux de pouvoir profiter de ce Final Fight à la maison, sans avoir à insérer des dizaines de pièces dans une borne d'arcade pour voir le fin mot de l'histoire. Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse finalement...

Final Fight Nintendo
Sur Super Nintendo, Final Fight est devenu un jeu solo... laissant également au placard le personnage de Guy !

À noter que si les joueurs à l'oreille avertie ont pu apprécier l'excellente section audio de ce Final Fight, seuls ceux dont les tympans sont très affûtés auront également reconnu un certain Yoshihiro Sakaguchi à la composition, qui fut également sound programmer sur Duck Tales ou encore un certain Mega Man 2. Hé oui !

« Comme d'autres jeux de l'époque, Final Fight fait énormément référence à la scène heavy métal. On y retrouve notamment le personnage Abigail, en référence à King Diamond, sans oublier les personnages Poison et Sodom (renommés Thrasher et Katana en dehors du Japon), en référence aux groupes du même nom. À cela s'ajoute également la présence de deux boss, à savoir Axl et Slash, dont le nom et le look ne laissent aucun doute quant à l'inspiration Guns'n Roses. »


De la censure (aussi) pour Final Fight

À l'instar d'un Streets of Rage 3, Final Fight, dans sa version Super Nintendo a également été frappé par une forme de censure. Le sang de la version japonaise, lors de l'utilisation de couteaux par exemple, a été supprimé sur la version occidentale. La fille de Haggar apparaît également en sous-vêtements dans l'introduction de la version japonaise (arcade) du jeu, contrairement aux versions consoles.

Final Fight Arcade

Dans un même ordre d'idée, on note également l'absence sur la version occidentale des tags « Sexy » sur les portes de toilettes d'un niveau du jeu, pourtant bien présents sur la version nippone. Les plus observateurs remarqueront également les statues du dernier niveau, dont la poitrine est soigneusement recouverte dans la version occidentale, contrairement à la version japonaise.

Final Fight

«Pour jouer à la version intégralement non censurée de Final Fight, il faut se rabattre sur la version arcade japonaise ou la version Mega CD japonaise. Ce sont également les seules qui permettent de profiter pleinement des graphismes (enfin surtout la version arcade), de la bande-son, mais aussi du mode deux joueurs et des trois personnages. Moins accessible qu'une cartouche Super Nintendo donc... mais tellement plus intense !»

Du Final Fight en pagaille sur SNES... et même un opus NES ?

Un peu à l'instar d'un Streets of Rage, qui n'aura connu ses heures de gloire que sur MegaDrive, la licence Final Fight est elle aussi assez indissociable de la Super Nintendo. Ainsi outre l'opus fondateur (transfuge de l'arcade), la console 16 bits de Nintendo a également accueilli en 1993 un certain Final Fight 2, avec un Haggar accompagné cette fois par Maki et Carlos. Un second opus jouable à deux en simultané !

Final Fight
Les deux premiers opus de Final Fight, en version Super Famicom

En 1995, cette même Super Nintendo accueille Final Fight 3, avec cette fois la possibilité d'incarner pas moins de quatre personnages.



Peu le savent, mais Final Fight est également présent sur NES, puisqu'en 1993 sort Mighty Final Fight, un épisode à la sauce « super deformed ». Un jeu solo, qui permet de retrouver les trois combattants originaux, avec un style graphique très décalé, et même une (toute petite) dimension RPG avec de nouveaux coups à maîtriser en cours de route.

Mighty Final Fight sur Famicom/NES, une version particulièrement difficile à trouver aujourd'hui (à un prix raisonnable)

La version MEGA CD comme « superior console version » ?

Bien sûr, impossible d'évoquer les versions consoles de Final Fight sans évoquer la déclinaison Mega CD. En effet, sur le support CD de SEGA, Final Fight affiche une forme assez resplendissante, avec des musiques réorchestrées et la présence d'un doublage lors des cut-scenes.

Final Fight

À cela s'ajoute également la possibilité de jouer à deux joueurs en simultané et d'opter pour les trois personnages, gommant ainsi les plus gros défauts de la version Super Nintendo...

Final Fight Arcade

Une version Mega CD très proche de la version arcade, un peu moins resplendissante graphiquement certes (la faute à une Mega Drive en manque de couleurs), mais autrement plus aboutie que la mouture Super Nintendo.

Final Fight... sur PS2 et Xbox ?

Hé oui, dans les années 2000, il a été possible de retrouver Final Fight sur PS2 et Xbox, avec un opus baptisé Streetwise. Un beat'em all en 3D pas forcément mémorable... D'ailleurs, qui s'en souvient ?

Final Fight Streetwise
C'est en 2006 que Capcom ressuscite (bien maladroitement) la licence Final Fight, avec Streetwise, sur PS2 et Xbox.

Auparavant, Final Fight avait également été aperçu sur SEGA Saturn, avec Final Fight Revenge, transfuge du jeu d'arcade éponyme sur SEGA Titan Video Game System (ST-V), un titre qui abandonnait le genre beat'em all, pour du versus fighting... Au début des années 2000, une version GBA est également proposée, avec Final Fight One.

Sur SEGA Saturn, Final Fight s'est transformé en un jeu de VS Fighting, avec l'épisode Revenge...

Une trilogie indispensable pour les fans de beat'em all ?

Comme je vous conseillais il y a quelques jours de jeter un œil du côté de Streets of Rage si vous appréciez le genre beat'em all à l'ancienne, impossible de ne pas vous conseiller la trilogie Final Fight sur Super Nintendo.

Capcom Collection Switch
Inutile de dire que si vous aimez les beat'em all Capcom, cette compilation est indispensable (mais uniquement disponible en version numérique chez nous)

Pour la petite info, en fin d'année 2018, Capcom a lancé la compilation Capcom Belt Action Collection, qui regroupe pas moins de 7 beat'em all emblématiques de l'ère arcade, dont le premier Final Fight (en version arcade qui plus est).
Modifié le 16/02/2020 à 11h57
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