Open source : une circulaire pour encourager son adoption

24 septembre 2012 à 19h02
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Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a signé une circulaire dont l'objectif est d'inciter l'administration à adopter le logiciel libre plus largement. Il a été salué par plusieurs organisations.

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« Moindre coût, souplesse d'utilisation, support à long terme ou transparence accrue », l'État a tout intérêt à intégrer davantage de solutions open source dans son fonctionnement, au vu de ses nombreux avantages énumérés dans la circulaire « Orientations pour l'usage des logiciels libres dans l'administration ». Le document, signé par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, émane de la Direction interministérielle des systèmes d'information et de communication (DISIC), créée en 2011, et pilotée par la DSI du ministère de la Culture et de la Communication.

L'auteur rappelle qu'« aujourd'hui, le choix du logiciel libre dans l'administration n'est pas un engagement idéologique, mais le fruit d'un choix raisonné ». La circulaire fait aussi valoir que le logiciel libre est « piloté par les besoins, minimisant les évolutions superflues » mais aussi qu'il « facilite les expérimentations et l'adaptation au volume d'usage et facilite aussi la mutualisation entre acteurs publics dès l'expression de besoins ».

Afin de pondérer l'engouement pour le tout open source, le document n'omet pas d'en mentionner les limites. « Lié à une communauté, il convient donc de la connaître et de la suivre pour s'assurer du sérieux et de la pérennité de la solution », indique l'auteur, qui ajoute entre autres de prendre gare aux éditeurs qui proposent des versions « communautaires » de leurs logiciels, en plus des éditions « entreprises », mais qu'elles sont « en général en retard et (...) doivent être utilisées avec prudence car elles risquent toujours de rebasculer dans un mode propriétaire ».

Les failles de sécurité ont motivé l'adoption de l'open source

L'État n'en est pas à son coup d'essai en matière de logiciel libre, même si le déploiement ne s'est pas toujours déroulé au rythme espéré. La gendarmerie nationale a par exemple entamé sa migration vers Ubuntu en 2010 avec pour objectif d'équiper 85 000 postes de la distribution Linux d'ici 2015. Suite aux attaques du ministère de l'Économie et des Finances de 2011, facilitées par plusieurs failles de sécurité dans les outils Microsoft Windows, Outlook et Adobe Acrobat Reader, le gouvernement avait accentué la migration vers des solutions libres.

Une étude, conduite alors par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, avait conclu de manière cinglante que « l'emploi de technologies propriétaires, maîtrisées par des intérêts extra-européens, est un handicap majeur pour la sécurité et la souveraineté nationales. La France, comme la plupart des autres pays européens, présente une forte vulnérabilité technologique dans ce domaine et seule l'utilisation des logiciels libres peut aujourd'hui encore constituer une parade possible » L'État avait alors décidé d'équiper 90% du parc informatique de Bercy de solutions open source, mais également celui du ministère des Affaires étrangères, de la Défense et de la Justice.

Dans la circulaire Ayrault, cette tendance est renforcée. Pour y parvenir, plusieurs axes ont été fixés. Le premier est d'instaurer une convergence des souches de logiciels libres selon le principe de la « mise en commun des efforts ». Le rapport préconise aussi la mise en œuvre d'un réseau d'expertise qui partage les connaissances entre chaque ministère, dans la mesure où « chaque ministère peut difficilement être compétent sur l'ensemble des souches ». Est aussi mis en avant l'amélioration d'un support logiciel, en plus de la communauté, afin de répondre à des impératifs de réactivité.

« Le coming-out du gouvernement sur le logiciel libre »

Pour l'association du logiciel libre April, « la circulaire dessine une gestion informatique où l'acteur public ne sera plus cantonné à un simple rôle d'acheteur mais, par les effets positifs de la mutualisation induite par le Logiciel Libre, aura également un rôle de contributeur ». « Nous espérons que le gouvernement Ayrault saura faire profiter les citoyens français de sa bonne volonté en ce qui concerne le logiciel libre afin que cesse les inégalités dont ils sont victimes, par exemple en matière de DRM ou de vente liée », ajoute pour sa part le président, Lionel Allorge.

Même accueil enthousiaste pour , Jean-Paul Argudo, directeur général de Dalibo, spécialiste français de PostgreSQL, qui égratigne au passage la concurrence : « L'État montre l'exemple et ouvre la voie au remplacement par PostgreSQL de bases de données Informix devenues statiques par manque d'innovation ou de bases Oracle dont le coût se justifie difficilement au regard de leur valeur ajoutée. »

Enfin, pour le Conseil national du logiciel libre, « c'est un peu un coming-out du gouvernement sur le logiciel libre ». Il rappelle que ce sujet occupe l'État depuis longtemps et que l'open source y tient « une place de choix », mais que « les prises de position officielles avaient rarement été aussi claires et engagées ».
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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