Les logiciels propriétaires freineraient les avancées médicales

30 décembre 2011 à 07h47
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Un chercheur de l'Université de Californie revient sur les problèmes liés aux logiciels propriétaires dans le milieu médical.

John Newman, professeur universitaire et praticien au centre médical de San Francisco, explique au magazine MedicalXpress que le corps médical ne peut tout simplement plus ignorer les droits de licence apposés aux progiciels utilisés au sein des hôpitaux. Selon Robin Feldman, professeur et directrice du département des droits et des sciences biologiques à l'institut de Hastings, les médecins estimeraient désormais que « les droits de propriété intellectuelle forment une menace pour la prescription de soins médicaux basiques ».

Ce changement de mentalité a été causé par le retrait d'un petit utilitaire baptisé Sweet 16 jusqu'alors disponible gratuitement au téléchargement. L'outil était utilisé par les scientifiques afin de déterminer si leurs patients présentaient des problèmes affectant les fonctions cognitives. Sweet 16 fut cependant retiré des serveurs après des actions judiciaires menées par les créateurs d'un logiciel similaire baptisé Mini-Mental State Examination (MMSE).

Les créateurs de MMSE auraient publié en 1975 des standards permettant de diagnostiquer les patients. En 2000, ils déposèrent des droits de propriété intellectuelle puis commercialisèrent des licences d'exploitation de leur logiciel. L'équipe de MMSE estime alors que Sweet 16 est en violation de ses droits mais M. Newman précise cependant que si les logiciels médicaux sont tous relativement semblables, ce n'est pas par manque d'originalité : « mais parce que ces outils sont basés sur les mêmes recherches et les mêmes sciences ».

Les deux professeurs estiment alors que cet incident pourrait avoir de lourdes conséquences et M. Newman ajoute qu'il existe « des milliers et des milliers d'outils que nous utilisons aujourd'hui en médecine pour dresser des décisions cliniques à propos d'un patient (...) lesquels sont protégés par des droits d'auteurs ». Le principe d'une licence serait par ailleurs contraire au domaine de la médecine. Comme le souligne Robin Feldman, la recherche médicale repose sur un partage des connaissances et des travaux. « Personne ne s'attendait à voir pousser des clôtures autour de ces travaux et à devoir payer pour passer outre celles-ci », explique-t-elle.

John Newman et Robin Feldman encouragent alors les développeurs d'utilitaires médicaux à publier le code source de leur travaux et à adopter une licence de type GPL. Les scientifiques craignent que d'ici quelques années, les patients eux-mêmes ne doivent cotiser pour les licences de ces logiciels qui leurs permettront d'obtenir un diagnostique.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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