Les inquiétantes conditions de travail des "ouvriers du numérique"

01 octobre 2018 à 19h18
0
Souris

L'ONU vient de publier un rapport sur les conditions de travail des ouvriers du « digital labor », un secteur encore peu régulé mais indispensable au fonctionnement des grands réseaux sociaux et autres plateformes de commerce électronique. Les conclusions de ce rapport sont alarmantes pour les quelques millions d'ouvriers qui travaillent dans ce domaine.

Elles sont issues d'une vaste étude menée par l'Organisation Internationale du Travail (OIT) auprès de 3 500 travailleurs originaires de 75 pays, entre 2015 et 2017. L'ONU les brandit aujourd'hui pour appeler les différents acteurs à plancher sur une meilleure régulation du secteur.

Qui sont ces travailleurs de l'ombre ?


Etudiants, chômeurs, Américains, Européens, Asiatiques... Ces personnes seraient aujourd'hui entre 45 et 90 millions à travers le monde et pourraient générer de 15 à 25 milliards de dollars à l'horizon 2020.

Leurs missions : effectuer une série de tâches souvent répétitives et non automatisées pour le compte de plateformes telles qu'Amazon Mechanical Turk, Crowdflower ou Clicworker. Ces tâches vont de la modération de contenus sur les réseaux sociaux à la notation d'applications, en passant par le nettoyage de bases de données ou la transcription de photos et d'extraits sonores.

Maigres rémunérations et souffrance psychologique


Tout d'abord, ces travaux partageraient la caractéristique d'être mal rémunérés. Le salaire horaire moyen proposé oscillerait entre 3,31$ et 4,43$ selon les pays, et serait donc bien souvent inférieur au revenu minimum légal. A cela s'ajoutent la réalisation de tâches non payées et l'absence de couverture sociale ou de cotisations retraite.

Il s'agit souvent d'un deuxième job destiné à compléter un revenu, une majorité déclarant disposer d'une autre activité professionnelle. Les rythmes de travail seraient souvent difficiles à suivre : 43% des personnes concernées affirment travailler la nuit, et plus de 60% au moins entre 20h et 22h.

Pour certaines tâches comme la modération de contenus, ces travailleurs de l'ombre seraient parfois exposés à des contenus violents et traumatisants. Conséquence : ils développeraient un état de détresse psychologique et souffriraient pour certains de stress post-traumatique.

Une prise de conscience nécessaire


L'un des principaux problèmes soulignés par le rapport est l'inexistence d'un cadre légal clairement défini. En effet, les plateformes citées appartiennent souvent à de grands groupes comme Amazon ou Figure Eight, mais ne disposent pas d'une structure d'entreprise à proprement parler, soumise à des devoirs et des obligations. Il est par exemple possible qu'une plateforme supprime le compte d'un travailleur sans l'en avertir et sans qu'il puisse demander un quelconque recours.

A la lecture de ces résultats, l'ONU a donc lancé un appel pour une meilleure régulation de ces activités. Objectif : offrir des conditions de travail acceptables pour ces « forçats du clic ».
5 réponses
0 utilisateurs
Suivre la discussion

Les actualités récentes les plus commentées

Normandie : la plus grande route solaire du monde est un échec
Windows Defender obtient 3 fois le score maximum aux tests AV-Test
Sur Reddit, les développeurs d'Apex Legends dérapent et insultent leur communauté
Matrix 4 officiellement annoncé, avec Keanu Reeves et Carrie-Ann Moss
Minecraft s'offre un boost graphique... réservé aux possesseurs de cartes NVIDIA RTX
PS5 : la fuite d'un brevet révèle un design plutôt original
L'astéroïde Apophis qui frôlera la Terre en 2029 est-il vraiment dangereux ?
Starman et sa Tesla Roadster viennent d'achever leur première orbite autour du Soleil
A peine lancée aux USA, Apple annonce que sa Card serait sensible au jean et au cuir
Un chercheur français a trouvé une faille critique dans le système de vote russe

Notre charte communautaire

1. Participez aux discussions

Nous encourageons chacun à exprimer ses idées sur les sujets qui l'intéressent, et à faire profiter l'ensemble de la communauté de son expertise sur un sujet particulier.

2. Partagez vos connaissances

Que vous soyez expert ou amateur passionné, partagez vos connaissances aux autres membres de la communauté pour enrichir le niveau d'expertise des articles.

3. Échangez vos idées

Donnez votre opinion en étayant votre propos et soyez ouverts aux idées des autres membres de la communauté, même si elles sont radicalement différentes des vôtres.

4. Faites preuve de tolérance

Qu'il s'agisse de rédacteurs professionnels ou amateurs, de lecteurs experts ou passionnés, vous devez faire preuve de tolérance et vous placer dans une démarche d'entraide.

5. Restez courtois

Particulièrement lorsque vous exprimez votre désaccord, critiquez les idées, pas les personnes. Évitez à tout prix les insultes, les attaques et autres jugements sur la forme des messages.

6. Publiez des messages utiles

Chaque participation a vocation à enrichir la discussion, aussi les partages d'humeurs personnelles ne doivent pas venir gêner le fil des échanges.

7. Soignez votre écriture

Utilisez la ponctuation, prohibez le langage SMS et les majuscules, relisez-vous afin de corriger un peu les fautes de frappe et de français : trop de fautes n’engagent ni à lire le message, ni à répondre à une question.

8. Respectez le cadre légal

Ne publiez pas de contenus irrespectueux, racistes, homophobes, obscènes ou faisant l'apologie de courants radicaux, qu'ils soient politiques ou religieux. N'utilisez pas plusieurs comptes utilisateurs.

9. Ne faites pas de promotion

Ne profitez pas d'une discussion pour faire la publicité d'un produit, d'un service ou même de votre site web personnel.

10. Ne plagiez pas

Exprimez uniquement vos opinions ou partagez des idées en citant vos sources.

scroll top