Le conseil d'administration d’Alphabet poursuivi pour avoir couvert des accusations de harcèle

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Le 14 janvier 2019
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Les actionnaires d'Alphabet, la maison mère de Google, ont déposé cette semaine une plainte à l'encontre de plusieurs membres du conseil d'administration de la holding. Sont essentiellement visés les principaux responsables du groupe, dont Larry Page et Sergey Brin, célèbres co-fondateurs de Google, occupant actuellement les postes respectifs de CEO et de Président d'Alphabet. Leur est reproché d'avoir couvert les agissements d'Andy Rubin, et d'au moins deux autres cadres de Google, accusés d'inconduite sexuelle au cours de leurs années de service au sein de la firme.

Fin octobre, le New York Times publiait une longue enquête portant sur les rapports troubles entretenus par le conseil d'administration de Google et Andy Rubin, le papa d'Android, acculé à un départ précipité en 2014. Le quotidien américain dévoilait notamment que l'ancien CEO de Google, Larry Page, aurait cherché à étouffer plusieurs cas de « comportements sexuels déplacés » recensés au sein de l'entreprise, et perpétrés par trois cadres du groupe.

On apprenait alors qu'Andy Rubin faisait partie des principaux accusés et que Google lui aurait versé une somme de 90 millions de dollars (au travers de paiements successifs étalés sur quatre ans), en échange de sa démission volontaire. Un accord tacite aujourd'hui à la source de la plainte déposée par les actionnaires de la firme.

Le conseil d'administration d'Alphabet, visée par une plainte « désintéressé » des actionnaires du groupe.

« La conduite de Rubin et d'autres cadres est écœurante, illégale, immorale, dégradante pour les femmes, et contraire à l'ensemble des principes que Google prétend respecter », lit-on dans la plainte déposée jeudi auprès de la cour suprême de Californie. « Rubin a été autorisé par Larry Page et Sergey Brin à démissionner discrètement, alors qu'une enquête interne corroborait les faits de harcèlement sexuel dont Rubin était accusé », est-il également noté.

« Durant ses années chez Google, Rubin est également accusé de traite d'êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle, en payant plusieurs centaines de milliers de dollars des femmes pour que, selon les propres termes de Rubin, il puisse les 'posséder' ».

Une plainte soutenue par de nombreux employés de Google

Ce paragraphe fait directement allusion à l'enquête publiée cet automne par le New York Times. On y apprenait, entre autres, qu'Andy Rubin dépenserait une part importante de sa fortune auprès de de Call-girls. Des agissements supposés qui lui ont valu un divorce en 2016.

Dans un communiqué publié ce jeudi, peu après le dépôt de plainte auprès de la cour suprême de Californie, l'avocate d'Andy Rubin avançait que les accusations proférées à l'encontre de son client « dénaturaient » les conditions de son départ de Google, et que la couverture médiatique de cette affaire contribuait à sensationnaliser les « allégations de son ex-femme ».

La plainte déposée par les actionnaires d'Alphabet n'en est pas moins soutenue par de nombreux employés de Google qui ont commenté - ce jeudi - l'affaire dans un communiqué. « Nous avons toutes les preuves dont nous avons besoin pour démontrer que Google n'a pas nos meilleurs intérêts à cœur », peut-on y lire.

Pour l'heure, les représentants du conseil d'administration d'Alphabet visés par la plainte n'ont pas souhaité donner de commentaires. Comme l'explique Bloomberg, la procédure a été engagée au nom d'Alphabet, mais à l'encontre de son conseil d'administration. Si elle venait à aboutir, les dommages et intérêts reviendraient à Google et ne sortiraient donc pas des fonds de la holding. L'objectif des poursuites engagées par les actionnaires serait avant tout "d'améliorer la gouvernance d'entreprise », a assuré Louise Renne, l'avocate chargée de porter l'affaire devant les tribunaux.

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