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Ecologique, sans humains ou dans les airs... Quel avenir pour la course automobile ?

Cyril Fiévet
Cyberculture
04 juin 2021 à 14h34
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Formula E 2018 Rome © Marco Iacobucci Epp / Shutterstock.com
Marco Iacobucci Epp / Shutterstock.com

Véhicules électriques ou à hydrogène , drones , chariots autonomes et autres taxis sans chauffeur ou même volants semblent amenés à redéfinir les contours du transport des personnes et des marchandises. Mais qu’en est-il des sports mécaniques ?

Le lancement de la Formule E en 2014-2015 marquait sans doute un tournant. Des bolides entièrement électriques, d’abord monotypes puis aux moteurs développés par quelques-unes des plus grande marques automobiles mondiales, illustraient à eux seuls la transition vers un monde nouveau.

Formula E volant © Cineberg / Shutterstock.com
Cineberg / Shutterstock.com

Courses électriques

Comme le martèlent les organisateurs, l’enjeu était tout autant de créer des événements sportifs attractifs que de renforcer la prise de conscience mondiale en matière de pollution de l’air et de changement climatique. Et la compétition, perturbée par la pandémie en 2020 mais officiellement devenue un Championnat du monde pour sa septième saison (qui a démarré cette année), entend contribuer à inciter à l’adoption globale de véhicules sans émissions nocives, tout en s’inscrivant dans une logique de développement durable. « Toutes les batteries Ion-Lithium des deux premières saisons ont été recyclées, tout comme 52% de tous les déchets générés par les événements et 100% des pneus (conçus spécifiquement par Michelin) », précise le rapport sur l’impact écologique de la saison 2018-2019.

La Formule E illustre également les progrès rapides en matière de batteries : jusqu’à la saison 4, deux véhicules par course étaient utilisés, forçant un échange de véhicule à mi-course. Mais ce n’est plus le cas depuis la saison 5 avec l’apparition de batteries plus puissantes, d’une capacité presque doublée.

Plusieurs autres courses automobiles — et même un Grand Prix de motos électriques, MotoE — entendent également montrer que l’avenir est aux véhicules électriques. En avril 2021 démarrera par exemple la première saison de Extreme E , un rallye tout-terrain utilisant exclusivement de gros SUV électriques. La voiture conçue spécialement pour cette compétition, l'Odyssey 21 , pèse 1 650 kg, monte de 0 à 100 km/h en 4,5 secondes et peut escalader des pentes de 130 %.

Là aussi, outre le spectacle et la démonstration technique, l’ambition est de sensibiliser à la cause climatique, notamment par le choix de lieux emblématiques des grands enjeux écologiques : le rallye débutera dans le désert d’Arabie Saoudite, avant des étapes au Groenland ou en Amazonie.

Nissan Formule E Supercar © cristian ghisla / Shutterstock.com
cristian ghisla / Shutterstock.com

Pilotes artificiels

Mais des voitures moins polluantes ne sont pas le seul élément notable de l’évolution de la course automobile. On le sait, de nombreuses entreprises — Waymo ou Cruise aux Etats-Unis, AutoX ou Didi en Chine, Navya en France, par exemple — s’activent à développer des véhicules autonomes, annonçant l’ère des « taxis sans chauffeur ». En toute logique, les sports mécaniques vont également tirer parti des avancées en matières d’intelligence artificielle pour créer des compétitions d’un genre nouveau.

Le concept Roborace, où s’affrontent des véhicules électriques autonomes conçus pour la course, est apparu en 2015. D’abord testée de façon limitée (sans public ou avec un nombre de voitures réduit), la compétition a démarré une ultime saison de test, dite « beta », qui se déroule depuis septembre et jusqu’en mai 2021. Le démarrage de la saison a d’ailleurs été marqué par un accident en octobre dernier, avec une voiture sans pilote se crashant sur un mur, de façon inexplicable.

Voiture Robocar © Grzegorz Czapski / Shutterstock.com
Grzegorz Czapski / Shutterstock.com

L’ambition est de « développer des intelligences artificielles (IA) capables de piloter des supercars », mais aussi d’inventer des formats de course inédits. La saison beta se déroule ainsi dans son propre metaverse, un environnement mi-réel, mi-virtuel mêlant le monde physique (circuit, voitures) et éléments numériques surajoutés en réalité augmentée. Sur la piste peuvent par exemple apparaître des objets à collectionner, des adversaires 100% virtuels, ou même des conditions météo fictives (pluie, verglas), auxquels les IA doivent s’adapter en temps réel. Le tout est diffusé sur Twitch ou sur YouTube, offrant un spectacle à la croisée du jeu vidéo, de la simulation numérique et de la course automobile traditionnelle. À terme, les spectateurs pourront d’ailleurs « défier les intelligences artificielles » en modifiant eux-mêmes les conditions de course.

Au passage (et dans la vraie vie), la Roborace a déjà officialisé plusieurs records et premières mondiales : toute première course entre deux voitures 100 % autonomes (Espagne, 2019), premier résultat d’une voiture sans pilote lors du festival annuel de vitesse Goodwood (Grande Bretagne, 2019), ou encore record du monde de vitesse pour une voiture sans pilote (282 km/h).

Indy Autonomous Challenge © Indy Autonomous Challenge
Indy Autonomous Challenge

D’autres initiatives similaires apparaissent. En octobre 2021 se tiendra le Indy Autonomous Challenge, première course de voitures autonomes tenue sur le mythique circuit d’Indianapolis, aux Etats-Unis. Dotée de 1,5 millions de $, la compétition verra s'affronter des équipes universitaires utilisant toutes les mêmes voitures (des Dallara modifiées pour l’occasion), mais pilotées par leurs propres IA.

Si certains argueront qu’une course sans pilote humain ne présente pas le même intérêt pour le spectateur, ni le même panache pour le sport, les courses robotisées relèvent d’autres formes de prouesses, plus technologiques mais néanmoins réelles et utiles. La mise au point de systèmes numériques devant réagir au millième de seconde pour relever les exigences extrêmes d’une course automobile ne peut qu’aider à imposer sur les routes des véhicules autonomes parfaitement fiables. Du reste, il n’est pas exclu de voir un jour s’affronter sur une même course des pilotes humains et des machines autonomes.

Hyundai prototype de taxi volant © Boykov / Shutterstock.com
Boykov / Shutterstock.com

Voitures volantes

Une autre évolution, et pas des moindres, pourrait avoir une influence sur l’avenir de la course automobile : la mobilité urbaine aérienne (UAM). Une bonne quinzaine d’entreprises développent en effet des « taxis volants », en pratique des engins volants électriques à décollage et atterrissage vertical (eVTOL), susceptibles d’être utilisés en ville. Si l’expression « voitures volantes » est parfois exagérée pour désigner ces appareils qui ressemblent souvent à des avions, certains peuvent néanmoins rouler tandis que d’autres s’apparentent à des drones à passagers, moins encombrants, moins polluants et plus silencieux que des hélicoptères.

La mise en service commerciale de taxis volants, pour lesquels des aéroports urbains dédiés sont d’ailleurs déjà en construction (en Grande Bretagne, par exemple), est imminente et pourrait se généraliser à partir de 2025. Pourrait-on étendre le principe à la compétition sportive ? C’est le pari que font quelques start-ups.

Airspeeder © Airspeeder
Airspeeder

En Australie, Airspeeder s'emploie depuis 2018 à mettre sur pied la première « course de voitures volantes ». Les engins sont mis au point par Alauda, une autre start-up du même fondateur, Matt Pearson, avec l’ambition de devenir des « Formule 1 des airs ». Le design-cible, baptisé MK4 et conçu par le Français Félix Pierron, est une sorte de gros drone quadricoptère à huit hélices dans lequel prend place un pilote.

Les spécifications techniques sont au diapason d’un pari « à l’intersection de l’innovation aéronautique et de l’avenir du sport mécanique » : l’engin de 400 kg, tout en fibres de carbone et propulsé par un moteur électrique de 540 ch (comparable à la puissance d’une Tesla Model S), pourra voler à 160 km/h, entre 10 et 60 mètres d’altitude.

Outre les limites inhérentes aux batteries, le défi d’organiser une course de bolides dans les airs, en toute sécurité pour les pilotes ou d’éventuels spectateurs, paraît insensé. Mais Airspeeder défend sa vision et a présenté début février 2021 un modèle simplifié, MK3, utilisant des technologies avancées (lidar , radar, vision artificielle) mais téléopéré depuis le sol. Elle assure même qu’une course avec une dizaine d’engins sans pilote aura lieu dès cette année, avant les premières courses avec pilotes humains prévues en 2022.

MACA Carcopter © MACA
MACA

Une autre start-up, française cette fois, partage la même vision : MACA. L’entreprise a été créée il y a cinq mois, après trois ans de R&D, par Thierry de Boisvilliers et Michael Krollak, anciens d’Airbus, pilotes et spécialistes d’aéronautique. L’ambition est là aussi « de donner réalité aux voitures volantes en créant les premières Formule 1 volantes », mais avec au moins une différence : des moteurs fonctionnant à l’hydrogène.

Si les Australiens semblent avoir pris de l’avance, MACA, qui s’appuie sur une quinzaine de collaborateurs externes, progresse également mais de façon moins médiatisée. « Une maquette à l’échelle 1/3 vole parfaitement bien, et nous développons actuellement l'échelle 1, avec une perspective d’un premier vol fin 2021 », confie Michael Krollak, ajoutant que « le développement intègre la prise en compte des composantes réglementaires indispensables pour de tels véhicules ».

La difficulté est d’ailleurs moins technique que financière. « Toute la dynamique du projet repose sur le plan financier », résume Michael Krollak, regrettant que le processus de levée de fonds de la start-up soit « laborieux », se heurtant « à l’administration et aux logiques de rentabilité court terme qui conditionnent les choix ». « Notre projet s’adresse aux visionnaires ou aux personnes averties qui ont compris que d'ici quelques années cette discipline, les courses de voitures volantes, sera en plein essor », concluent les entrepreneurs, qui n’excluent pas un financement étranger. Avec en ligne de mire les premières courses de voitures volantes « courant 2023 ».

Au final, on comprend que la course automobile des prochaines décennies sera profondément transformée. Elle sera avant tout plus technologique mais aussi plus écologique, plus interactive, et sans doute moins formatée, à fortiori si elle évolue en course aérienne ou se mixe au virtuel. Le sport mécanique se conjugue plus que jamais à l’aune de l’innovation technologique, et le spectacle qu’il promet sera haut en couleurs — et peut-être même digne des films qui ont marqué l’histoire de la science-fiction.

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ti4444
moi j’attends … https://fanart.tv/fanart/movies/10483/moviebackground/death-race-532d7a6a2963f.jpg
Yves64250
Autant jouer a un circuit électrique en jouet
cirdan
Parfait pour l’ère d’après Covid : des humains derrière des ordinateurs, qui gèreront des machines conçues par d’autres humains qu’on ne verra jamais, offrant un spectacle pour encore d’autres humains installés derrière des écrans, en train de se demander s’ils sont en train de jouer à un jeu vidéo ou de regarder un film.<br /> Pour le moment, à part les prouesses technologiques, si la question est «&nbsp;Quel avenir pour la course automobile ?&nbsp;», alors ça fait pas trop rêver.
jcc137
Votre réflexion marche pour toute sorte de discipline ; par exemple un fan de football (au hasard…) dira la même chose du cricket anglais, ça n’empêche pas pour autant la ferveur pour cette dernière pratique.<br /> La Formule E trouvera son public, bien plus rapidement, à mon sens, que vous ne le pensez.
kefeng
Sans humain, je pense qu’on perd une partie de l’intérêt de n’importe quelle activité où les prouesses humaines sont mises à épreuve et nos imperfection/erreurs peuvent influencer l’issue d’un match. Je doute fortement que les passionnés d’échec regardent 2 IAs s’affronter ou qu’il soit intéressant de regarder des robots avoir 100% de réussite en lancer-franc au basket.
newseven
Avec la crise sanitaire qui vient avec les restrictions de déplacement ou de voyage .<br /> Je ne vois pas d’un bon œil l’avenir de la course automobile ou toute autre course tel qui soit pour les 2 prochaines années .<br /> Même tout les sports sont affecté avec la crise sanitaire .<br /> Sans compris qui la paranoïaque que provoque les virus devient un enjeu majeur .<br /> Les drones vont être peut-être la solution ?
wackyseb
Alors pour moi, ce sera course de drone piloté à distance mais pas les petits drone qu’on a actuellement, de vrais gros drone comme la MACA qui a la taille d’une F1 en 100% électrique ou a pile à combustible.<br /> La hauteur devra être limitée pour correspondre à ce qu’on trouve dans Wipeout.<br /> Des circuits tortueux avec des hauts et bas en plus des droites gauches.<br /> Et si on peux y ajouter quelques armes LOL, là on sera parfait.<br /> La F1 thermique ou électrique ne m’a jamais vraiment intéressé.<br /> Surtout ces dernières années où ça fait un bruit de pétrolette degueux.
philouze
si une roborace oppose des «&nbsp;team IA&nbsp;» continentales ou de marques, l’enjeu est encore plus grand, personne ne veut voir son robot partir en vrille devant la foule.<br /> en tout cas comme le souligne l’article les guerres d’IA en conduite autonome feraient progresser énormément cette techno car un des enjeux majeurs c’est l’interprétation de la situation avec le plus grand nombre de FPS possible.<br /> Tesla par exemple clame un énorme nombre de FPS, mais avec des cam donc une interprétation soumise à des tonnes de contrainte (contre jours, reflets) et de faux positifs, en face les meilleurs LIDAR ont du mal à franchir les 30 FPS mais ne font pas d’erreur de distance ou de reflets.<br /> La compétition pourrait probablement trancher cette guerre voir faire apparaitre d’autres technos
jcc137
«&nbsp;du cricket et du foot presque pareil&nbsp;»<br /> Ouf ! Quelle analyse !<br /> Eh non, aucun des deux n’est mon sport préféré, j’ai pris les plus populaires dans chacun de leur pays respectif.<br /> Si vous aviez lu l’article, vous sauriez qu’avec les nouvelles batteries, les Formules E tiennent la course entière.
zoup01
Les moto e tiennent aussi une course entière…8 tours, c’est une course entière pour une moto e ( contre 20 à 22 tours pour une Motogp), le tout avec des performances de moto3.
jcc137
Permettez-moi cette remarque pertinente, les motos ont une place très limitée pour loger une batterie, contrairement aux voitures. Ceci explique cela.
Side_a9
Le projet MACA on dirait le Razor de Star Citizen.
jcc137
J’entends FE avec pilote, sinon il faut se diriger vers les tournois de jeux vidéo, c’est pareil.<br /> La présence humaine est importante parce qu’elle est subordonnée au talent, à l’entraînement, l’expérience, les faiblesses physiques et/ou mentales, bref tous les impondérables que n’ont pas les robots (une VE sans pilote, est un robot).
xavz78
La F1 n’a pas besoin de ces changements idéologiques pour divertir et passionner.
kroman
Des rodéos nocturnes filmés au portable, avec la police aux trousses !
c_planet
Pour moi, c’est simple. Du moteur thermique conçu pour les oreilles, et des caméras à la demande sans surcout tarifaire.<br /> Sinon, les courses que j’ai regardées le plus ces dernières années c’est ça : Marble Rally 2019 Showdown - Jelle's Marble Runs - YouTube la seule discipline qui peut se permettre le sans pilote et le zéro énergie anthropique.<br /> Aussi , la grosse déception, ça a été les courses de drones. On nous a chauffé en clamant que ça allait être la nouvelle discipline qui allait tout révolutionner, alors que c’est finalement un show très hermétique.
Fulmlmetal
Allez, ouvrez le ban, c’est reparti pour l’hystérie écolo<br /> «&nbsp;Le sport auto ça pollue, faut arreter les sports qui polluent&nbsp;» «&nbsp;out ça pour le plaisir d’une petite minorité&nbsp;», etc.<br /> La boucle …
bmustang
on y vient dans ce monde où robotique et IA domineront l’humain qui sera réduit comme un esclave et gouverné par quelques riches transhumanismes surpuissants.<br /> C’est le monde qui nous attend, mais pour tous on dit certains comme attali et ses potes.
Yves64250
Le sport mécanique c’est un défi de la mécanique,bref je suis le seul a comprendre moi qui a fait de la mécanique auto et agricole en 1985
Voigt-Kampf
Il est surtout grand temps de dissocier «&nbsp;écologique&nbsp;» de l’«&nbsp;électrique&nbsp;»…
yalefeu
tout à fait d’accord … et beaucoup oublient tout ce que doit la filière automobile au sport automobile (Injection, le turbo, l’ABS, les freins à disque,…)
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