Les constructeurs tentent l'aventure de la voiture électrique depuis près de 50 ans

Arnaud Marchal
Spécialiste automobile
24 mai 2020 à 16h10
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La voiture électrique n’est pas une innovation contemporaine, mais date en réalité de la fin du XIXème siècle. Les premiers taxis électriques de Paris sont apparus en 1899, plus d’un siècle avant l’arrivée des premières Tesla Model S. 

Nous vous proposons une petite rétrospective de l’évolution de la voiture électrique chez les constructeurs automobiles européens au cours de ses 50 dernières années.

BMW, précurseur depuis 1972

La firme allemande est reconnue pour ses talents de motoristes. Son aventure dans le monde de la motorisation électrique remonte au début des années 70. À l’époque, BMW avait électrifié une 1602 avec un moteur Bosch de 43 chevaux, et de lourdes batteries au plomb cumulant 12,6 kWh, placées sous le capot. Le 0 à 50 km/h était lentement atteint en 8 secondes. L’autonomie, elle, ne dépassait pas 30 km.

Ce projet a donné naissance à d’autres prototypes chez le constructeur bavarois, notamment un prototype réalisé sur la base d’une ancienne BMW LS. Le modèle était doté pour la première fois d’une prise de recharge et pouvait être chargé en 14 heures. S'en est suivi projet basé sur les BMW 325iX E30 lequel profitait alors d'un système de gestion électronique de l’alimentation électrique. L’autonomie atteignait ici 150 km.

Puis ce fut l’arrivée de la BMW E1, une voiture entièrement développée pour la motorisation électrique. Présentée au salon de Francfort en 1991 après seulement dix mois de développement, l’autonomie était annoncée à 160 km et la charge complète réalisable en 4 à 6 heures seulement.

Avec l’arrivée de la série 3 E36, BMW met au point 25 véhicules électriques pour tester différentes techniques de conception et plusieurs types de batteries pour trouver le meilleur compromis. Ces années de recherche donneront naissance par la suite, en 2008, à la nouvelle Mini électrique puis aux BMW i3 et i8.

© Arnaud MARCHAL

106 ou Saxo, chez PSA il y a le choix

PSA va commencer son aventure électrique en s’attaquant aux utilitaires. Dès 1989, une version électrique du J5 est réalisée avec l’aide de Leroy-Sommer. Il peut parcourir jusqu’à 70 km et atteindre les 80 km/h. 50 exemplaires sont alors achetés par EDF.

Au milieu des années 90, le groupe PSA commercialise une version électrique de sa citadine vendue sous les marques Peugeot et Citroën. Si le groupe avait de grandes ambitions, les ventes ne sont pas au rendez-vous. Seuls quelques milliers d’exemplaires des 106, Saxo et Ax ont été vendus. 

Cet échec est probablement dû à une technologie trop contraignante. Le poids des batteries nickel-cadmium s’élevait alors à 260 kg, soit le tiers du poids habituel de la citadine, ce qui la rendait particulière lourde et sous-motorisée avec un moteur électrique de seulement 27 chevaux. La vitesse de pointe était plafonnée à 90 km/h et son autonomie limitée à 80 km.

La première Golf a eu sa version électrique

Volkswagen a pour sa part débuté son aventure électrique avec le Combi en 1972. Il était équipé d’un moteur Bosch et de 850 kg de batteries au plomb produit par Varta. Son poids atteignait 2,2 tonnes à vide… 120 exemplaires de ce combi électrique auraient été produits avec différentes carrosseries.

Vient ensuite la Golf 1 électrique, seulement deux ans après le lancement de la version thermique originale. Sur fond de crise pétrolière, l’Elektro Golf 1 se voit ainsi dotée d’un moteur électrique à la place du moteur essence. La voiture conserve sa boite de vitesse manuelle à quatre vitesses et pouvait atteindre 60 km d'autonomie.

L’expérimentation électrique a continué en 1985 avec la Golf II CityStromer produite à 70 exemplaires, puis en 1993 avec la Golf III. Cette dernière profitait alors des progrès déjà accomplis en partenariat avec Siemens, et son autonomie atteint les 90 km. En seulement 90 minutes de charge, les batteries pouvaient récupérer 80 % de leur capacité.

© Volkswagen

Mercedes-Benz 190 E : E pour électrique ? 

À la demande du gouvernement allemand, qui souhaitait réaliser une expérience entre 1992 et 1996 avec les constructeurs automobiles du pays, Opel, BMW, Volkswagen et Mercedes-Benz ont préparé plusieurs prototypes électriques. 

C'est dans ce cadre que Mercedes-Benz a mis au point une version électrique de sa 190 E. Dix exemplaires ont été mis en circulation, et l’un d’entre eux a même réussi à atteindre 100 000 km, ce qui est une belle réussite pour un premier essai.

Dans le cadre de cette expérimentation, le constructeur de Stuttgart a réalisé plusieurs montages de batteries et de moteurs pour tester différentes solutions. L’une d’entre elles consistait en deux moteurs électriques de 22 ch à l’arrière alimentés par des batteries au chlorure de sodium et de nickel. Le tout était complété par un système de freinage régénératif. Elle fut présentée au Salon de Genève en 1991.

© Mercedes-Benz

Source : TopGear

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