Un premier client pour le gros lanceur orbital OmegA de Northrop Grumman

Eric Bottlaender
Expert espace
13 décembre 2019 à 16h31
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OmegA fusée
Le lanceur OmegA en cours de développement

Toujours en développement, le futur lanceur OmegA de Northrop Grumman, qui devrait décoller depuis la Floride à partir de 2021, vient de faire l'objet d'un contrat commercial avec Saturn Satellite Networks pour son vol inaugural.

La discrétion avant tout

Le lanceur OmegA continue sa carrière, jalonnée de surprises, alors même que le gros lanceur est à plus de 18 mois de son entrée en service. Avant que le projet ne soit dévoilé au public le 18 avril 2018, il progressait dans le plus grand secret, et continue depuis, Northrop Grumman n'ayant pas pour habitude de dévoiler chaque étape de ses travaux (contrairement à certains concurrents).

On connait au moins l'architecture de ce lanceur, qui utilisera un imposant booster central, dérivé des segments produits pour le Space Launch System de la NASA (idem pour le second étage), des propulseurs auxiliaires également déjà mis en service sur Atlas-V et Vulcan, pour le compte d'United Launch Alliance, ainsi qu'un étage supérieur équipé de deux moteurs RL-10C, déjà éprouvés eux aussi.

À la surprise générale, le concept avait réussi à convaincre l'US Air Force, qui a investit, en 2018, environ 750 millions de dollars dans le développement d'OmegA pour l'accompagner jusqu'à son premier vol.

Un lancement tout compris

Prévu, pour l'instant, pour le second trimestre 2021, on apprend désormais que le premier décollage d'OmegA embarquera au moins un satellite (et probablement deux) de Saturn Satellite Networks, vers l'orbite de transfert géostationnaire. La jeune entreprise, issue d'ABS (six satellites de télécommunications en service) compte mettre en place une petite constellation de satellites géostationnaires, profitant de nouvelles plateformes à faibles masses et à moindre coûts. Les communiqués de presse ne le précisent pas, mais il semble acquis que Northrop Grumman sera aussi l'industriel de référence pour les satellites.


Quelques défis à l'horizon

Si le choix d'OmegA peut surprendre, il est probable que Saturne Satellite Networks ait bénéficié d'un coût très concurrentiel (à « plein tarif » la facture d'un seul OmegA devrait grimper bien au-delà des 150 millions de dollars)... D'autant plus que les vols inauguraux ne respectent pas toujours leur date de départ lorsqu'elle est fixée plusieurs années à l'avance.

OmegA a encore du chemin à faire. Néanmoins, en 2019, Northrop Grumman s'est assuré une présence au sein du gigantesque VAB du Kennedy Space Center, pour assembler son lanceur, ainsi qu'un accord pour utiliser le site LC-39B avec le SLS. Il ne reste plus qu'un (gros) défi pour le lanceur : décrocher le contrat pour lequel il a été développé, à savoir une signature de l'US Air Force pour devenir l'une des deux seules fusées qui assureront les vols de la défense américaine entre 2021 et 2025.

Source : Space News
Modifié le 13/12/2019 à 16h31
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