L'ESA voudrait envoyer une sonde de la taille d'une valise étudier un astéroïde

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
15 novembre 2019 à 17h41
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M-Argo 1
La petite sonde M-Argo

Ce nouveau petit véhicule s'appelle M-Argo pour 'Miniaturised Asteroid Remote Geophysical Observer', et l'ESA espère convaincre les ministres des pays membres qui vont se réunir les 26 et 27 novembre de financer sa mission...

Il y a un an le 26 novembre 2018, deux petits satellites nommés Marco-A et B accompagnaient la sonde InSight et ont permis, dans une démonstration technologique, de relayer les signaux de la mission vers la Terre lors de son atterrissage. Un succès pour les américains, que l'agence spatiale européenne (ESA) aimerait bien reproduire, avec une première mission M-Argo (Miniaturised Asteroid Remote Geophysical Observer) à peine plus grosse (un format de 22x22x34 cm), mais bien plus ambitieuse.

Accompagnant un satellite plus gros lors d'un départ hors de l'orbite terrestre, comme une sonde ou un télescope par exemple, M-Argo déploierait deux petits panneaux solaires et une antenne dépliable. Equipé d'un système de propulsion miniaturisé, il serait alors envoyé vers l'orbite d'un des astéroïdes qui passent régulièrement dans notre voisinage cosmique. Avec sa caméra et son laser altimétrique, la petite sonde serait alors en mesure de le cartographier avec précision.

Petit mais costaud

Derrière cette mission de démonstration technologique, il y a deux grands enjeux. Le premier est scientifique : les astéroïdes ont été étudiés de près ces deux dernières décennies, mais chacun est différent et tous ont réservé des surprises jusqu'ici. Aller en visiter de nouveaux permet donc d'en apprendre plus, et de caractériser éventuellement les différents matériaux à la surface pour de futures missions.

Mais l'avantage principal du format de M-Argo, c'est sa miniaturisation et son coût, réduit d'un facteur 10 par rapport à une mission traditionnelle. Et les travaux (mêmes préliminaires) sont utiles pour concevoir des antennes plus petites et fiables, un système de moteurs électriques-ionique adapté, etc.

Astéroïdes dans le viseur

« Un véhicule aussi petit n'a jamais voyage seul vers un astéroïde auparavant », a commenté Roger Walker, le responsable des satellites CubeSats pour l'ESA. L'agence espère recevoir le feu vert pour passer au développement et à la réalisation de la mission (prévue entre 2023 et 2025) à la réunion ministérielle qui aura lieu fin novembre, et qui passera en revue les projets. Côté objectifs, il n'y a que l'embarras du choix : 148 astéroïdes au moins sont visitables par ce type de mission, et 5 ont été présélectionnés pour leur intérêt scientifique.

A la même réunion un autre projet, Hera, pour aller observer un astéroïde bombardé par la NASA, demandera lui aussi son feu vert. Il est prévu à cette occasion de larguer également deux nano-satellites autour de l'astéroïde. Des mini-missions au maxi-potentiel...


Source : ParabolicArc.
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