Etude TNS/Inria : 39% des Français "passionnés" par le numérique

08 novembre 2011 à 15h45
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TNS et l'Inria ont dévoilé aujourd'hui leur première étude « les français et le Nouveau Monde numérique », destinée à devenir un baromètre - et donc actualisé chaque année. Les résultats dévoilent une adoption majoritaire du numérique par les français, parfois à leur insu. Mais les seniors font de la résistance.

Réalisée en août dernier auprès de 1 200 français âgés de 14 ans et plus, cette enquête vise à analyser le comportement des Français par rapport au « numérique », un terme ici ouvertement générique englobant aussi bien les appareils et technologies du quotidien que ceux liés à la médecine ou à d'autres secteurs professionnels. L'étude met en lumière 6 grande catégories de Français face au numérique (voir encart).

Une passion qui décline avec l'âge

De manière générale, le numérique est perçu par les moins de 34 ans comme une très grande passion, à 66% chez les 14,17 ans, 54% chez les 18-24 ans et 51% chez les 25-34 ans. Des pourcentages qui déclinent ensuite, passant à 42% chez les 35-49 ans, 31% chez les 50-64 ans et 18% chez les 65 ans et plus.

Lorsqu'on leur demande de définir leur sentiment face au numérique en quelques mots, « curieux » revient à 71%, « confiant » à 64% et « enthousiaste » à 57%. Mais 30% se disent également « agacés » et 17% « exclus ». Un constat que l'étude met en corrélation avec l'âge puisqu'une majorité des personnes s'étant déclarées exclues ont 65 ans ou plus, tandis que les plus curieux se situent chez les 18-24 ans.

Pour autant, les plus jeunes ne se montrent pas moins conscients que les plus anciens concernant les problématiques les plus sujettes à contestation. A titre d'exemple, 71% des 18-24 se disent concernés par la question de la vie privée dans les technologies numériques, contre 53% des 65 ans et plus, preuve que l'intérêt n'est pas aveugle, même s'il est particulièrement passionné.

Français et numérique : 6 profils, 6 attitudes
Le grand explorateur (25-34 ans) - 18%
Faveur défenseur de la vie numérique, toujours à la recherche de l'innovation.
Le baroudeur pragmatique (- 25 ans) - 16%
Curieux et ouvert,il suit le grand explorateur de près mais a plus de retenue.
Le randonneur vigilant (35 - 49 ans) - 20%
Il aime les nouvelles technologies mais s'inquiète pour les générations futures.
L 'apprenti voyageur (35 - 49 ans) - 20%
Il suit les tendances et n'utilise que les outils les plus populaires.
Le bienheureux sédentaire (65 ans et +) - 16%
Il ne considère pas le numérique comme indispensable, quelle que soit sa forme.
Le révolté du numérique (65 ans et +) - 10%
Nostalgique et inquiet, il prône un retour aux valeurs d'antan pour retrouver ses repères.
Un atout pour le développeur personnel, mais pas toujours dans les relations
Les Français sont globalement d'accord pour dire que le numérique est un atout pour l'accès à la connaissance (87%) et à l'information (79%) et estiment qu'il permet d'assouvir ses passions (62%). En contrepartie, 37% pensent qu'il rend difficile le contrôle de sa propre vie et 65% considèrent que c'est un frein au respect de la vie privée. Un pourcentage à mettre en relation avec la problématique des réseaux sociaux, qui indique que les Français ont conscience de ce problème : un fait déjà constaté dans une précédente étude menée par Idate en octobre dernier.

On trouve le même type de dualité quand il s'agit d'évaluer l'impact du numérique dans les relations entre les gens : si, d'un côté, les technologies apparaissent comme positives à 57% dans les relations professionnelles et amicales, elles apparaissent comme étant négatives dans les relations du « premier cercle », à savoir familiales et amoureuses (31 et 27% d'impression négatives).

Entre envie d'innovation et de statu quo : le manque d'information en question

Si les Français sont d'accord sur le fait que de nombreux appareils sont aujourd'hui indispensables - l'imagerie médicale à 83%, le téléphone mobile à 86%, Internet à 78%, l'ordinateur personnel à 76% - l'évolution rapide des technologies numériques n'est pas sans inquiéter un certains nombres de personnes. Ainsi, 43% des questionnés estiment que « les choses sont bien comme elles sont aujourd'hui » tandis que 32% proclament qu'il faut « aller plus loin ». 16% considèrent « qu'on est allé trop loin ». Encore une fois, l'âge a son importance puisque 40% des Français prônant l'innovation ont moins de 25 ans. Dans un autre registre, 48% des personnes désirant le statu quo ont des enfants.

Les freins à l'envie d'innovation sont nombreux - la question de la vie privée revient encore une fois - mais l'une des principales tendances tourne autour de l'éducation et de l'information autour des technologies numériques. En effet, pour 80% des Français, il faudrait mettre en place une véritable éducation aux sciences numériques dans les écoles, et à 89% l'encadrement de l'utilisation d'Internet par les jeunes. Enfin, à 83%, il faudrait permettre un accès aux technologies numériques à « tout le monde » : sans doute une méthode efficace de convaincre ou de rassurer les plus perplexes, mais en pratique difficile à réaliser de prime abord.

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On notera enfin la persistance du clivage entre les différentes tranches d'âge quand il s'agit de s'informer sur les technologies numériques. 85% des 14-17 ans s'estiment bien informés à ce sujet, contre 77% des 25-34 ans, 48% des 50-64 ans et 33% des 65 ans et plus. Un constat qui entraîne un manque d'information chez certaines personnes : ainsi, 50% des personnes interrogées pensent que jamais les objets ne pourront communiquer entre eux par Internet, et 25% pensent qu'un chirurgien ne pourra jamais opérer de patients à distance, deux faits qui font pourtant partie de la réalité depuis de nombreuses années. A l'inverse, 1% du panel pense que l'on peut déjà se téléporter.

Le numérique : oui, mais...

Très dense, l'étude réalisée par TNS et l'Inria est également nuancée et met en avant une acceptation majoritaire des technologies numériques par les Français, qui sont cependant alertes par rapport aux contraintes et aux dangers associés à ces dernières, et ce quelle que soit la tranche d'âge. Reste que ce point est tout de même capital sur de nombreux points, à commencer par l'acceptation des nouvelles technologies au quotidien : même si ces dernières sont indéniablement rentrées dans la vie des Français, les seniors ne soit majoritairement pas intéressés, voire les rejette. C'est également la tranche de la population la moins informée, ce qui est sans doute un élément à prendre en compte. Enfin, les revenus sont également un élément important à prendre en compte, car ils freinent l'accès aux technologies aux personnes ayant des petits moyens, d'où une demande d'ouverture plus large de ces technologies au plus grand nombre.

TNS et l'Inria mettra à jour cette étude fin 2012 pour cerner l'évolution de ces différentes tendances auprès de la population française. En attendant, l'étude complète est disponible sur le site de l'Inria, et il est également possible de réaliser un test en ligne pour déterminer son appartenance à l'un des profils.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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