Audrey Oeillet

Journaliste mais geekette avant tout, je m'intéresse aussi bien à la dernière tablette innovante qu'aux réseaux sociaux, aux offres mobiles, aux périphériques gamers ou encore aux livres électroniques, sans oublier les gadgets et autres actualités insolites liées à l'univers du hi-tech. Et comme il n'y a pas que les z'Internets dans la vie, j'aime aussi les jeux vidéo, les comics, la littérature SF, les séries télé et les chats. Et les poneys, évidemment.

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Largement médiatisé à l'été 2016, le TEB, un bus en forme de pont destiné à circuler au-dessus des voitures, ne verra jamais le jour. De nombreux investisseurs cherchent désormais à récupérer leur argent. Mise à jour : Cette fois, ce sont les autorités qui le confirment, le Transit Elevated Bus ne sera pas lancé, et il s'agirait, de surcroît d'une arnaque. Par voie de communiqué, la police chinoise annonce qu'une enquête a été ouverte pour collecte de fonds illégale. Plusieurs personnes liées à la plateforme de financement, Huaying Kailai, dont le créateur du TEB, ont été arrêtées. Jusqu'ici, 72 investisseurs ont porté plainte. Publication initiale du 05/09/2016 : Régler les problèmes de trafic engorgé en Chine à l'aide d'un bus capable de circuler au-dessus des voitures, telle était la promesse de TEB Tech, qui avait présenté en mai dernier son TEB-1 (pour Transit Elevated Bus) à l'occasion du China Beijing International High-Tech Expo. Initialement dévoilé sous la forme d'une maquette, le véhicule de transport, à mi-chemin entre le tramway et le bus, s'est illustré par un imposant prototype testé début août à à Qinhuangdao, dans la province de Hebei. Le développement rapide du projet n'a pas empêché de multiples observateurs de se poser des questions quant à la viabilité d'un tel moyen de transport, en particulier au cœur d'un trafic aussi chargé - et souvent chaotique - que celui des villes chinoises. Entre les interrogations concernant l’aménagement des voies et celles liées à la gestion du trafic routier, le projet a rapidement pris du plomb dans l'aile durant le mois d'août, alors que les médias de l'Etat chinois ont commencé à qualifier le projet d'arnaque >>, et que les autorités de Qinhuangdao ont désavoué la démarche, indiquant ne pas être au courant de la vague de tests en cours. Par ailleurs, les personnes ayant vu le prototype en fonctionnement s'inquiètent de sa stabilité. Un onéreux coup de pub ? Entre confusion et accusation d'escroquerie, les investisseurs chinois veulent désormais récupérer leur argent. Car le TEB-1, comme bien d'autres projets financés en Chine ces dernières années, a été en grande partie payé par des particuliers espérant un retour sur investissement rapide et important. Pour le financement du TEB-1, la rémunération était estimée à 12% par la firme à l'origine du projet. Mais Bloomberg expliquait à la fin du mois d'août que cette entreprise était détenue à 90% par le promoteur immobilier Bai Zhiming, coutumier de l'utilisation des plateformes de financement en peer-to-peer. Le projet de TEB a récolté 26 millions de dollars l'année dernière, mais maintenant que sa viabilité est remise en question, plusieurs centaines d'investisseurs réclament le remboursement de leur argent. La démarche pourrait s'avérer compliquée, voire sans issue. L'an dernier, le gouvernement chinois avait lui-même mis en garde la population contre ce type d'investissements, après une multiplication de plateformes frauduleuses : la plus tristement célèbre d'entre elles, Ezubo, aurait fraudé plus de 900..000 personnes l'année dernière, pour une somme totale avoisinant les 7,6 milliards de dollars.
04/07/2017 | Automobile
Et c'est reparti pour un tour ! Une arnaque, vieille de plusieurs mois, refait à nouveau surface sur Facebook. La recette est toujours la même : en échange d’une > inscription, un bon d’achat de 500 euros dans les magasins Carrefour. Mise à jour du 19/06/17 : Vous êtes très nombreux, depuis plusieurs jours, à consulter cette actualité. Et pour cause : l'arnaque du bon d'achat Carrefour marque son grand retour sur Facebook en ce moment ! Un Grand classique qui circule depuis des années, et dont le principe n'a pas changé mais gagne aussi le téléphone puisqu'il fait partie des arnaques téléphoniques répertoriées par certains internautes. Au risque de vous décevoir, il n'est toujours pas possible de gagner un bon d'achat de 500 euros en cliquant sur un simple lien. Pour vous informer de cette escroquerie et des risques associés, nous remontons cette actualité. La version 2016 de l'arnaque au bon d'achat Carrefour Comme souvent, c’est trop beau pour être vrai : sur Facebook, un lien circule, promettant un bon-cadeau pour Carrefour >> d’une valeur de 500 euros. Pour l’obtenir, rien de plus simple a priori : il suffit de cliquer sur le lien partagé par les membres du réseau social. Seulement, une fois le lien visité, l’internaute donne son accord pour partager l’information sur son mur Facebook, ouvrant ainsi la porte à une arrivée massive de spams sur ce dernier, permettant à l’escroquerie et autres arnaques du même type de se propager. La version 2015 de l'arnaque au bon d'achat Carrefour Le lien renvoie actuellement sur l'adresse com-claimprizes.com/carrefour/ qui demande à l'internaute de répondre à un sondage dans l'optique de réclamer son bon d'achat. Après avoir répondu à trois questions totalement bateau, le site génère une page de validation, qui demande alors à l'internaute piégé de partager la publication sur Facebook pour récupérer son gain. De faux commentaires d'utilisateurs apparaissent en bas de page, dans le but de crédibiliser l'ensemble. Mais il ne faut pas tomber dans le panneau : il s'agit d'une escroquerie, qui est loin d'être nouvelle sur le réseau social. De faux commentaires cherchent à crédibiliser l'arnaque. De multiples déclinaisons depuis plusieurs années La perspective de gagner un bon d'achat Carrefour via Facebook n'est pas une nouveauté. Pour preuve, nous en parlions déjà en janvier 2014. A l'époque, c'est un bon d'achat de 200 euros qui était promis aux internautes. La version 2014 de l'arnaque au bon d'achat Carrefour Orchestrée via un site nommé voucher-campaign.com, le lien renvoyait vers un autre domaine, carrefour5.eu, qui n’avait rien d’officiel et n’avait aucun rapport avec les supermarchés du même nom. Sur sa propre page Facebook, l’entreprise avait d’ailleurs mis les internautes en garde contre cette arnaque le 27 janvier 2014. L'arnaque n'est donc pas nouvelle, et évolue au fil des mois et des années pour se rendre de plus en plus crédible. Néanmoins, ne tombez pas dans le panneau : vous ne recevrez aucun bon d'achat en répondant à un simple questionnaire. Par contre, en vous laissant piéger, vous donnez aux créateurs de ces arnaques un accès à vos informations Facebook, tout en contribuant à propager l'escroquerie sur les réseaux sociaux.
19/06/2017 | Facebook
Si votre smartphone Android est trop lent, rencontre des difficultés logicielles ou encore si vous comptez prochainement le revendre, alors vous aurez probablement besoin de le réinitialiser pour un retour aux paramètres d'usines. La démarche est lourde de conséquences pour les données que le terminal contient, mais elle s'avère cependant assez simple à mettre en oeuvre. Réinitialiser son smartphone Android aux paramètres d'usine permet de retrouver un terminal vierge de toute donnée personnelle. Si cette démarche efface absolument tout, elle permet bien souvent de régler des problèmes qui seraient liés à une application ou une modification effectuée auparavant par l'utilisateur. Elle s'avère également incontournable si vous comptez vendre votre terminal. Désynchroniser ses comptes Commencez tout d'abord par effacer les comptes enregistrés sur votre téléphone. On trouve le compte Google de l'utilisateur, qui synchronise tous les services de l'entreprise (mails, documents, agenda, etc.), mais également les comptes associés aux différentes applications qui fonctionnent sur le smartphone. Selon votre version d'Android et la surcouche logicielle, les menus sont peut-être un peu différents, mais le chemin est le même : il faut se rendre dans Paramètres, puis Comptes, et ensuite supprimer manuellement chaque compte. Réinitialiser la configuration d'usine Une fois les comptes effacés et vos données personnelles sauvegardées ailleurs que sur le smartphone - vos photos, vidéos, et autres SMS seront définitivement supprimés - il faut désormais activer la réinitialisation. Rendez-vous dans Paramètres > Paramètres avancés > Sauvegarde & réinitialisation (les menus sont généralement situés tout en bas dans les paramètres). Vous trouverez ensuite une option Restaurer les valeurs d'usine. Le menu vous rappelle qu'il s'agit là d'un point de non-retour et que tout sera effacé lorsque vous sélectionnerez Réinitialiser le téléphone. Le terminal va alors mettre plusieurs minutes à tout effacer et à redémarrer. Lors de son nouvel allumage, vous constaterez alors qu'il n'y a plus rien de vos comptes et qu'il faut tout paramétrer à nouveau : c'est la preuve que la démarche s'est correctement déroulée. Voir aussi : [article:816595] [article:816601]
17/11/2016 | Smartphone Android
Sur un smartphone Android, il arrive qu'une application se bloque ou plante, mais reste tout de même active dans le système. Pour forcer la fermeture d'une application et la redémarrer, il existe des astuces simples. Tout utilisateur d'un terminal sous Android s'est déjà retrouvé confronté à une application qui plante et dont le plantage peut avoir différentes conséquences, jusqu'au blocage du téléphone. Voici quelques astuces qui permettent de régler ce type de souci au cas par cas. Forcer le redémarrage du téléphone La situation la plus embêtante durant le plantage d'une application, c'est celle où tout le téléphone est bloqué, par exemple sur un écran noir. Pour régler le souci, appuyez sur le bouton Marche/Arrêt de votre téléphone pendant une durée de 10 à 30 secondes, pour forcer le redémarrage. Vous pouvez aussi enlever la batterie du téléphone et la remettre, si vous y avez toujours accès - c'est de moins en moins le cas avec les coques verrouillées. Forcer l'arrêt de l'application Si, pour une raison ou une autre, vos avez besoin de forcer l'arrêt d'une application qui serait bloquée en arrière-plan, rendez-vous dans la partie Paramètres du téléphone, puis dans le menu Applications. Il suffit ensuite de sélectionner l'application qui pose problème, et de choisir l'option Forcer l'arrêt. Vous pouvez ensuite immédiatement la redémarrer au besoin en passant par le menu habituel. La manipulation en vidéo Voir aussi : notre guide d'achat des smartphones à moins de 250 euros
10/11/2016 | Tutoriels
Connue au départ sous le nom de code Neo, la PS4 nouvelle génération se nomme finalement PS4 Pro. Au programme, une définition Ultra HD, la prise en charge du HDR ou encore l'amélioration des performances en réalité virtuelle. Mise à jour : la PlayStation 4 Pro est disponible. La seule réelle surprise de cette PS4 améliorée est finalement son nom : PS4 Pro. Un choix curieux pour une console qui suit un chemin extrêmement similaire à celui de Microsoft avec sa Xbox One S : la PS4 Pro prend en charge l'Ultra HD 4K, le HDR et dispose d'un processeur plus puissant qui promet de rendre plus belle l'expérience en réalité virtuelle via le PlayStation VR, disponible dans le commerce. Il a par contre été confirmé, après la conférence, que la console ne lit pas les Blu-ray Ultra HD. Voir [actu:815662] Dans sa conférence, Sony a réalisé une série de démonstrations mettant en valeur l'Ultra HD et le HDR, une ritournelle qui commence à être bien connue. Sans aller jusqu'à dire que Sony n'avait rien à apprendre et pas grand-chose pour surprendre son auditoire, l'annonce était tellement attendue que l'entreprise aurait très probablement déçu si elle avait proposé moins. Les démos présentées sur scène, notamment ce qui concerne la réalité virtuelle, montrent effectivement une amélioration notable en termes de graphismes et de framerate par rapport à ce qu'il nous a été possible d'expérimenter jusque-là avec le PlayStation VR et une PS4 classique. Néanmoins, mieux vaut attendre de pouvoir juger sur pièce pour déterminer la qualité finale qui sera proposée aux joueurs qui opteront pour une PS4 Pro. Pour ce qui est du rendu de jeux comme Horizon : Zero Dawn, qui bénéficiera à sa sortie d'une compatibilité HDR, il s'annonce très bon. Sony assure que sa volonté, en proposant la Pro en marge de la PS4 de base, est de garder une communauté unifiée : les jeux seront les mêmes sur les deux consoles et les joueurs auront le choix entre investir dans une PS4 Slim ou une PS4 Pro sans que cela n'ait d'impact sur leur collection de jeux - encore une fois, exactement comme Microsoft avec la Xbox One et la Xbox One S. Spécifications de la PlayStation 4 Pro (CUH-7000 Series) *Processeur : CPU x86-64 AMD Jaguar, 8 coeurs / GPU 4.20 TFLOPS, AMD Radeon *Mémoire :8 Go GDDR5 *Espace de stockage : 1 To *Dimensions externes : 295 x 55 x 327 mm *Poids : environ 3,3 kg *Lecteur de DVD/Blu-ray *Connectiques : USB 3.1 x 3 / AUX x 1 / Ethernet (10Base-T, A00Base-TX, 1000Base-T) x 1 / IEEE 802.11 a/b/g/n/ac / Bluetooth 4.0 LE / sortie HDMI (support 4K/HDR) / sortie optique La seule vraie différence entre les deux stratégies, c'est que la PS4 Pro aura un atout pour les joueurs qui ne disposent pas de téléviseur 4K à partir du moment où ils comptent acheter le casque PSVR pour bénéficier de la réalité virtuelle, dans la mesure où la PS4 Pro est présentée comme étant plus performante. Par ailleurs, une mise à jour des PS4 standards permettra, dès la semaine prochaine, de les rendre compatible avec le HDR. La PS4 Pro est disponible à partir du 10 novembre au prix de 399 euros avec un disque dur de 1 To. Elle remplace donc, ni plus ni moins, le modèle standard qui était jusque-là proposé à ce tarif.
10/11/2016 | Consoles de jeux
Voyager dans le temps est l'un des plus grands fantasmes de la science-fiction, que l'on parle de littérature, de cinéma ou encore de bande-dessinée. Si la plupart des théories avancées dans la fiction ne sont pas crédibles, la science, et plus particulièrement la physique, tend à montrer que voyager dans le temps fait partie du domaine du possible. Mais en pratique, la démarche s'avère bien plus réalisable... Notre série Science et Fiction s’intéresse aux prouesses technologiques aperçues dans le cinéma, à la télévision ou dans la littérature, et se questionne sur le positionnement, possible ou non, dans la réalité. H.G. Wells, déjà à l'origine de L'Homme Invisible, a écrit La Machine à explorer le temps en 1895. Dans ce roman fantastique, un voyageur du temps, coincé en l'an 802..701 sur une Terre d'apparence paradisiaque, part à la recherche de sa machine à voyager dans le temps dans des souterrains habités par des créatures peu amicales. L'intrigue, que Wells a mis de nombreuses années à peaufiner, tient plus de la critique de l'époque victorienne que d'un véritable roman de science-fiction, et les détails concernant la manière dont le voyageur temporel se déplace à travers les époques ne sont que très vagues. Mais l'idée est là, et elle va se développer par la suite à travers des dizaines d’œuvres de tous types. L'une des plus célèbres est bien évidemment Retour vers le Futur, trilogie cinématographique dans laquelle un savant aussi génial que déjanté, Emmett Brown, parvient à transformer une DeLorean en machine à voyager dans le temps. La voiture est équipée d'un convecteur temporel alimenté au plutonium. Lorsque la voiture franchit la vitesse des 88 miles par heure, elle peut voyager dans le temps... Le film balance quelques explications scientifiques, mais là encore, la technique utilisée n'est rien d'autre qu'une invitation à l'aventure. Du côté des comics, on peut citer Flash, super héros de DC Comics capable de voyager dans le temps mais également dans les dimensions alternatives en faisant vibrer les molécules de son corps à des fréquences spécifiques. Récemment, la question du voyage dans le temps, abordée de façon scientifique, a été mise en scène dans le film Interstellar, de Christopher Nolan. Dans le film, les personnages évoquent fréquemment les trous de ver, qui formeraient un raccourci dans l'espace-temps, un endroit où une dimension se plie et où il serait donc possible de voyager très rapidement d'un point A à un point B. Mais l'histoire mise en scène dans le film est purement fictionnelle, puisque les trous de ver sont, à l'heure actuelle, totalement théorique : leur existence a été suggérée en 1935 par Nathan Rosen et Albert Einstein, sans pour autant être prouvée par la suite, malgré de très nombreuses recherches durant les dernières décennies. Les trous de ver sont présents dans de nombreuses oeuvres de fiction : c'est un peu un deus ex machina du voyage dans le temps, un moyen de justifier avec une explication scientifique qui reste aujourd'hui théorique que des personnages passent d'une époque à l'autre. Le trou de ver est ainsi au coeur de l'intrigue de la bande dessinée Universal War One, dans le film Donnie Darko, dans Stargate ou encore dans Star Trek. Si le trou de ver n'est pas toujours associé au voyage temporel, il est l'occasion de voyager dans des dimensions alternatives, comme dans Sliders ou dans Fringe et fait tout de même largement partie du folklore. On passe, bien évidemment, sur la multitude d’œuvres qui évoquent autrement le voyage dans le temps, qu'il s'agisse du franchouillard Les Visiteurs ou de L'Armée des 12 Singes de Terry Gilliam, inspiré du court-métrage La Jetée, de Chris Marker. La liste est immense, mais de façon générale, on a rarement une ébauche des possibilités réelles de voyage temporel. Certains scientifiques se sont pourtant penchés sur la question, mais la réponse va probablement décevoir ceux qui aimeraient aller jeter un petit coup d'oeil dans le futur ou dans le passé...
Après moult rebondissements, Final Fantasy XV sortira enfin sur PS4 et Xbox One le 29 novembre prochain. Hajime Tabata, le réalisateur du jeu, était présent à Paris à l’occasion de la Paris Games Week. Nous avons pu le rencontrer pour lui poser nos questions. Démarré il y a 10 ans, le développement de Final Fantasy Versus XIII s’est finalement transformé en Final Fantasy XV avec l’arrivée de la génération actuelle de consoles. Hajime Tabata est alors devenu coréalisateur, puis réalisateur exclusif du jeu. Connu pour son travail sur Crisis Core : Final Fantasy VII, The 3rd Birthday ou encore Final Fantasy Type-0, Tabata-san tient, avec Final Fantasy XV, son projet chantier sur la trame principale de la franchise de Square Enix. Un travail qui n’a pas été de tout repos ! A un mois de la sortie de Final Fantasy XV, où en est le développement ? Ça y est c’est officiel, j’ai le Gold, le développement du jeu est terminé. La dernière fois que je suis venu à la Paris Games Week il y a deux ans, j’avais promis que le jeu serait terminé lorsque j’y reviendrais, c’était un effet un peu dramatique. Mais au final, je suis heureux d’avoir pu tenir ma promesse. Comment avez-vous pris les retours de la communauté de fans suite au dernier report du jeu, en août dernier ? Ça a été assez compliqué émotionnellement. Les fans qui nous disaient >, c’était un crève-cœur. Il fallait absolument leur faire comprendre que ces deux mois étaient très importants, et que ça allait vraiment changer de manière intrinsèque la qualité du jeu. Je me suis vraiment senti désolé, j’avais envie de dire pardon aux fans, mais le fait de sortir le jeu plus vite pour que les fans puissent y jouer deux mois plus tôt, en jugeant de notre côté que le jeu n’était pas terminé, ça aurait été pour moi une véritable trahison vis-à-vis des joueurs qui attendent Final Fantasy XV depuis longtemps. J’ai donc pris la décision de livrer plus tard quelque chose de satisfaisant. Comment a été vécue dans le développement la pression des fans ? Pour tout vous avouer, j’ai ressenti la pression, mais mes équipes aussi la ressentaient. A chaque fois qu’on tentait de nouvelles approches ou qu’on pensait avoir terminé une partie du jeu, on se demandait si c’était vraiment fini et si on allait bien répondre aux attentes des gens qui sont là depuis autant de temps. C’était une manière de réfléchir tout à fait nouvelle pour nous. Pour moi il y avait aussi une forme de défi, puisque que c’est mon premier Final Fantasy numéroté, ce n’est pas un spin-off comme Type-0. Je voulais apporter des choses nouvelles, personnelles. Malgré tout, j’ai voulu m’entourer des équipes historiques de la franchise. C’est ce mélange de ces différentes expériences qui fait de Final Fantasy XV ce qu’il est aujourd’hui. Donc, malgré le fait que vous soyez arrivé à la tête du projet en cours de route, ça ne vous a pas freiné dans vos envies créatrices ? Pas du tout ! Je suis arrivé à un moment charnière du développement du jeu, c’est-à-dire au moment où on abandonnait Versus XIII et qu’on changeait de consoles pour passer à la génération suivante. Ma mission a consisté à garder ce qu’il y avait à garder sur Final Fantasy Versus XIII, mais surtout de refaire un Final Fantasy XV quasiment à partir de zéro. Au final, c’est un jeu qui est réellement différent : je ne suis pas arrivé au milieu de quelque chose puisque mon travail a justement été de refaire quelque chose. Quelles ont été les principales différences pour vous entre le développement de Final Fantasy Type-0 et Final Fantasy XV ? La principale différence est liée à la responsabilité à l’intérieur de la société. Avec un Final Fantasy numéroté, vous avez entre les mains le mur porteur de l’année fiscale de Square Enix. Avec un spin-off, c’est beaucoup moins le cas. En interne, la pression est complètement différente : pour un spin-off, on vous demande de finir le développement au moment prévu, tandis qu’avec un épisode numéroté, vous avez le bilan comptable de l’entreprise entre les mains. Ç'a été ma première expérience de ce type : quand vous développez ce type de jeux, tout le monde vous regarde, les responsables du studio, les fans, mais aussi l’industrie au complet. La franchise Final Fantasy est toujours un exemple pour l’industrie japonaise, et quand c’est le premier que vous faites, vous ressentez encore plus de pression. Depuis le début du développement de FFXV, énormément de RPG occidentaux sont sortis, il a eu les The Witcher, la trilogie Mass Effect, les Dragon Age… on a aussi vu revenir en force le RPG old-school avec des titres comme Pillars of Eternity, par exemple. Quel est le regard des développeurs de Square sur ce type de jeux ? On s’en inspire autant qu’on cherche à s’en démarquer. On ne s’interdit pas de regarder ce que font les autres. Sans vouloir les copier, on joue beaucoup à ce que font les autres studios et on est forcément influencé d’une manière ou d’une autre. Chez Square Enix, on a nos propres recettes et on sait ce qu’on propose, mais on ne va pas s’empêcher d’évoluer parce que les goûts des gens évoluent, les technologies aussi. Le développement de Final Fantasy XV a été différent de ce qu’on faisait avant car il a fallu évoluer avec l’époque actuelle. Personnellement, je voulais que le jeu soit disponible partout en même temps, car bien que ça reste un RPG développé par un studio japonais, Final Fantasy est une franchise mondiale aujourd’hui. Par ailleurs, on ne s’interdit rien en matière de développement. Pour ce jeu, on a cherché à nous entourer des meilleurs. Au lieu de se dire on va copier ça parce que c’est bien >>, on va embaucher la personne qui l’a développé. Parmi nos développeurs, on a l’un des directeurs techniques de The Last of Us. On a aussi embauché un développeur de Dragon Age… on cherche à se mettre au goût jour en nous entourant de talents. Pour l’anecdote, le chef de notre équipe technologique est français ! Une mécanique de jeu comme celle des dialogues à choix multiples qui influencent l’histoire, c’est quelque chose qui aurait sa place dans un Final Fantasy ? Nous pensons un Final Fantasy comme une histoire qui a un début et une fin, on s’est concentré sur une seule et unique fin qu’on a tâché de rendre très émouvante, et on espère qu’elle touchera un maximum de joueurs. Moi j’aime bien cette possibilité de dialogues à choix multiples, donc on en a intégré un peu dans Final Fantasy XV pour que le joueur puisse exprimer son opinion, mais ça n’a pas d’influence sur la manière dont se déroule le scénario. En tout, le projet Final Fantasy aura été en développement pendant 10 ans. Et forcément on se pose des questions quant à la viabilité du développement et de la rentabilité d’un jeu développé durant autant de temps. Est-ce qu’on ne doit pas craindre d’être arrivé aux limites de ce type de projets très exigeants ? Verra-t-on des Final Fantasy XVI, XVII… ? Je comprends ce que vous voulez dire. Mais même si Final Fantasy XV est un gros jeu, si vous le comparez à d’autres jeux AAA occidentaux, ce n’est pas un projet aussi énorme que ça. Je pense que de nombreux jeux AAA coûtent bien plus cher à développer que FFXV. L’équipe de développement a été d’environ 200 personnes pendant toute la durée du travail, ce qui n’est pas particulièrement exceptionnel. On était également environ 200 pour les précédents Final Fantasy. Effectivement, vous parlez de 10 ans de développement mais ça englobe le développement de Final Fantasy Versus XIII, qui a donc été annulé et quasiment entièrement repris de zéro pour Final Fantasy XV. Ce qui fait que, concrètement, FFXV n’a été en développement que pendant 4 ans. Ça n’a pas été un jeu si cher au final ! Vous vous faites du souci pour nous ? Je m’en fais un peu pour vous, pour l’industrie, et pour les fans de Final Fantasy ! Vous avez peur que le marché se rétrécisse ? Je constate surtout que depuis une dizaine d’années, beaucoup de remake et adaptations de vieux Final Fantasy sont sortis chez Square Enix. Je m’inquiète surtout de voir de moins en moins de réelles nouveautés arriver avec des projets qui restent en développement durant autant de temps. Et pour les fans, c’est difficile de comprendre qu’en réalité FFXV n’est pas en développement depuis dix ans. Je comprends bien. La réalité c’est que Versus XIII était trop ambitieux et qu’on a décidé de revenir sur nos projets. On a conscience d’avoir fait des erreurs, mais ça ne fait pas 10 ans qu’on ne fait rien, on a rectifié le tir, on a rafraîchi nos idées, développé de nouvelles choses… Vous allez jouer à FFXV ? Bien sûr, depuis le temps que j’attends de voir le résultat ! Je pense que vous allez finir le jeu, vous allez vous dire j’ai bien fait d’attendre ! >> Merci Tabata-san !
27/10/2016 | Jeux vidéo
De Retour vers le Futur II au Cinquième élément, en passant par une myriade de représentations dans différents supports, la voiture volante fait partie des images les plus utilisées lorsqu'il s'agit d'illustrer le futur. Mais malgré des décennies de fantasme, elle reste absente de notre quotidien, et les premiers prototypes concrets sont plutôt décevants. Peut-on espérer davantage ? Notre série Science et Fiction s’intéresse aux prouesses technologiques aperçues dans le cinéma, à la télévision ou dans la littérature, et se questionne sur le positionnement, possible ou non, dans la réalité. Les voitures volantes que l'on peut voir dans Le Cinquième élément, de Luc Besson, sorti en 1997, s'inspirent directement de celles que l'on peut voir dans l'album de la BD Valérian, Les Cercles du pouvoir, sorti en 1994. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard, puisque Jean-Claude Mézière, le dessinateur de la série, a participé à la production du film. Mais si les voitures volantes de Besson sont emblématiques, elles sont loin d'être les seules, notamment au cinéma : Blade Runner en 1982, Retour vers le Futur 2 en 1989, Repo Man en 1984, Judge Dredd en 1994... La liste est très longue. Dans la plupart des cas, la voiture volante telle que l'imagine la science-fiction est sensiblement la même : il s'agit d'un véhicule à l'esthétique arrondie tout en étant proche de celle d'une voiture roulante. Si son mode de propulsion est rarement détaillé, elle a toujours tendance à s'élever à la verticale d'une manière très fluide. Elle monte plus ou moins haut et circule comme une voiture normale, dans les airs, avec une conduite qui diffère à peine. Plus rapide, la voiture volante est également un moyen d'éviter les bouchons et d'élever symboliquement le héros... Dans la réalité, la voiture volante est très différente... car elle existe bel et bien, sous la forme de concepts et de prototypes qui volent depuis des années. Cependant, de là à imaginer voir un jour ce type de véhicule sur les >, avec les homologations nécessaires, il y a un pas qui ne sera vraisemblablement pas franchi de sitôt. En page suivante, nous vous proposons de découvrir certaines des voitures volantes les plus prometteuses, mais également les limites de la science-fiction qui rendent la réalité parfois bien décevante ! Une voiture volante, c'est quoi ? Les prototypes et concepts de voitures volantes sont plus nombreux qu'on pourrait le croire... Seulement, lorsqu'on les découvre, on se rend compte que la définition de ce qu'est une voiture volante est finalement très large (voir : La voiture volante, un fantasme bientôt réalité ?). Si l'on prend l'exemple du Transition, développé par l'entreprise Terrafugia, on se retrouve avec davantage un petit avion aux ailes pliables qu'une voiture. Le Transition apporte un nouveau niveau de liberté, de flexibilité et de plaisir à l'aviation personnelle, en combinant la conduite et le vol dans un véhicule à la pointe >> explique le site de Terrafugia. Etre capable de rouler et de conduire résout non seulement le problème du dernier kilomètre, mais évite aux intempéries d'être un frein au voyage. >> Le Transition roule avec la même essence qu'une voiture normale, on peut donc aller faire son plein à la station-service avant de décoller. Mais à la théorie vient se rattacher une pratique un peu plus complexe : s'il suffit de déplier les ailes pour passer en mode avion, il faut disposer d'une véritable piste de décollage pour s'envoler dans les airs. C'est assez compliqué à avoir sous la main. Par ailleurs, bien que les concepteurs du véhicule aient fait en sorte que sa largeur ne dépasse pas celle d'une voiture standard, sa longueur est quant à elle imposante. On se voit assez mal garer le Transition sur un parking avant d'aller faire ses courses. S'il est bien présenté comme un hybride de voiture et d'avion, le Transition est loin de la vision futuriste que l'on a de la voiture volante. Toujours en développement depuis 2010, il aurait cependant déjà été précommandés plusieurs dizaines de fois autour de 155..000 euros. Des modèles aussi déroutants que le Transition, il y en a à la pelle : on peut citer l'Aeromobil, de l'ingénieur slovaque Stefan Klein, qui peut, comme le Transition, rouler normalement sur une route et voir ses ailes se déplier pour s'envoler depuis une piste de décollage. L'entreprise strasbourgeoise Vaylon mise quant à elle sur le parapente accroché à un buggy léger, propulsé dans les airs par une hélice : il s'agit du Pégase, classé dans la catégorie des ULM avec une double homologation aéro/route. De son côté, le PAL-V Flying Car est un véhicule doté d'une hélice dépliable qui le fait ressembler à un petit hélicoptère, et qui est capable de rouler et de voler à 180 km/h, le tout avec une autonomie de 1..200 km. Mais ces différents exemples ont tous un point commun : il faut disposer de plusieurs dizaines, voire centaines de mètres pour permettre à ses véhicules de décoller. La propulsion verticale telle qu'on la voit dans les films semble donc bien loin.
Avec la sortie en salle ce mercredi de Doctor Strange, le nouveau film du studio Marvel, nous nous sommes rendus à Londres pour rencontrer et discuter avec une partie de l’équipe. L’occasion d’évoquer un super héros mystique, et la mise en scène très réussie du long métrage. Un rendez-vous avec Benedict Cumberbatch (Doctor Strange), Mads Mikkelsen (Kaecilius), Benedict Wong (Wong) et le réalisateur Scott Derrickson, ça ne se refuse pas, d’autant que Doctor Strange, le nouveau film du studio Marvel, s’avère parfaitement réussi. Et même si le personnage créé en 1963 par Stan Lee et Steve Ditko avait énormément de potentiel à la base, il nécessitait un évident dépoussiérage pour être remis au goût du jour. Mission accomplie, malgré une polémique liée au remplacement de personnages asiatiques par des acteurs occidentaux. Ce sont quelques-uns des thèmes que nous avons pu aborder avec l’équipe du film. Morceaux choisis ! « Petit, je lisais Astérix et Obélix » La question coule de source : le casting lisait-il des comics avant de jouer dans Doctor Strange ? La réponse est quasi-unanime : oui ! J’ai toujours été un grand lecteur de comics >> explique Mads Mikkelsen, l’interprète de Keacilius, l’un des bad guys du film. Quand je n’étais pas à l’école, j’avais le nez plongé dedans, qu'il s'agisse de BD américaines ou européennes, l’œuvre de Will Eisner… Les films Marvel me replongent dans les lectures de mon adolescence, j’adore ça. >> L’acteur avoue également être un grand fan de Spider-Man : J’aurais bien aimé incarner Peter Parker à l’écran, mais maintenant c’est un peu tard >> plaisante-t-il. Spider-Man, un personnage qui a également bercé la jeunesse de Benedict Wong, qui incarne Wong, le bibliothécaire pas comme les autres : Quand j’étais enfant, je collectionnais les comics de Spider-man, j’ai de très belles pièces dans ma collection et j’en suis très fier. Ceux que je ne pouvais pas acheter, j’allais les lire chez les libraires. Je trouve ça génial que quelque chose que vous adoriez quand vous étiez enfant revient à l’âge adulte. Vous regardez autour de vous et vous êtes entouré de nostalgie. C’est exactement ce qui m’arrive aujourd’hui. >> Scott Derrickson, le réalisateur du film, est lui aussi dans la même situation : J’ai commencé à en lire quand j’avais 7 ans. Mon père est rentré un jour avec une énorme boite pleine de centaines de comics qu’il avait trouvés et qu'il avait décidé de ramener à la maison. J’ai commencé à en lire beaucoup à cette époque. J’ai continué à en lire à l’âge adulte et j’adore la manière dont cette culture continue d’évoluer perpétuellement. Aujourd’hui, je lis des comics avec mes enfants, notamment les histoires de Usagi Yojimbo, et bien évidemment je me suis plongé dans l’œuvre autour de Doctor Strange, qui est globalement très bonne. >> A côté de ses compagnons, Benedict Cumberbatch ferait presque office de mauvais élève, mais vu ses goûts, on lui pardonne : Quand j’étais jeune, je n’étais pas particulièrement fan de comics. Je lisais plutôt des BD comme Astérix et Obélix. J’ai commencé à m’y intéresser avec l’arrivée des adaptations ciné. J’ai nourri une véritable obsession pour le Batman de Tim Burton, j’avais un tee-shirt du film, je collectionnais ce que je trouvais… c’est un film iconique avec des performances très marquantes, et ça a été ma porte d’entrée dans l’univers des comics. >> Un tournage intense Le tournage de Doctor Strange a nécessité des semaines d’entraînement pour les acteurs, qui ont dû apprendre des mouvements de kung-fu, des chorégraphies périlleuses, ou encore la méditation. J’ai essayé de méditer plusieurs fois, je luttais pour ne pas m’endormir, ça n’avait donc pas le bon effet sur moi ! Je me suis donc concentré sur le sport, ce qui était l’opposé total de la méditation >> explique Mads Mikkelsen. Pour Benedict Cumberbatch, qui pratique la méditation depuis l’âge de 19 ans, l’un des gros défis était de comprendre ce qui se passait durant le tournage de scènes de combat où le décor est censé se tourner et se plier grâce aux pouvoirs mystiques des magiciens. Sur le tournage, il y avait énormément de gens présents pour nous aider à appréhender ce qu’on ne pouvait pas voir, mais l’équipe des effets spéciaux était également énorme pour concevoir tous les effets qui construisent le monde. C’était difficile de se rendre compte du résultat durant le tournage mais c’est visuellement époustouflant. >> Mads Mikkelsen ajoute Pour les chorégraphies des combats, les cascades, nous étions toujours très entourés donc ça n’était pas dangereux pour nous, mais il y a avait tout de même des mouvements périlleux et délicats. Nous avions beaucoup de répétitions pour nous assurer que nous ne faisions rien de travers. Nous étions très observés pour ne pas faire d’erreur. >> Le tournage du film a été très intense pour les acteurs impliqués dans les combats, mais pas seulement. Benedict Cumberbatch se souvient du tournage d’une scène importante, impliquant un accident de voiture. C’était dingue. Une partie du tournage s’est déroulé dans une moitié de Lamborghini reliée à un bras mécanique pour simuler des tonneaux, et ensuite immergée dans l’eau froide en pleine nuit, il devait être 4 heures du matin. J’étais en smoking dans la voiture, couvert de faux sang… là je me suis dit, "c’est dingue de faire ça pour gagner sa vie !" >> plaisante l’acteur. J’ai découvert le résultat final lors de l’avant-première à Los Angeles, et j’ai eu un choc. J’ai eu beau me dire que c’est moi qui incarnait un personnage, c’est quand même spectaculaire niveau réalisme. >> Mais le tournage a également été l’occasion de beaux fous rires, notamment entre les deux Benedict. Le cinéma de Scott Derrickson laisse la place à l’improvisation et certains échanges improvisés ont été gardés, comme une plaisanterie musicale que l’on doit surtout à Benedict Cumberbatch >> explique Benedict Wong. C’est quelqu’un d’hilarant qui pourrait faire carrière dans la comédie sans problème, je pense >>. Dépoussiérer un univers très sixties, quitte à choquer Né en 1963 chez Marvel, Doctor Strange a, à la base, un univers plutôt psychédélique. S’il a servi de matière première à l’identité visuelle du film, qui emprunte notamment – et c’est totalement assumé par le réalisateur – à la mise en scène d’Inception de Christopher Nolan, il a tout de même fallu dépoussiérer l’intrigue et les personnages. Doctor Strange n’est pas un super héros comme les autres, c’est un homme qui décide de se transcender. L’univers du comics est sombre, étrange, psychédélique. Ça a changé l’univers des comics Marvel. Je pense qu’un film basé sur Strange devait être dans cette mouvance, mais en même temps il fallait dépoussiérer l’univers. J’ai été attiré par ses origines qui sont très particulières >> explique Scott Derrickson, qui cite notamment le comics The Oath, de Vaughan et Martin, comme l’une des sources d’inspiration de certaines scènes du film. Mais quelques décisions n’ont pas fait l’unanimité, notamment le fait de changer totalement le personnage de l’Ancien, le mentor de Stephen Strange. Homme asiatique à la base, il devient une femme occidentale chez Derrickson, sous l’interprétation de Tilda Swinson. Une décision que le réalisateur assume : Dans les comics d’origine, les personnages asiatiques sont des stéréotypes, et j’ai voulu changer ça. Faire de l’Ancien, le mentor mystique du héros, une femme, a été un bon point de départ. Je n’ai pas voulu prendre une actrice trop jeune, je ne voulais pas que ce soit un fantasme pour le spectateur, ce n’était pas l’idée. Ça aurait pu être une actrice asiatique, mais je n’ai pas trouvé d’actrice pouvant incarner ce rôle sans qu’elle ait un lien existant avec le côté "dragon lady", maîtresse du kung fu, ce genre de chose. C’est pour ça que j’ai choisi Tilda et j’ai écrit le script pour elle, et je pense que ça a rendu le film meilleur. Il en va de même pour Wong, qui passe du personnage basique qui sert le thé à un maître des arts mystiques. Il était nécessaire de renverser la dynamique. >> Forcément interrogé sur la question, Benedict Wong soutient le réalisateur : Quand on m’a parlé du rôle de Wong, je suis allé voir ce que donnait le personnage dans les comics. Je me suis dit que si ça restait tel quel, ça allait être difficile pour moi >> explique-t-il. Pour moi qui suis asiatique, les choix de Scott ne sont pas racistes : ça l’aurait été si la production avait décidé de maquiller le visage de Tilda pour lui donner des traits asiatiques. Ce n’est absolument pas le cas, vous vous en rendez vite compte en découvrant le film. >> Pour le comédien, ce genre de critique et de polémique vient bien souvent de gens qui se cachent derrière leur écran d’ordinateur pour provoquer la controverse de façon toxique. De mon point de vue, la production a fait un formidable travail autour des personnages, en optant pour une approche différente, aussi bien pour l’Ancien que pour le personnage de Wong qui a été totalement réécrit, et heureusement ! >> Et Scott Derrickson de conclure : C’est une polémique qui est née avant la sortie du film, et je pense que le film parle pour lui. J’invite les gens qui trouveraient mes choix incohérents à voir le film et à me donner leur avis. Je serais ravi d’en discuter. Mais jusque-là, les gens qui ont été critiques à ce propos n’ont jamais vraiment cherché à en discuter, ils sont justes énervés. >> Quoi qu’il en soit, le réalisateur, comme les acteurs, sont plutôt confiants quant à l’accueil que recevra le film. Ça a été un véritable travail d’équipe >> assure Derrickson. Dans l’équipe créative, on s’est beaucoup disputé, mais l’avantage chez Marvel c’est que les gens savent reconnaître quand les autres ont raison. Kevin Feige, le producteur, est un passionné, un acharné, il se torture constamment pour chercher à atteindre la perfection artistique. L’objectif est que chaque film soit meilleur que les précédents. >> Les fans lisent des comics comme si c’était la Bible pour eux >> estime de son côté Mads Mikkelsen. On veut leur rendre honneur, leur être fidèles. Mais il faut également comprendre que notre boulot, c’est de porter l’histoire sur grand écran, du coup, c’est forcément différent. Je pense que sur ce point, Marvel a su trouver un bon équilibre. >> Il ne reste plus qu’à vous faire votre propre opinion, puisque le film est en salle depuis le 26 octobre.
26/10/2016 | Pop culture
Dans Minority Report, nouvelle de Philip K. Dick éditée en 1956, les meurtres peuvent être prédits à l’aide des Précogs, des mutants doués de précognition. Une intrigue adaptée en 2002 au cinéma par Steven Spielberg, et qui a poussé un grand nombre de spectateurs à imaginer cette possibilité dans un futur proche. Prédire les crimes avant qu’ils n’arrivent, est-ce possible ? Notre série Science et fiction s’intéresse aux prouesses technologiques aperçues dans le cinéma, à la télévision ou dans la littérature, et se questionne sur le positionnement, possible ou non, dans la réalité. Philip K. Dick était un auteur de science-fiction souvent visionnaire. Bien que décédé en 1982, il a eu le temps d’écrire de nombreux romans et nouvelles qui prédisaient à l’homme, et à la société en général, un avenir bien sombre. Entre les androïdes dépressifs de Blade Runner, les drogués guère plus joyeux de Substance mort ou encore, la manipulation des souvenirs dans Total Recall, la science et la technologie n’ont jamais le beau rôle dans le bien-être des individus. Dans cette optique, on se demande bien pourquoi Minority Report irait dans le sens inverse. Criminel avant l’heure ? Dans cette nouvelle de 1956, John Anderton, le responsable du programme Précrime, capable de prédire 99,8% des crimes avant qu’ils ne se produisent, est pris dans les rouages de son propre système lorsque celui-ci annonce qu’il s’apprête à tuer un homme qu’il ne connait pas. Traqué, Anderton va tenter de se dépêtrer de ce qui semble inéluctable. L’adaptation au cinéma de cette histoire, réalisée par Steven Spielberg et mettant en vedette Tom Cruise, tient plus du film d’action que d’autre chose – c’est hélas souvent le cas avec les adaptations cinématographique de l’œuvre de Philip K. Dick. Néanmoins, elle pose quand même de nombreuses questions concernant le libre arbitre et l’influence d’une réalité conditionnelle : si un crime est prédit, n’est-ce pas en tentant de l’empêcher qu’Anderton va réaliser la prédiction, et donc devenir vraiment coupable ? Les Précogs dans leur bassin. Evidemment, voir des crimes prédits par des mutants plongés dans un bassin et reliés par des machines, c’est de la science-fiction. Par contre, développer des algorithmes capables de réaliser ce type d’estimation devient réalité depuis plusieurs années. Il faut néanmoins démêler le fantasme de la réalité pour déterminer si l’histoire de Philip K. Dick tient encore de la science-fiction, ou lorgne du côté de l’anticipation. Une affaire d'algorithmes Comme les Précogs n'existent pas - ou alors, on nous cache tout - les chercheurs et criminologues qui se sont lancés dans la recherche autour de la prédiction des crimes utilisent principalement les algorithmes pour arriver à leurs fins. En 2011, nous parlions déjà sur Clubic de l'initiative de la police de Santa Cruz, en Californie, qui testait un logiciel destiné à réaliser des projections dans la ville, pour déterminer les endroits les plus prisés des criminels à certaines heures de la journée. Nommé CompStat, ce logiciel, conçu par un duo de mathématiciens, un anthropologue et un criminologue, fonctionne à l'aide de données concernant la criminalité locale. Il est ainsi capable de cartographier les crimes et délits qui ont déjà eu lieu, de recouper les emplacements avec les heures, et de donner, de cette manière, des indications aux forces de l'ordre pour prioriser tel ou tel endroit à une heure de la journée, ou un jour de la semaine. Les essais menés à Santa Cruz se sont avérés concluants et, depuis, CompStat est utilisé dans de nombreuses villes américaines, comme New York ou San Francisco. Sur le site de la police de la ville, on peut notamment lire que CompStat est l'un des moyens pour suivre et redéployer les ressources dans nos efforts de diminution significative de la criminalité. >> A défaut de prédire véritablement les crimes, le logiciel semble être utile aux autorités, qui affirment dans de nombreuses villes américaines qu'il aide à faire baisser la criminalité. Il fait partie intégrante du programme PredPol.