Trois entrepreneurs soupçonnés d'avoir piraté des milliers de Français pour 2 millions

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Le 05 février 2019
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8 000 personnes ont été victimes d'une arnaque, prétendument guidée par trois chefs d'entreprise de la région lyonnaise, qui aurait rapporté 2 millions d'euros.

Il y a quelques jours, Le Parisien nous a appris que trois hommes, âgés de 30 à 54 ans, ont été interpellés le 29 janvier 2019 dans le Rhône, dans le cadre d'une enquête ouverte en mai 2018 à la section F1 Cybercriminalité du parquet de Paris. Les trois individus sont soupçonnés d'avoir escroqué plus de 8 000 personnes, pour un montant total de l'ordre de 2 millions d'euros.

Des messages censés susciter la peur des internautes

Les trois chefs d'entreprises, tous trois issus des assurances, avaient mis au point un réseau de piratage informatique particulièrement sophistiqué. Selon les enquêteurs, les escrocs faisaient apparaître une fausse fenêtre officielle ornée des logos officiels de Microsoft ou de Windows, alors que l'utilisateur était en pleine navigation.

Le problème, c'est que les internautes n'arrivaient pas à fermer ces fenêtres sur lesquelles figuraient de faux messages d'alerte les informant qu'ils venaient d'être victimes d'une erreur critique, ou d'un virus. Des messages tels que « Windows a détecté une altération des données » pullulaient. La solution pour être « débarrassé » de la fenêtre était de redémarrer l'ordinateur. Sauf que le message d'alerte conseillait à l'utilisateur de ne pas le faire et l'invitait à joindre un support technique officiel s'il souhaitait pouvoir réutiliser son appareil.

De faux techniciens formés pour mener la fraude

De l'autre côté du fil, de faux développeurs ou techniciens proposaient alors une intervention à distance dont le coût allait de 99 à... 500 euros, selon la formule. Les escrocs faisaient usage d'une palette visant à convaincre la personne touchée que son ordinateur était entre de bonnes mains, et que son appareil allait être sauvé du méchant virus. La fin de l'intervention consistait en la communication des données bancaires, « parfois sous la menace de représailles de piratage », indique Le Parisien. Hélas, les victimes se sont rendu compte de la supercherie après coup.

Les victimes étaient majoritairement sexagénaires, et domiciliées sur l'ensemble de la France. Au moins 8 000 plaignants ont été recensés, pour un préjudice total de deux millions d'euros. Les auteurs de cette arnaque massive, Français, faisaient appel à de feux opérateurs installés, eux, au Maghreb.

Les arnaqueurs encourent jusqu'à 10 ans de prison

Les escrocs ont été mis en examen par un juge d'instruction à l'issue de leur garde à vue, jeudi soir, pour « escroquerie et blanchiment en bande organisée » et « introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé de données ». Placés sous contrôle judiciaire, ils risquent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 1 million d'euros amende selon les dispositions de l'article 313-2 du Code pénal.

Le parquet de Paris a lancé à un appel à la vigilance et incite « toute personne ayant été victime de tels agissements à ne pas hésiter à déposer plainte ».

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