Huawei ferait face à un million de cyberattaques par jour

Benoît Théry
Mis à jour le 14 octobre 2019 à 17h18
Huawei
© J. Lekavicius / Shutterstock.com

Un million. C'est le nombre de cyberattaques que subirait chaque jour la firme chinoise Huawei, si l'on en croit son vice-président John Suffolk. L'objectif de ces attaques serait a priori d'en apprendre plus sur la 5G que le constructeur est en train de développer.

Ces cyberattaques témoignent à la fois des tensions entre la Chine et les Etats-Unis, et des inquiétudes autour du développement de la 5G.

Voler la 5G

Un mois auparavant, en septembre 2019, Huawei s'est dit prêt à partager des connaissances concernant la 5G, une technologie sans fil que l'entreprise développe, moyennant finance. Elle s'est même dit prête à partager sa technologie avec les Etats-Unis, alors que Huawei s'y trouve sur liste noire depuis le mois de mai. La société dispose déjà de partenariats liés à cette 5G avec une cinquantaine d'opérateurs, dans une trentaine de pays différents.

Mais d'après John Suffolk, des pirates tenteraient d'obtenir cette technologie par d'autres moyens, illégaux cette fois. Des tentatives de vol de données confidentielles auraient lieu à travers des attaques par courriers électroniques porteurs de virus. Au total, la marque dit dénombrer un million de cyberattaques quotidiennes. Si elle parvient à se défendre contre la plupart d'entre elles, certains ordinateurs « anciens » auraient déjà été affectés.

Les Etats-Unis parmi les hackers ?

Le communiqué souligne que les cyberattaques proviennent de l'étranger comme de l'intérieur du territoire chinois, tout en admettant ne pas connaître leurs origines précises. L'administration du président américain Donald Trump est mentionnée sans être directement accusée, le président ayant promis plus tôt en octobre des « cyberattaques visant à pénétrer l'intranet et les systèmes d'informations internes de Huawei ». En septembre, Huawei avait d'ailleurs déjà accusé les Etats-Unis d'attaques informatiques.


De son côté, Donald Trump craint que Huawei ne mette au point des technologies servant au renseignement chinois. Une idée qui n'a jamais été démontrée jusqu'à présent, et dont John Suffolk s'est déjà défendu : « S'il nous était demandé par le gouvernement chinois quelque chose de déplacé, comme de fournir des données ou de programmer des "backdoors" (code informatique fournissant un accès secret à des données, ndlr.), nous refuserions catégoriquement de le faire ». La marque a déjà démenti en février la création de backdoors dans ses appareils.

Ces tensions sont représentatives des inquiétudes entourant le développement et le déploiement de la 5G. Cette nouvelle technologie doit apporter des vitesses de transfert de données plus importantes. Elle doit notamment accompagner le développement des véhicules autonomes. Mais elle présente également des enjeux de sécurité. En juillet, la loi dite « loi Huawei » a été adoptée : pour davantage de sécurité, elle prévoit que tout déploiement d'un équipement 5G sur le territoire nécessite l'autorisation du Premier Ministre. Cette autorisation peut également être suspendue si un risque concernant la confidentialité des données est jugé sérieux.

Source : Forbes
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Commentaires (0)
Commentaires (9)
nicgrover

Le pouvoir US est coutumier des accusations qui ne sont jamais démontrées, comme les armes de destruction massives irakiennes…

Huawei est très en avance sur la 5G avec des données que les Us ne souhaitent pas payer alors pourquoi pas se servir…

KlingonBrain

Il y a quelques années, c’était la chine qui espionnait les technologie occidentales. Maintenant, c’est le contraire.

Très amusant retournement de situation qui démontre bien que l’hégémonie technologique est en train de changer de camp.

toug19

C’est pourquoi Trump essaie de les emmerder.

GRITI

Entre la cyberattaque de M6 et celles que subit Huawei, je pense que nous avons une bonne vision d’une partie de l’avenir qui nous attend…

notolik

Tu as tout a fait raison. Et du coup ça la dédouane totalement de ce qu’elle a fait.

notolik

Il n’est nécessaire de s’appeler Huawei (ou Airbus, ou …) pour être la cible d’attaque.
Laissez une machine « ouverte » sur le net (avec les précautions qui vont bien quand même) une heure et vous collecterez une bonne centaine de tentatives plutôt basiques et environ 4 un peu sérieuses.

Ok le pire reste celle(s) que l’on en voit pas…

Popoulo

Et les chinois, à la base, ils l’ont volé ou leur technologie ? Tous ces pays qui ont voulu faire construire leurs produits en Chine pour se faire un max de marge, se rendent compte en fait que maintenant, les chinois se sont tout réappropriés. Pas compliqué en ayant tout sous la main. On peut pas les blâmer. Fallait être kon à la base de croire qu’ils allaient se contenter indéfiniment de faire les larbins.

Blackalf

+1

Parce que si je ne me trompe, personne n’a forcé les sociétés occidentales à signer avec la Chine des contrats qui stipulaient qu’en échange ils devaient donner une partie de leurs technologies, ils ont bel et bien signé volontairement pour s’implanter en Chine, non ? neutre

Alfredo

a vrai dire les USA ont toujours cherché à s’approprier les idées des autres soit contre argent soit gratuitement, ils ne se sont jamais gênés pour espionner même leurs meilleurs alliés