Les précieuses machines ASML pourront être désactivées chez TSMC en cas de conflit entre Taïwan et la Chine

Samir Rahmoune
Publié le 22 mai 2024 à 17h06
L'emblème d'ASML © Shutterstock
L'emblème d'ASML © Shutterstock

Les machines ASML servant à produire les puces très avancées au sein des usines de TSMC à Taïwan pourraient être rendues inutilisables en cas de conflit avec la Chine. De quoi rassurer les États-Unis ?

La rivalité entre les États-Unis et la Chine ces dernières années se passe d'abord et avant tout dans le domaine technologique, domaine où Washington essaye de freiner son concurrent, malgré les avancées chinoises. Les Américains font ainsi tout pour que Pékin garde un certain retard dans le secteur des semi-conducteurs. Retard que l'empire du Milieu pourrait rattraper si un jour il mettait la main sur les usines de TSMC à Taïwan. Raison pour laquelle un mécanisme de désactivation existerait sur les machines d'ASML.

Une possibilité de désactiver les machines à distance

Quand les États-Unis ont rallié l'ensemble de leurs alliés pour effectuer une sorte de blocus technologique sur la Chine, les Pays-Bas se sont avérés comme une nation clé dans ce dispositif. Car le pays des tulipes est aussi celui qui abrite l'entreprise ASML, leader mondial des machines de lithographie utilisant le rayonnement ultraviolet extrême (EUV), qui sont indispensables pour la production des semi-conducteurs les plus avancés.

Or, la Chine est freinée par son absence d'accès à ces machines. Et même au cas où elle prendrait pied à Taïwan, les entreprises chinoises ne pourraient pas bénéficier de ces équipements. En effet, selon plusieurs sources du média Bloomberg, ASML et TSMC affirmeraient être capables de désactiver à distance ces machines.

© Vidpen / Shutterstock
© Vidpen / Shutterstock

ASML répond aux inquiétudes des États-Unis

Cette information est parvenue à la presse après que les États-Unis ont fait part à ASML de leur inquiétude sur le potentiel transfert de ces systèmes à la Chine. L'entreprise a alors expliqué que ces très coûteuses machines, dont la plus récente est affichée au prix de 350 millions de dollars, pouvaient être désactivées en cas de problème.

Washington avait de quoi se tracasser sur la question, puisqu'il est estimé que TSMC, leader mondial de la fonderie de semi-conducteurs, produit environ 90% des puces avancées dans le monde. Et à ce titre, les usines taïwanaises du groupe possèdent tout simplement plus de la moitié des machines EUV existant sur la planète.

Par Samir Rahmoune

Journaliste tech, spécialisé dans l'impact des hautes technologies sur les relations internationales. Je suis passionné par toutes les nouveautés dans le domaine (Blockchain, IA, quantique...), les questions énergétiques, et l'astronomie. Souvent un pied en Asie, et toujours prêt à enfiler les gants.

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Commentaires (7)
vargace

Bon ben ça va alors les ricains vont laisser les chinois envahir taiwan … sinon un coup de MOAB et c’est réglé.

Yannick2k

pas sûr… ça va foutre un de ces bazar dans le monde si c’est la cas. C’est Apple qui pleura le 1er vu que toutes ces puces M viennent de Taiwan !

jkgolconde

C’est la monnaie qui va dicter la conduite à tenir…

Zimt

Non car, l’argent.

nycko.h

Il me semble bien que la Chine a bien plus de liquidité…les usa sont le Pays le plus endetté…et ça creuse encore, achètent tout ce qui est possible, mais comme veulent du bénéfice, sont chers et mal à eux, la Chine exporte bien plus, et route de la Soie ça vous parle ? l’Italie s’est impliquée…certains ports vendus à la Chine…bien plus vert et gros débits face à l’avion des USA…

b_z

@Nycko H, c’est écrit en quelle langue ? C’est du chinois ?

b_z

Voilà qui devrait bien rassurer les taïwanais de savoir ainsi que les seules choses qui intéressent les occidentaux sur leur île, c’est les usines de semi-conducteurs. Plus de chaînes de fabrication de semi-conducteurs là-bas, plus de problème face à la Chine et l’oncle Sam peut dormir tranquille.