YouTube annonce une politique de modération plus sévère contre le cyberharcèlement

YouTube

Parfois pointée du doigt pour sa passivité, YouTube a décidé de renforcer ses règles pour lutter contre le harcèlement en ligne. La plateforme déclare vouloir désormais s'attaquer aux menaces implicites et être prête à sanctionner tous les utilisateurs, qu'ils soient célèbres ou non.

Dans un billet de blog publié hier, YouTube a annoncé une série de changements dans ses règles de modération. Le but : lutter de façon plus efficace contre le cyberharcèlement, quelle que soit son origine.

Combattre les menaces implicites et répétées

Jusqu'ici, la plateforme bannissait sans équivoque les menaces prononcées de façon explicite. À présent, cette interdiction s'étendra aux menaces plus voilées. Par exemple, il sera dorénavant prohibé d'exprimer des avis sarcastiques comme : « Ce serait dommage que tu te fasses agresser dans la rue... ».

Dans le même ordre d'idées, YouTube souhaite également combattre la répétition d'actes malveillants, qui peuvent être inoffensifs individuellement mais devenir une véritable source de harcèlement à la longue.

Enfin, l'entreprise indique qu'elle n'autorisera plus « les contenus malveillants qui portent atteinte à des individus en raison de leur origine, de leur genre ou de leur orientation sexuelle ».

Ces règles concerneraient l'ensemble des utilisateurs, qu'il s'agisse de personnes anonymes, de créateurs de contenus ou de personnalités publiques. En cas de violation de ces conditions, les contrevenants pourraient ainsi voir leurs vidéos démonétisées, supprimées, voire leur chaîne complètement fermée.


Réponse à une controverse aux États-Unis

Cette mise à jour intervient après une polémique survenue en juin dernier. Le journaliste américain de Vox, Carlos Maza, s'est alors plaint d'être la cible régulière de l'humoriste conservateur Steven Crowder, qui l'aurait attaqué à plusieurs reprises sur ses origines et sur son homosexualité.

Malgré plusieurs signalements, YouTube n'avait pas daigné sanctionner la chaîne, qui compte aujourd'hui 4,25 millions d'abonnés, arguant qu'elle n'enfreignait pas ses règles d'utilisation. Une absence de réaction qui avait suscité l'indignation de nombreux internautes, accusant la plateforme de ne pas oser punir un créateur générant des millions de vues.

Avec cette nouvelle politique, le site de Google entend donc réaffirmer son intransigeance vis-à-vis du harcèlement en ligne. Dans le cas de Steven Crowder, l'humoriste a finalement vu ses vidéos démonétisées, ce qui ne l'empêchait pas, selon certains observateurs, de continuer à faire la promotion de ses produits sur sa chaîne...

Source : CNET
Modifié le 12/12/2019 à 18h20
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