Microsoft ne veut pas priver les gouvernements de reconnaissance faciale

Mathieu Grumiaux Contributeur
05 février 2019 à 08h29
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Brad Smith
Brad Smith, président des affaires juridiques de Microsoft © Microsoft

Microsoft ne comprend pas les différentes polémiques sur l'utilisation de ses technologies de reconnaissance faciale et explique qu'elle peut sauver de nombreuses vies.

La reconnaissance faciale est un sujet sensible. La technologie est utilisée dans de nombreux domaines avec des résultats prometteurs, comme la santé. Mais de nombreuses associations s'inquiètent de son emploi par des gouvernements plus ou moins démocratiques à des fins de surveillance des citoyens.

Une technologie aux résultats prometteurs dans de nombreux domaines


Ces critiques, Microsoft les entend mais ne les comprend visiblement pas. Le président des affaires juridiques de l'éditeur, Brad Smith, a fermement rejeté l'idée défendue par les associations de refuser l'accès aux systèmes de reconnaissance faciale aux gouvernements quels qu'ils soient.

« Une interdiction générale de tous les usages gouvernementaux va manifestement trop loin et risque d'avoir un effet humanitaire désastreux » explique t-il à Business Insider, donnant ensuite quelques exemples concrets où la technologie de reconnaissance faciale est employée de façon bénéfique.

Brad Smith cite l'Institut américain de recherche sur le génome humain, qui utilise la reconnaissance du visage pour détecter le syndrome de DiGeorge, une maladie génétique rare, difficile à détecter et touchant l'Afrique, l'Asie et l'Amérique Latine. « Ce sont des troubles qui entraînent une insuffisance cardiaque ou des problèmes rénaux. Pourquoi devrions-nous empêcher un gouvernement d'aider à identifier les patients qui ont besoin de soins médicaux ? » questionne le vice-président de Microsoft.

Il cite également le domaine de la police, où la technologie pourrait être utilisée dans le cadre d'une recherche d'individus disparus en analysant rapidement les images de vidéo-surveillance.

Microsoft se pose en juge et partie


Pourtant, l'entreprise qu'il représente n'est pas naïve et sait que certaines utilisations de ses logiciels pourraient avoir des effets néfastes sur la vie privée des citoyens. « Nous sommes très inquiets des situations dans lesquelles la technologie de reconnaissance faciale pourrait être utilisée de manière à causer des préjugés ou une discrimination ».

C'est pourquoi il se déclare favorable à une réglementation stricte de l'utilisation de ces outils. Et pour cela, il enjoint les gouvernements à se conformer aux règles éthiques mises au point par Microsoft. La société se pose comme garante des libertés fondamentales, sous couvert de l'inaction des pouvoirs en place. « Les entreprises technologiques doivent agir de manière proactive, car nous ne pouvons pas nous attendre à ce que le monde entier réponde à cet appel à l'action. Nous devons donc mettre en place nous-mêmes les principes ».
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