Molière a bien écrit ses pièces lui-même, preuve faite par analyse informatique du CNRS

29 novembre 2019 à 14h00
0
Livre manuscrit
© Pixabay

L'un des plus célèbres auteurs français, à l'origine de Tartuffe, de L'Avare ou encore du Malade Imaginaire a-t-il bien écrit les pièces dont on lui a jusuq'à présent attribué la paternité ? Le sujet fait débat, mais d'après une étude, Jean-Baptiste Poquelin est bel et bien à l'origine de ses œuvres.

Ceci doit répondre à des études précédentes ayant affirmé que Pierre Corneille, l'un des contemporains de Molière, aurait pu en être le réel auteur.

Nos écrits nous trahissent

« Il est facile d'être méfiant », explique Florian Cafiero, co-auteur de la nouvelle étude et linguiste informaticien au CNRS. Dès 1919, l'écrivain Pierre Louÿs a émis l'hypothèse selon laquelle Corneille aurait pu être le « prête-plume » (ou « écrivain fantôme ») de Molière.

Jean-Baptiste Camps, un expert en philologie (l'étude d'une langue à partir de ses écrits), et Florian Cafiero ont donc réuni 37 textes attribués à Molière, à Corneille et à dix autres contemporains du célèbre auteur. Les pièces ont été numérisées et analysées par ordinateur, s'attardant sur diverses caractéristiques de chaque écrit. L'ordinateur a notamment analysé la fréquence de différents mots de liaison articulant les phrases : « de », « le », « si », « et »... Des caractéristiques qui, selon Florian Cafiero, « signent beaucoup qui on est ».

Un résultat « sans appel »

« Sur toutes les caractéristiques qu'on étudie, Corneille n'est jamais proche de Molière. Le résultat est sans appel. C'est une bonne preuve que Molière a bien écrit ses chefs-d'oeuvre. », affirme Florian Cafiero.

Joan DeJean, professeur de littérature française à l'Université de Pennsylvanie, dit ne pas être surpris. Selon lui, malgré les règles d'écriture particulièrement strictes au XVIIe siècle, Molière y avait un style remarquable et reconnaissable. Florian Cafiero confirme à l'AFP : « Le théâtre du XVIIe siècle est très codifié, il y a la règle des unités, une versification très codifiée, des manières de faire rythmer, il y a des sources d'inspiration qui sont les mêmes. Tout va vite se ressembler, mais Molière fait partie de ceux qui s'isolent le mieux ».

Le débat concernant les grands auteurs a été relancé au cours des années 2000, le développement de l'informatique ayant permis le perfectionnement d'analyses linguistiques plus poussées. Récemment, une IA a déterminé le rôle de Shakespeare dans l'écriture des grandes pièces anglo-saxonnes. Aujourd'hui, la police utilise des procédés semblables pour repérer des usurpations d'identité et l'usage de faux.

Source : ScienceMag.
Modifié le 29/11/2019 à 16h23
4
5
Partager l'article :
Voir tous les messages sur le forum

Les actualités récentes les plus commentées

Amazon : des hackers auraient réussi à contourner la double authentification
Contenus racistes et haineux : LEGO retire à son tour ses publicités des réseaux sociaux
LDLC : l'e-commerçant high tech Lyonnais annonce officiellement la semaine de 32 heures dès 2021
53 millions de tonnes de déchets électroniques en 2019, un record pas très glorieux
Malgré le coronavirus, Tesla sauve les meubles au second trimestre 2020 avec plus de 90 000 livraisons
Airbus officialise la suppression de 5 000 emplois en France, 15 000 au total
Windows : le futur design du menu démarrer montre ses variantes
Les jeux PS5 et Xbox Series X plus onéreux que sur les consoles actuelles ?
PlayStation suspend temporairement ses publicités sur Facebook et Instagram
Crysis Remastered revient en vidéo et annonce déjà son report
scroll top