Pour des chercheurs du MIT, il faut se préoccuper de l'impact environnemental du tourisme spatial

09 juillet 2022 à 10h00
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Starship SN24 prototype vers le site de production © SpaceX

Dans une étude menée par UCL, l'université de Cambridge et le MIT, le tourisme spatial pourrait avoir des conséquences écologiques gravissimes et sans précédent.

Alors que les milliardaires projettent de développer le tourisme dans l'espace, les scientifiques s'alarment : la conséquence écologique de telles entreprises pourrait être désastreuse.

Une menace pour la couche d'ozone

Afin de calculer les risques liés au tourisme spatial, les chercheurs ont modélisé en 3D les coûts environnementaux du lancement et du retour d'une fusée. Leurs résultats sont inquiétants : la suie du noir de carbone utilisé pour garder la chaleur dans l'atmosphère est dangereuse pour la couche d'ozone. Les particules de suie ont un impact bien plus large sur la couche d'ozone que les émissions du trafic aérien, bien qu'on les compare régulièrement.

L'ozone stratosphérique est aussi menacé par les polluants des navettes à propulsion à propergol solide, qui utilisent un propulseur en poudre à combustion particulièrement polluant au lancement de la fusée. Les débris et la chaleur dégagée au retour sur Terre posent aussi problème pour la conservation de la couche d'ozone.

Une industrie à réguler absolument

Les scientifiques ont utilisé les données d'un échantillon de 103 fusées ainsi que les projections de Virgin Galactic, SpaceX et Blue Origin, trois entreprises qui cherchent à développer le tourisme dans l'espace. Les résultats montrent qu'après trois ans de tourisme spatial, la valeur d'irradiance (l'éclairement énergétique notamment responsable du réchauffement climatique) aura doublé simplement à cause de la consommation en kérosène de SpaceX et des carburants de Virgin Galactic.

Pour l'instant, l'impact des navettes spatiales sur la couche d'ozone est limité, car peu de fusées traversent régulièrement la stratosphère. Cependant, les déchets de particules de suie que causerait le tourisme spatial viendraient menacer la restauration de la couche d'ozone. Dans un scénario où des navettes seraient lancées quotidiennement, ou même seulement une fois par semaine, tout le travail du Protocole de Montréal serait annihilé rapidement. Signé en 1987, celui-ci a imposé aux pays signataires de réduire considérablement l'utilisation de produits nocifs pour la couche d'ozone, aussi appelés « ODC » (ozone-depleting chemicals). Ainsi, les scientifiques implorent d'ores et déjà les politiques de réguler sévèrement l'industrie du tourisme spatial.

Source : CleanTechnica

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bennukem
Donc faut s’inquiéter du tourisme mais ne rien faire pour les boites privées qui envoient des satellites pour mater du foot ou plus belle la vie ??
Morlac
Balancer de la vapeur d’eau et du CO2 dans les couches supérieures de l’atmosphère ça craint également d’un point de vue effet de serre. Il est temps de taper du poing sur la table…
zomurn
Le tourisme spatial…mais qu’est que tout le monde s’en balek…
Nmut
@bennukem<br /> L’utilité et le nombre de vols ne sont pas les mêmes, on change d’échelle pour un truc inutile.<br /> @Jim<br /> L’altitude d’émission du CO2 ou de la vapeur d’eau n’a pas beaucoup d’influence, dans la troposphère ou stratosphère, l’homogénéisation est bonne. Le problème vient de la quantité de CO2 mais aussi (surtout?) des autres polluants.<br /> @zomurn<br /> Justement, c’est le fait que ça intéresse pas mal de gens (qui ont les moyens ) qui est un gros problème, quelques lancements par an de « petits » satellites n’ont pas une grand influence, plusieurs centaines de vols habités (masse et donc pollution bien plus importante par vol) ont un impact majeur.
bennukem
Désolé, je n’avais pas réalisé que le foot c’était plus important qu’un autre truc plus inutile. 1000 fois pardon
Blackalf
bennukem:<br /> Donc faut s’inquiéter du tourisme mais ne rien faire pour les boites privées qui envoient des satellites pour mater du foot ou plus belle la vie ??<br /> Dans le second cas, ça a une utilité pour beaucoup de gens. Dans le premier, ça n’en a que pour un minuscule nombre de personnes fortunées.
Nmut
Grande question! <br /> On va dire que la pollution par « utilisateur » est nettement moindre. C’est mieux comme formulation? De toute façon, il y a peu de satellites de télédiffusion et ils ont une durée de vie de 10 à 15 ans, comparé à 5x fois plus de pollution pour 5 gugusses pendant 2 jours.<br /> Et on parle de « plus belle la vie », quand même!
luck61
Le problème c’est qu’il y a un paquet de choses à se préoccuper en ce moment
Maspriborintorg
Le tourisme spatial est marginal en comparaison aux entreprises privées qui lancent des essaims de satellites de télécommunication comme Starlink, OneWeb, etc
bennukem
Un nouveau concept alors, « Faute partagée est à demi pardonnée » ?
Nmut
Plutôt petite faute moins grave que grosse faute. Sauf a être adepte de la régression technologique totale plutôt qu’une utilisation raisonnée des ressources…<br /> Bon je reconnais que vu comment ça « avance », on aura bientôt plus le choix…
xryl
Là sur le coup, j’ai un gros doute sur l’étude en question. Le coût de carburant d’un lancement Starship (donc Falcon SuperHeavy ou BFR), c’est 900k$ (environ 1 million de litre). C’est du pétrole, pas des propergols. Ça peut paraître beaucoup, mais par exemple, en France, la production de pétrole est de 256 millions de litres par jour.<br /> Mettons que la fusée vole quotidiennement (ce qui reste très loin d’être le cas), ça reste 256 fois moins que la consommation d’un petit pays.<br /> En gros, si l’influence mondiale sur le gaz à effet de serre de la France, c’est 0.9% (tous secteurs confondus, 0.3% pour le transport) là, on parle de 1 partie par millions très probablement. C’est pas nul, mais de là à en faire un article sensationnel en mélangeant tous les concepts qui font peur: « trou dans la couche d’ozone », « réchauffement climatique », « apocalypse par occultation de la terre », etc…, bref, du grand n’importe nawak.<br /> Virgin, c’est un gros navion qui porte une fusée toute petite, donc la quantité de carburant doit être encore plus réduite. Quand à Blue Origin, c’est juste une blague, s’ils font 2 vols par an pour du tourisme, c’est juste pour montrer qu’ils ont la plus grosse.
leulapin
Couche d’ozone à 20km et 80km d’altitude, tourisme spatial 100km d’altitude. L’ensemble des émissions de polluants se font dans la couche d’ozone.<br /> Station spatiale internationale 400km d’altitude, orbite basse des satellites, entre 350 et 1400 km, satellites géostationnaires 40 000km d’altitude.<br /> La totalité de l’activité du tourisme spatial fera des émissions dans la couche d’ozone là où l’activité satellite, au delà d’un nombre de trajets bien moindres pour exister en tant qu’industrie ne fait que traverser la couche d’ozone sur une fraction de son trajet.
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