Elon Musk confirme l'actualité du programme Starship et prévoit une année 2022 chargée

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
18 novembre 2021 à 13h40
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Superheavy moteurs Starship 2021 © SpaceX/Elon Musk
Les 29 moteurs du prototype Starship BN4 actuellement sur le site d'essais. Crédits : SpaceX/E.Musk

Invité à parler du programme Starship en vidéoconférence hier, le fondateur de SpaceX a répondu à de nombreuses questions sur sa vision du futur… Mais il a aussi évoqué des détails plus terre à terre sur l'agenda à venir. Sur la « Starbase » au Texas, l'activité se poursuit avant la première tentative de vol orbital .

La production en masse reste le point dur.

Pas besoin de Powerpoint…

Alors que les grues et les équipes de BTP règnent toujours en maître sur le site de SpaceX à Boca Chica au Texas, Elon Musk était l'invité hier soir de l'équivalent de la branche espace de l'Académie des Sciences américaines. Il en a profité pour faire une courte présentation, évoquer les essais à venir et répondre à plus d'une dizaine de questions, essentiellement sur sa vision du futur pour « faire de l'humain une espèce interplanétaire ». Vaste sujet !

Il a globalement repris la plupart des arguments qu'il distille depuis cinq ans (et même plus) pour justifier les plans actuels et le besoin selon lui d'étendre notre occupation du Système solaire pour « sauvegarder » notre civilisation et la conscience humaine. Mais pour y arriver, ou en tout cas pour amorcer cette expansion, il faut un outil à tout faire, peu cher et capable de transporter de grosses charges vers et depuis l'orbite, à destination de la Lune, Mars , et même au-delà. Ce système, c'est toujours Starship. Et selon Elon Musk, la mise en service régulière est moins loin qu'on ne l'imagine.

Tout boucler pour le premier tir

Selon le fondateur de SpaceX, l'objectif d'ici la fin de l'année est de terminer la mise en place initiale des infrastructures pour permettre les vols orbitaux et tester les différents matériels de vol pour le premier tir. Ces essais ont déjà commencé, en réalité, avec une mise à feu statique simultanée des six moteurs du Starship SN20 le 12 novembre… Les regards se tournent donc vers l'étage de fusée géant, le SuperHeavy, pour le prochain essai. Le voir allumer ses 29 moteurs risque d'être spectaculaire !

Elon Musk en a profité pour confirmer que la génération suivante comptera bien 33 moteurs « Raptor 2 », une nouvelle génération plus puissante et plus fiable de son moteur à haut rendement qui fonctionne à l'oxygène liquide et au méthane. La première tentative de vol orbital d'un Starship-Superheavy est annoncée en janvier ou février. L'ingénieur principal n'a pas semblé inquiet pour ce qui est d'obtenir le sésame nécessaire afin de faire décoller ses fusées vers l'espace depuis Boca Chica, à savoir l'accord de la FAA (autorité américaine de l'aviation).

Starship Superheavy lanceur complet 6 aout 2021 © SpaceX/Elon Musk
Pour la troisième fois de l'année, on attendra un assemblage Starship + Superheavy d'ici quelques semaines. Un ensemble... géant ! Crédits : SpaceX

Confiance dans le nouveau système

La décision des autorités gouvernementales est attendue pour fin décembre, mais elle n'est pas une formalité : en cas de refus, elle pourrait imposer des travaux supplémentaires, voire bloquer le projet Starship durant une période indéterminée. En prenant en compte par exemple l'argument que le site n'est pas aujourd'hui destiné à l'usage pour lequel SpaceX a fait valoir l'achat des terrains en 2012-2013…

Toutefois, Elon Musk ne s'est pas appesanti sur le sujet. Il attend donc un premier tir dans les mois qui viennent, qui ne sera « probablement pas » un succès, mais qui permettra à ses équipes d'apprendre un maximum par l'erreur. Et la suite ? La cadence des essais devrait grimper en flèche : le milliardaire attend une douzaine de vols de test orbitaux l'année prochaine, de quoi roder Starship, SuperHeavy et l'aspect récupération/réutilisation du système.

La mise en service opérationnelle (avec des missions d'envoi de satellites par exemple), il l'annonce avec précaution pour 2023. Inutile en effet pour lui de prévoir les problèmes de demain, le défi principal étant de produire un maximum de matériel fiable le plus tôt possible. Ce sont donc encore de grosses améliorations du site de production à venir !

Dans une atmosphère électrique, le fondateur de SpaceX balaie d'un revers les problèmes de son entreprise… Et se lance dans une explication détaillée de sa vision de la colonisation de Mars : un lanceur géant, des milliers de vaisseaux interplanétaires et de voyages. Malgré quelques ricanements, SpaceX s'engage dans les travaux.
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Source : Spacenews

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Niverolle
Belle bête, ça doit tirer sur la laisse, non ?!
Ccts
On aura beau penser ce qu’on veut de la personne, SpaceX est quand même une entreprise qui ose … et qui a remis au goût du jour une vieille industrie spatiale qui n’innovait plus. J’ai hâte de voir ce qu’ils vont imaginer pour la suite !
Ccts
Boeing a du mal a suivre et doit reformer pas mal de choses vieillottes dans son organisation. Ils manquent cruellement de réactivité. La NASA n’aime pas dépendre d’une seule entreprise privée. Et elle a raison. Elle a mandaté en même temps Boeing et SpaceX pour une capsule capable d’emmener ses astronautes jusqu’à ISS et ne plus dépendre des Russes et de Soyouz. Regarde le programme crew dragon de Space x en comparaison de celui de Boeing. Space X est Qualifié et Boeing a encore des années de retard a cause de soucis de mise au point. Les méthodes de Space x sont révolutionnaires pour le spacial et pousse les autres industries à se réinventer. Ils ont introduit énormément de nouveautés en validant pour la première fois des contrôles par écran LCD sans autre redondance, des nouvelles tenues plus légères et confortables… etc. D’un point de vue ingénierie c’est une vrai entreprise innovante avec des méthodes nouvelles et efficaces.
spip74
La culture de l’échec. Ca prend moins de temps et coûte moins d’argent de se planter de temps en temps. Avis aux bureaucrates…
Niverolle
C’est plus compliqué. D’une part, il ne faut pas oublier que les deux projets ont connus plusieurs années de retard (d’ailleurs Space X a connue de magnifiques loupés, elle aussi). D’autres part, la ligne de départ n’était pas la même puisque Boeing partait d’une page blanche, alors que Space X partait de sa version cargo. Enfin, et ce n’est pas un détail, la NASA a reconnu dans une lettre au sénat ne pas s’être impliquée à égalité dans les deux projets (ils se sont justifiés en expliquant qu’ils « pensaient » que Boeing avait suffisamment d’experience).
ypapanoel
Pas directement lié à ce que tu dis, mais ce que je note c’est que la NASA était à l’origine un constructeur, pour devenir actuellement simplement un donneur d’ordre d’entreprises privées (en favorisant l’une ou l’autre comme tu le dis).<br /> On voit encore une fois la capacité des Etats à créer de la bureaucratie plutôt qu’à être innovants…<br /> Au passage quelqu’un peut me dire pourquoi tant de gens portent des tshirts et polos «&nbsp;NASA&nbsp;»? on en voit plein et je vois pas trop ce qui fait rêver depuis un bout déjà…<br /> Pourquoi pas plutôt en fonction des goûts «&nbsp;ESA&nbsp;»? «&nbsp;SPACEX&nbsp;»? «&nbsp;FUCK SPACE COLONIZATION&nbsp;»? «&nbsp;JE S’APPELLE GROOT&nbsp;»?
Palou
@Jean66 Message supprimé : hors sujet<br /> @xryl @toast Messages en réponse au hors sujet supprimés
MisterGTO
C’est vrai que Boeing a zéro experience dans le domaine spatial et qu’ils n’ont pas été aidés avec un budget alloué à Boeing par la Nasa 60% plus élevé que celui alloué à Spacex.
Niverolle
Mais là encore ce n’est pas si facile de comparer. Space X avait déjà reçu beaucoup d’argent et de technologie pour la mise au point de sa version cargo. Par exemple, on peut citer le bouclier ablatif (la merveille qui permet à Dragon d’être aussi léger), les parachutes, l’optronique, etc. Autant de bijoux technologiques qui sortent tout droits du centre Goddard (et donc, in fine, des poches du contribuables américain) et reprises pour Crew Dragon.
Niverolle
C’est le risque (pour ne pas dire la fatalité) de toute institution un peu ancienne. Je dis bien toutes, car de mon expérience, ce n’est pas propre aux administrations publiques.<br /> Le cas de la NASA est particulièrement évident, car c’est un joujou (et une variable d’ajustement financière) dans la main des politiques; chaque nouvelle majorité s’empressant de faire table rase des projets lancés par la précédente majorité !
ypapanoel
en phase avec toi.
rexxie
Encore faux, pourquoi tu t’obstines à répéter que SpaceX est grassement payé, qu’ils n’ont aucune expertise, alors qu’ils financent leurs projets eux-mêmes depuis le début, que la NASA est un simple client (dont le premier contrat les a sauvés de la faillite c’est vrai), mais client comme l’USAF et bien d’autres, que SpaceX est financièrement indépendant et prospère, et enfin qu’ils inventent, développent et construisent tout eux-mêmes. Ce sont eux qui font bénéficier la NASA et autres de leurs innovations, et pas l’inverse.<br /> Plusieurs ingénieurs de la NASA ont préféré aller chez SpaceX parce qu’il y avait beaucoup plus de dynamisme et d’excitation là que chez les bureaucrates lourds de la NASA.
Niverolle
rexxie:<br /> Encore faux […] ils inventent, développent et construisent tout eux-mêmes.<br /> C’est pourtant facile de verifier mes affirmations, puisque la NASA publie quantité d’informations à propos de ces contrats publiques (dont les contrats eux mêmes, ce qui fait que l’on sait parfaitement qui paye). En voici un exemple, à propos du bouclier ablatif que j’évoquais plus haut (comme on dit, une image vaut mieux qu’un long discours) : PICA-X<br /> Edit: Bref, comme d’habitude, on perd notre temps…
Blackalf
Et il est très probable que ces ex-ingénieurs de la NASA ont apporté leur savoir et leur expérience, qui sait où Space X en serait sans eux ?<br /> Il est évident qu’on ne crée pas une société pareille en partant de rien, il faut impérativement débaucher dans d’autres pour recruter les talents et compétences indispensables…donc, de là à dire que SpaceX doit au fond beaucoup à la NASA, il n’y a qu’un pas. Le premier n’aurait pas pu exister sans le second. ^^
rexxie
Il n’y a pas beaucoup de NASAistes chez SpaceX. Musk est allé chercher les meilleurs des meilleurs étudiants en astronautique, direct à l’école. Et comme j’ai déjà dit, plus de mille des premiers employés, il les a recrutés, interviewés et embauchés lui-même personnellement. Inhabituel, mais assurément un des secrets de ses réussites. «&nbsp;25 hot guns&nbsp;» est ce qu’il forme lorsqu’il débute une nouvelle usine maintenant.<br /> Je vous suggère de lire le livre récent de Eric Berger : «&nbsp;Lift Off&nbsp;» très bien documenté, pour apprendre l’histoire des débuts de SpaceX dans le détail. Vous constaterez que la NASA est loin d’être le cerveau et le porte-feuille de SpaceX.<br /> Musk est assez grand pour avoir réussi de lui-même. Notez aussi que dès l’âge de 15 ans, il fabricait ses propres fusées avec ses cousins.<br /> Sans Elon Musk, il n’y aurait pas eu de SpaceX, ni de Tesla Motors digne de ce nom.
rexxie
Le bouclier Pica-X est une technologie propriétaire de SpaceX, améliorée du Pica originel. Ils ont travaillé avec son concepteur.
Blackalf
C’est bien ce qui est dit, ils ne l’ont pas inventé. <br /> Sinon désolé, mais chaque fois que je lis «&nbsp;les meilleurs des meilleurs&nbsp;», je ne peux pas m’empêcher de penser à Men in black. <br />
rexxie
Tu vois les sociétés établies ce sont ceux-là, et SpaceX c’est will Smith, le mouton noir qui ne fais rien comme les autres.<br /> Donne-toi donc la peine de lire le bouquin, tu pourras te faire une tête.
Niverolle
rexxie:<br /> Le bouclier Pica-X est une technologie propriétaire de SpaceX, améliorée du Pica originel. Ils ont travaillé avec son concepteur.<br /> La NASA partage son savoir et savoir-faire (dont ses brevets, j’insiste sur le «&nbsp;ses&nbsp;» car ce ne sont pas ceux de Space X), ses locaux (le centre de recherche et développement Ames) et son personnel, afin que Space X puisse industrialiser cette techno (excellente idée par ailleurs), mais non, ça compte pas…<br /> A t’écouter c’est même l’inverse : que la lumière d’Elon vous inonde !
Chirokee
Sauf que le SLS, fut lancé sous Obama par le congrès et poursuivi par le débile Donald
Niverolle
Justement l’administration Obama a enterré le projet de l’administration Bush (avec un moratoire de plusieurs années entre les deux). Pour la période Trump, la poursuite n’est pas de son fait puisqu’il voulait couper dans le lard (de mémoire 2 M$), sauf que le congrès ne l’a pas suivit, le budget SLS ayant même été augmenté. A voir ce que fera la nouvelle administration…
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