Les essais des prototypes Starship, objet d'un bras de fer entre SpaceX et la FAA

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
01 février 2021 à 16h03
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Starship SN9 et 10 © SpaceX/Elon Musk
Résultat, ce n'est plus un seul Starship qui attend, mais deux... Crédits SpaceX/Elon Musk

Le dernier prototype de Starship , SN9, n'a pu décoller jeudi ni vendredi dernier, n'ayant pas reçu les autorisations de vol de la part de l'autorité américaine en charge, la FAA. L'occasion pour Elon Musk d'évoquer sur Twitter l'inertie de l'administration étatique… Au moment même où il apparait que l'essai précédent avait peut-être violé les conditions préétablies.

Un imbroglio de plus donc…

Pointé vers le ciel

Jeudi 28 janvier, des dizaines de milliers d'internautes s'étaient déjà réunis autour des flux vidéos disponibles pour observer le nouvel essai de l'énorme prototype Starship SN9. Ce dernier, équipé de trois moteurs, devait rééditer le vol réalisé le 9 décembre dernier par son prédécesseur, SN8 : une parabole à 10 ou 12,5 kilomètres d'altitude, suivie par un vol plané et contrôlé, avant un rallumage des moteurs pour se poser à la verticale, à quelques centaines de mètres du site de décollage.

Mais dès la fin d'après-midi, les rumeurs s'enflamment : SpaceX n'aurait pas encore reçu l'autorisation de la part de la FAA pour son essai. Pour rappel, la FAA, ou Federal Aviation Administration, prend en charge les permis de tout ce qui vole aux Etats-Unis.

Starship Belly flop SN8 © SpaceX
Il faut dire que les essais de Starship ne sont pas avares en sensations fortes. Crédits SpaceX

Vos papiers s'il vous plait

Et il ne suffit pas d'un seul papier pour couvrir toute une campagne d'essais : les autorités doivent pouvoir savoir ce qui est tenté, comment SpaceX compte assurer une zone d'exclusion, quels sont les dispositifs de sécurité ou les risques encourus, quelles modifications ont été apportées depuis le dernier permis, etc.

Une autorisation de la FAA n'est certes pas une garantie que rien ne va mal se passer, mais bien que tout a été mis en œuvre pour éviter un drame. Comme on l'a vu en 2019 dans l'affaire de la certification du Boeing 737 Max, qui s'est ensuite crashé deux fois, la confiance ne doit pas être de mise et les observations les plus rigoureuses sont effectuées. Or, jeudi dernier, la FAA n'avait pas rendu son verdict, ce qui n'a pas empêché SpaceX de tout faire exactement comme si le décollage allait avoir lieu… Sans oublier, au milieu du compte à rebours, un tweet rageur d'Elon Musk fustigeant la lenteur de l'administration « fondamentalement inefficace », et qui en l'état « ne permettrait jamais d'aller sur Mars ».

Bonne ambiance.

Les essais bientôt quand même

SN9 n'a donc pas décollé jeudi (SpaceX n'a pas d'intérêt à se mettre les autorités à dos), ni vendredi. Dans un geste qui peut paraître cocasse, l'entreprise en a tout de même profité pour amener sur le site d'essai (à une centaine de mètres de SN9) l'exemplaire suivant, SN10, pour qu'il démarre à son tour les préparatifs. Actuellement, plusieurs observateurs s'attendent à une possible tentative mardi 2 février, sans promesses.

La FAA ne s'est pas exprimée en public à propos de cette bisbille, mais plusieurs anciens employés et responsables ont tenu à assurer que l'agence, indépendante, ne se laisserait pas influencer, et qu'à l'inverse non plus, elle ne chercherait pas à mettre de bâtons dans les roues de la firme de Hawthorne.

Pour compliquer encore les choses, un article du magazine The Verge révélait vendredi 29 qu'une enquête de la FAA était ouverte sur l'essai de Starship SN8. Ce dernier aurait en effet violé une ou plusieurs des conditions préétablies par son permis lors de son essai.

Cela ne devrait pas être préjudiciable pour les campagnes à venir, mais explique peut-être en partie pourquoi l'agence fédérale a pris du temps pour certifier que l'essai pouvait avoir lieu « sans remettre en cause la sécurité des biens et du public ».

Source : Ars Technica, The Verge

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Fulmlmetal
Le problème de Musk c’est qu’il croit qu’il a tous les droits mais il y a des règles et procédure et il faut les respecter. Il a tendance à avancer tête baissée avec ses essais qui finissent souvent en explosion, donc c’est logique que la FAA veuille des garanties sur la sécurité.<br /> De plus la FAA a été mise à mal pour laxisme et après les 2 crashs du B737 max mais aussi pour avoir fermé les yeux sur de gros défauts sur les nouveaux 787. Donc elle a à coeur de montrer qu’elle est redevenue sérieuse et exigeante si elle veut rester crédible.<br /> Quand à dire que le retard des missions martiennes seront imputés à la FAA c’est une belle façon pour Musk de se laver les mains de l’impossibilité de tenir les délais farfelues qu’il avait annoncé pour le premier vol humain vers Mars en 2024.<br /> Il y a déja eu des morts durant des essais, donc c’est la responsabilité de la FAA de s’assurer que tout est correct car un drame pourrait encore porter préjudice à cette administration déja très fragilisée.
dapoussin
Tu n’as pas bien lu la news… EM ne critique que la division espace de la FAA, qui n’est pas dimensionnée pour gérer des autorisations de décollage aussi fréquentes.
trollkien
De tte facon ils vont lacher la bride à un moment, sinon sa mégalomanie le fera passer à l’Est (et il aurait peut etre pas tord en soi)
Niverolle
Un bras de fer, ou juste un tweet impulsif ?
Fulmlmetal
Oui Musk précise bien qu’il s’agit de la division Space, je l’avais bien lu, mais c’est avant tout le fronctionnement de la lourde et exigeante administration de la FAA qui est visé. Que ce soit la FAA pour l’aviation ou l’espace la FAA est devenue très rigide sur les procédures depuis ses problèmes, et c’est cela qui agace Musk qui a l’habitude de griller les étapes
Fulmlmetal
«&nbsp;De tte facon ils vont lacher la bride à un moment, sinon sa mégalomanie le fera passer à l’Est (et il aurait peut etre pas tord en soi)&nbsp;»<br /> Oui et non, il y a des règles et procédures et ce n’est pas parce que tu t’appelles Elon Musk que tu as le droit de passer outre.<br /> Quand la FAA a cloué au sol les B737 max tout le monde aurait critiqué Boeing s’ils avaient malgré tout maintenu l’avion en vol.
dapoussin
Tu compares deux choses incomparables. Les B737 max transportaient des passagers et deux avions s’étaient écrasés. Ici c’est un vol d’essai sans personne à bord et avec des conditions de sécurité strictes (fermeture des routes, éloignement du public, etc). Bref, rien à voir…
Fulmlmetal
je compare la capacité de la FAA a juger ce qui est sécurité ou pas. que ce soit en aviation ou pour le spatial. Une fusée peut très bien tomber sur une zone habitée (cas ne chine) ou sur une zone spectateur, il y a déja eu des techniciens morts lors de préparation à un vol (cas d’explosions au Brésil avec une VLS ou avec Scaled composite), et il y a eu aussi un mort en vol d’essai avec SpaceShip two, donc la FAA a une responsabilité de sécurité et elle est dans son role de bloquer un vol si toutes les mesures ne sont pas conforment car en cas de drame c’est sa responsabilité qui sera mise en cause.
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