Avec le 100ème vol de Falcon 9, SpaceX bat tous les records de réutilisation de sa fusée

25 novembre 2020 à 13h23
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Falcon 9 SpaceX © SpaceX

Décidément, SpaceX n’arrête pas de repousser les limites de son concept de fusées réutilisables. Cette nuit, l’entreprise américaine effectuait la 100ème mission de la fusée Falcon 9, la 23ème de l'année. Il s’agissait aussi du septième vol du booster B1049, qui a été récupéré intact et pourrait donc voler une nouvelle fois !

Ce vol a également permis de mettre en orbite 60 satellites Starlink supplémentaires.

Sept vols en deux ans pour le premier étage de cette Falcon 9

En 2015, SpaceX réussissait à récupérer pour la première fois le premier étage – ou booster – d’une fusée Falcon 9. Depuis, la procédure est devenue assez familière pour l'entreprise, les boosters de Falcon 9 ayant d’abord été récupérés sur des plots d’atterrissage au sol, puis à bord de navires.

Cette nuit, le booster B1049 s’est à nouveau posé sur le navire autonome (ou drone de surface) nommé Of Course I Still Love You et situé dans l’Atlantique. Il s’agissait de la 67ème récupération de booster pour SpaceX, et de la 7ème récupération de B1049. Avec ce vol, ce premier étage de Falcon 9 confirme son statut de booster le plus utilisé de la flotte de SpaceX, fort d'un record de six vols établi en août, cette année.

En deux ans, B1049 aura ainsi effectué cinq lancements pour le compte de la constellation Starlink, un lancement pour Iridium et un autre pour Telstar. Étant donné que chaque vol Starlink permet de placer plusieurs dizaines de satellites en orbite, B1049 est a priori le premier étage ayant mis le plus de satellites en orbite de toute l’histoire spatiale !

Une machinerie bien huilée

Il y a 10 ans à peine, le modèle de SpaceX semblait encore illusoire pour de nombreux acteurs historiques du secteur spatial. Avec ce 100ème vol de Falcon 9, l’entreprise démontre pourtant la fiabilité de ses lanceurs, la pertinence de son système de réutilisation, ainsi que l’efficacité de ses navires-drones, conçus pour récupérer les boosters.

Alors que le secteur aéronautique et spatial connaît, comme d'autres, une importante crise en 2020, SpaceX a déjà 23 vols au compteur cette année, illustrant, s'il le fallait encore, l’incroyable montée en puissance du lanceur Falcon 9, et l'expansion du réseau Starlink. Le fait que des boosters ayant déjà volé puissent bientôt être réutilisés pour des missions habitées Crew Dragon est également gage de la confiance accordée à la Falcon 9.

Pour le moment, SpaceX dispose d’une dizaine de boosters « vétérans », qui ont réalisé à eux seuls la majorité des vols de fusées Falcon. D’autres éléments des fusées, comme les coiffes, sont également réutilisées. Dans les années qui viennent, SpaceX prévoit d’introduire de nouveaux éléments réutilisables, notamment des boosters de Falcon Heavy, mais aussi et surtout son lanceur géant Starship, qui devrait être intégralement réutilisable.

Source : Space.com

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Proutie66
Dire que tout ça c’est grâce à Sheldon Cooper…<br />
smover
Quelle fabuleuse réussite ! Je suis admiratif devant une telle augmentation des cadences des lancements et de la réutilisabilité des composants des fusées.<br /> Vivement les prochains progrès de Starship, en espérant une aussi belle réussite que Falcon 9 pour envoyer notre espèce un peu plus loin dans l’espace !<br /> On peut en penser ce qu’on veut, SpaceX a révolutionné le domaine spatial et permet aux USA de rester en tête face à une Chine ultra ambitieuse. Je pense malgré tout que les chinois seront les premiers sur Mars mais grâce à la société de Musk et les rêves un peu fous de celui-ci les USA peuvent encore y croire.
Ben_Young
Je suis content pour Musk et toute son équipe. Regardez les progrès accomplis en confiant les activités spatiales au secteur privé. Fusée réutilisable, vols habités, technologie de nouvelle génération, le tout obtenu sans la bureaucratie du gouvernement. Les gens adorent utiliser l’argument des subventions envers Spacex. Permettez-moi de vous rappeler que l’ESA, l’UE, ni Arianespace ne sont l’autorité officielle chargée de dire à un autre pays comment dépenser son argent et fixer le prix de ses contrats. Si Spacex reçoit de l’argent supplémentaire, il est clairement réinvesti dans l’entreprise pour continuer à créer de nouvelles technologies.
Bombing_Basta
Regardez les progrès accomplis en confiant les activités spatiales au secteur privé.<br /> Si tu penses vraiment qu’un secteur aussi stratégique a été confié aux seules mains du privé tu te trompes.<br /> Les avancées techniques de Space X sont indéniables, mais l’omniprésence de l’état US dans le domaine, l’est aussi de bien des manières.
Ben_Young
Jetez un œil au programme SLS de la NASA. La fusée n’a pas encore été lancée et leur a déjà coûté 30 à 35 milliards de dollars. La navette spatiale leur a coûté près d’un milliard de dollars à chaque lancement. Le secteur privé a prouvé qu’il pouvait développer des solutions sans les formalités administratives et offrir un coût moindre et une qualité supérieure. De toute évidence, le secteur privé fait quelque chose de bien parce que l’ESA appelle à des changements organisationnels massifs et à des lignes directrices mises à jour pour les retours géopolitiques. Fondamentalement, l’ESA souhaite réduire les coûts logistiques afin d’être compétitive et d’éliminer les formalités administratives. Comme toujours une bonne idée mais trop tard le dommage est complet.
Niverolle
Ben_Young:<br /> Permettez-moi de vous rappeler que l’ESA, l’UE, ni Arianespace ne sont l’autorité officielle chargée de dire à un autre pays comment dépenser son argent et fixer le prix de ses contrats.<br /> Comme si SpaceX ne faisait pas sa pleureuse (cf. lettre officielle où l’on apprend en passant que SpaceX facture en moyenne à 120 millions, bien loin des vantardises d’Elon Musk) :<br /> 20181210_SpaceX_Comments_on_Negotiating_Objectives_for_a_U_S_-European_Union_Free_Trade_Agreement2550×3300 1.18 MB
Ben_Young
permettez-moi de vous rappeler qu’elle continue d’être le point de discussion préféré de l’ESA, de l’UE et d’Arianespace pour jouer la victime.
remitchou
Ce succès n’a rien a voir avec de quelconques subventions / aide / tricherie. C’est le succès d’une vision portée par un homme qui a su convaincre et embarquer les divers acteurs dans cette dynamique , VS une vielle vision technocratique qui pense qu’une fusée est juste un assemblage de technologies découpées et sous traitées. L’Europe à maintenant 20 ans de retard.
Ben_Young
tout comme l’acte d’achat américain, l’Europe n’a aucune obligation de faire des affaires avec spacex ou avec qui que ce soit d’autre. L’ESA ET Arianespace se moquaient des paiements de 400 millions de dollars à l’ULA pour les lancements de la sécurité nationale au cours des 30 dernières années. Vous pensez pendant une seconde que ULA ne s’est pas ajusté non plus sur le marché commercial. Vous êtes fondamentalement contrarié par la politique de prix qui était en place bien avant que Spacex n’existe. Même Arianespace a ajusté l’argent public pour offrir des prix commerciaux plus bas. L’une des principales raisons pour lesquelles l’ESA souhaite mettre fin aux sous-études de tarification commerciale d’Ariane 6
Niverolle
C’est le jeu, Ariane fait sa pleureuse, SpaceX fait sa pleureuse, ULA fait sa pleureuse, Roscosmos fait sa pleureuse, etc. C’est un fait, le spatial a besoin de l’argent du contribuable…
Niverolle
A 120 millions par vol, SpaceX n’est pas le game changer du siècle, même pas face à la vielle Ariane 5 (130 millions pour un covoiturage en position haute) qui finit sa carrière avec un carnet de vol bien rempli. Tout au plus, c’est un concurrent de plus sur un marché étroit et par conséquent très fluctuant (je parle du marché ouvert à la concurrence internationale), d’où cette concurrence acharnée.
Ben_Young
Exactement. Musk a développé une entreprise de classe mondiale avec beaucoup moins d’argent que tous ses concurrents. Il a une vision et il est capable d’optimiser son organisation pour améliorer sa gamme de produits. En quelques années, il est passé de l’atterrissage de fusées au vol spatial habité. L’ESA travaille sur Hermès et d’autres idées de capsules habitées depuis trente ans sans rien montrer. Ariane 6 a dépassé son budget et a deux ans de retard. Il est sûr de dire que l’Europe a raté la course Internet Constellation. Ariane adore annoncer sa capacité à placer de grands satellites dans GEO en sachant parfaitement que le marché GEO est pratiquement mort. des entreprises telles que Hulu ou Netflix n’ont aucune utilité pour les satellites de diffusion traditionnels placés dans GEO. Ils nécessitent un débit Internet, en particulier des constellations LEO. Arianespace a fondamentalement le mauvais modèle commercial pour l’époque actuelle. La situation est si désastreuse que CFE-CGC Ariane espère recevoir le contrat Amazon Kuiper. Qu’est-ce qui vous fait croire que Jeff Bezos lancera ses satellites sur Ariane 6 au lieu de sa propre fusée New Glenn?<br /> https://www.cfecgc-arianegroup.org/newsletter/newsletter.php?id=446
smover
Je pense que les marges de SpaceX sont largement plus élevées qu’Ariane, ce qui leur permet d’investir autant dans Starship et Starlink. Et ce prix de 120 millions est simplement ajusté au niveau bas du marché pour se garantir de confortables moyens financiers pour conforter leur avance.<br /> Cela permet aux USA de subventionner «&nbsp;légalement&nbsp;» SpaceX tranquillement en les «&nbsp;surpayant&nbsp;» …tout en râlant contre les subs européennes. Bref c’est très malin et cela contribue à leur suprématie actuelle.<br /> Les subs à ULA était similaires sauf qu’ULA est loin d’être aussi agile que SpaceX et est en train de se faire complètement larguer.
Niverolle
MisterGTO:<br /> 120 millions c’est le prix pour l’armée<br /> C’est d’autant plus simple à vérifier que les tarifs pour les missions institutionnelles sont publiques, donc, non, c’est bel et bien le prix moyen (et je doute qu’ils osent mentir dans une lettre destinée au congrès américain).<br /> Bref, il va falloir te faire une raison, si Space X n’a pas tué le marché (là encore, il suffit de regarder les contrats signés cette année), c’est qu’il y a une raison… comme le prix au kg justement.
Niverolle
Bah, ne t’inquiète pas trop pour ULA, ils sont pas donnés mais leur qualité de service n’a aucun équivalent sur le marché (pas même Ariane, et encore moins SpaceX) et c’est ce qui importe le plus pour l’armée qui peut être très exigeante pour certaines missions (c’est leur job, ils veulent être prêts en cas de 3e guerre mondiale).<br /> Et si les règles politiques qui plombaient les coûts (chaque états américains voulaient sa part du gâteau d’où une production complètement dispersée, comme du reste en Europe avec la règle du «&nbsp;juste retour&nbsp;») deviennent obsolètes, plus rien n’oblige ULA à traîner un tel fardeau. Donc il ne faut pas y voir une fatalité.
Cdoric
Faire des lanceurs réutilisables c’était surtout la volonté de la NASA dans les années 60.pas une idée sortie de la tête de Musk. D’ailleurs Bezos a eû la même idée au même moment, comme c’est étrange venant de la part de «&nbsp;simples&nbsp;» informaticiens.<br /> Et pour rappel c’est MacDonnellDouglas avec la fusée Delta Clipper DCx qui a prouvé avec succès que le VTOVL pour la réutilisation était parfaitement faisable.<br /> Alors ceux qui ne rigolaient pas étaient les gars de MacDonnellDouglas et la NASA.<br /> Quand, à l’ESA effectivement n’étant pas au courant que dès les années 90, la NASA savait déjà faire ré atterrir sa fusée sur son pas de de tir ils pouvaient se montrer sceptiques. Mais aux us, un peu moins.<br /> Bezos et Musk ont su bien en tirer partie
Niverolle
A ma connaissance, personne de sérieux n’a dit que c’était techniquement infaisable (si un membre de ce forum est convaincu du contraire, je lui demanderais de bien vouloir fournir ses sources), par contre les interrogations portaient (et portent toujours) sur la rentabilité de la manip.<br /> Car MisterGTO a beau nous expliquer que l’on doit surtout pas calculer le prix au kilo en divisant par la charge utile maximale (sans doute préfère-t-il que l’on divise par zéro, histoire de nous faire partir vers l’infini et au delà comme dans Toy Story), il n’empêche que pour tout ceux qui connaissent l’équation de Tsiolkovsky, la question est loin d’être triviale. Car si tu gagnes d’un coté, disons 30% sur le tout compris que paye le client (pas juste le lanceur, comme dans la com de Musk) mais que tu perds autant de l’autre, disons 30% de charge utile maximal (Tsiolkovsky est sans pitié pour les lanceurs dé-optimisés), le prix au kilo n’a pas bougé d’un iota pour le client… Et comme, en plus, la mise en pratique te fait perdre des degrés de liberté, tu seras handicapé pour circulariser certaines orbites (par exemple, en mode réutilisable Space X ne peut offrir qu’un dV de 2200 m/s en GTO contre 1500 m/s pour Ariane, sachant qu’il faut ensuite dépenser près de 45 m/s par an pour rester en station)…
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