Signal : faut-il modérer les groupes de discussion ? Les employés lancent le débat en interne

28 janvier 2021 à 11h16
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La polémique autour des nouvelles conditions d'utilisation de WhatsApp a directement profité aux messageries concurrentes. Parmi elles, Signal a gagné quelque 7,5 millions de nouveaux utilisateurs à travers le monde. Pour la fondation, cela soulève de nouvelles questions éthiques : faut-il modérer les contenus ?

WhatsApp tente d'imposer de nouvelles CGU selon lesquelles les sociétés partenaires souhaitant exploiter la messagerie comme plateforme marchande seraient en mesure de stocker les messages sur Facebook. Initialement prévue pour le 8 février, l'entrée en vigueur a été repoussée au 15 mai.

Face à cette nouvelle politique imposée, une migration massive a commencé, notamment vers Signal.

Une crainte pour certains employés

En offrant par défaut un chiffrement de bout en bout, en proposant des options de messages éphémères et en permettant de vérifier l'identité de son interlocuteur, Signal fait figure de référence en matière de vie privée. Et c'est d'autant plus vrai que le service est géré par une fondation reposant uniquement sur des dons.

Toutefois, selon The Verge, certains employés de Signal s'inquiètent désormais de la montée en puissance du service. L'application serait aujourd'hui entre les mains de 22 millions d'adeptes, mais aucune politique d'utilisation n'a été établie.

« Ils ne veulent même pas savoir à quoi ressemblerait une politique d'utilisation », explique Gregg Bernstein, un ancien chercheur employé de la fondation, en faisant référence à la direction.

Le problème a récemment pris une tout autre ampleur. D'une part, le réseau social Parler ainsi que Telegram ont été pointés du doigt pour avoir été pris d'assaut par des militants extrémistes. Parler aurait notamment servi à organiser la tentative d'insurrection du Capitole aux États-Unis, tandis que Telegram hébergeait plusieurs groupes partageant des propos haineux.

Des outils controversés

Or Signal a introduit en octobre dernier des liens de groupes de discussion. Ces derniers peuvent être partagés et contenir jusqu'à 1 000 membres. Au sein de ces espaces, l'intégralité des échanges est chiffrée. De fait, Signal pourrait alors servir à héberger des contenus jugés inappropriés.

Par ailleurs, afin de renforcer la sécurité des utilisateurs, Signal planche actuellement sur un mécanisme ne nécessitant pas de donner un numéro de téléphone. Signal pourrait ainsi introduire des identifiants uniques. Un tel dispositif pourrait toutefois affaiblir le système de vérification actuellement en place, une personne malintentionnée pouvant alors se faire passer pour quelqu'un d'autre.

Pour certains employés, ces éléments sont sujets à débat. Interrogé par l'un d'entre eux, le P.-D.G. et co-fondateur de Signal Moxie Marlinspike reste vague et explique qu'à moins que cela ne devienne une réalité, rien ne sera fait.

Moxie Marlinspike ajoute que Signal n'est pas un média et la société n'essaie pas de mettre en avant certains contenus, d'autant qu'elle n'a d'ailleurs pas accès à ces derniers.

À l'heure actuelle, Signal n'a repéré aucun lien de groupe privé partagé par des extrémistes sur les réseaux sociaux. Moxie Marlinspike s'est toutefois engagé à embaucher une personne dédiée à la mise en place de conditions d'utilisation et le cas échéant à fermer les groupes privés s'ils devaient être envahis par des extrémistes.

Qu'en pense-t-on chez Clubic ?

Interrogé par nos soins au sujet des abus potentiels de sa messagerie, Andy Yen, fondateur de Protonmail, expliquait que « ce n'est pas parce que les terroristes utilisent le métro que l'on va fermer ce dernier ». Et d'ajouter que « si l'on considère la situation de manière rationnelle, les apports du chiffrement pour protéger sa vie privée sont plus importants que le risque qu'un terroriste fasse usage de ProtonMail ».

Signal ne fait pas exception à cette règle et l'application est déjà utilisée à des fins jugées simultanément « malveillantes » par certains et « bienveillantes » par d'autres.

On imagine cependant que si ces groupes venaient à être exploités publiquement, plutôt qu'une censure qui n'a pas lieu d'être sur une messagerie prônant la liberté d'expression, le nombre de participants aujourd'hui plafonné à 1 000 serait drastiquement revu à la baisse pour un usage plus familial ou professionnel.

Source : The Verge

Modifié le 25/02/2021 à 11h59
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