Une cyberattaque américaine aurait paralysé des dispositifs de contrôle militaires iraniens

Nathan Le Gohlisse
Spécialiste Hardware
24 juin 2019 à 17h57
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La semaine dernière, Donald Trump se ravisait sur la question d'éventuelles frappes aériennes sur l'Iran. Yahoo News nous apprenait toutefois ce weekend que le président américain aurait, le même jour, ordonné à la place « une cyberattaque de représailles contre un groupe d'espions iraniens ». Un rapport corroboré depuis par les sources du Washington Post, du New York Times et d'Associated Press, note The Verge.

Cette cyberattaque fait écho à l'infiltration présumée du réseau électrique russe par l'US Cyber Command. Dévoilée la semaine dernière par le New York Times, cette intrusion aurait eu pour but l'implantation de « malwares offensifs » visant à maintenir les pirates russes en respect. Toutefois, cette semaine, la cible de l'USCC est iranienne, pour une cyberattaque « planifiée depuis des semaines », précise le Times. Elle aurait été menée en guise de représailles à la récente destruction d'un drone américain par l'Iran.

« Un groupe de renseignement » iranien visé

Avalisée par le président Trump, cette frappe numérique avait pour cible « un groupe de renseignement » iranien lié à la Garde révolutionnaire iranienne. Certains rapports expliquent que ce groupe serait même totalement intégré au corps des Gardiens de la révolution islamique, considéré, depuis avril, comme une organisation terroriste par les Etats-Unis.

D'après Yahoo News, ce groupe serait impliqué dans les récentes attaques de plusieurs pétroliers, tout particulièrement dans le golfe d'Oman. Son rôle, explique Le Monde, est de surveiller le passage de navires dans les eaux du détroit d'Ormuz.

D'après le Washington Post, cité par The Verge, la cyberattaque menée par l'US Cyber Command aurait « paralysé des systèmes de commandement et de contrôle militaires iraniens » mais n'aurait causé aucune victime humaine. Pour le New York Times, des systèmes de contrôles de missiles étaient aussi visés.

De son côté, le ministre iranien des télécommunications, Mohammad Javad Azari-Jahromi, expliquait ce lundi 24 juin, sur Twitter, qu'aucune des cyberattaques américaines lancées contre l'Iran n'avaient abouti. « Les médias s'interrogent sur la véracité de présumées cyberattaques contre l'Iran. Je dois dire que cela fait longtemps que nous faisons face au cyber-terrorisme (...) et à l'unilatéralisme » américain. Des propos relayés par Le Monde.

« Aucune de leurs attaques n'a réussi, alors qu'ils font beaucoup d'efforts en ce sens ». « L'an dernier, nous n'avons pas fait échouer une attaque, mais 33 millions », a-t-il conclu.

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran toujours plus palpables

Cette cyberattaque américaine n'est pas la première a avoir été menée à l'encontre de l'Iran. En 2016, rappelle The Verge, les Etats-Unis avaient par exemple initié un plan baptisé « Nitro Zeus » visant les infrastructures civiles iraniennes (réseaux électriques et téléphoniques entre autres). Il aurait depuis été mis au placard par les autorités américaines, malgré les dizaines de millions de dollars investis dans ce projet et les opérations de reconnaissances menées sur les réseaux informatiques iraniens.

En l'état, les tensions observées depuis des années entre les Etats-Unis et l'Iran pourraient gagner en amplitude. Donald Trump expliquait ce week-end vouloir, dès ce lundi, imposer « d'importantes sanctions supplémentaires à l'encontre de l'Iran ».

Source : The Verge
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