La Chine veut faire pression sur les USA avec ses terres rares : de quoi s'agit-il ?

Alexandre Boero Contributeur
03 juin 2019 à 10h38
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Dans la guerre commerciale qui l'oppose aux États-Unis, l'Empire du Milieu pourrait se servir de ses précieuses terres rares.

Pour faire pencher la balance en sa faveur, et faire payer le traitement subi par son fleuron technologique Huawei, Pékin envisagerait d'utiliser une nouvelle arme face aux États-Unis, celle des terres rares, comme l'ont révélé plusieurs journaux du pays présidé par Xi Jinping, mercredi. Premier producteur mondial, la Chine connaît l'importance de ces métaux aux yeux des États-Unis. Priver son opposant d'exportation de cette ressource constituerait une réponse sèche du berger à la bergère.

La Chine concentre l'immense majorité de la production mondiale de terres rares


Les terres rares sont des minerais aussi indispensables que précieux, utilisés dans de nombreux secteurs technologiques ou activités comme la radiographie médicale ou les lasers chirurgicaux et infrarouges. Ils sont présents dans des objets comme les smartphones, tablettes, éoliennes, batteries rechargeables, disques durs, écrans plats, ou encore dans les panneaux photovoltaïques.

Plutôt d'aspect argenté, les terres rares sont au nombre de 17 et regroupent notamment le scandium, l'yttrium, le lanthane, le cérium, ou le dysprosium. Ces métaux, que l'on considère comme le pétrole du XXIème siècle, portent mal leur nom. Ils ne sont en effet pas « rares », puisque Terre en abrite davantage que l'or ou l'argent, mais leur particularité et d'être extraits pour plus de 80% depuis le sol chinois. Cela offre une position monopolistique stratégique à l'Empire du Milieu, d'autant plus que 90% de ces terres rares sont raffinées dans des usines... chinoises. Même les terres rares provenant de l'unique mine américaine sont raffinées en Chine.

La tentation de faire chanter son opposant


La rareté de ces minerais s'explique par leur exploitation au niveau géographique, mais aussi par une simple règle économique : la loi de l'offre et de la demande. Les quantités disponibles sont tout simplement plus faibles par rapport à la demande qui, elle, ne cesse de croître. Voilà ce qui fait de ces ressources un argument de poids en pleine bataille commerciale.

Alors que la Chine a extrait plus de 120 000 tonnes de terres rares en 2018 (70% de la production mondiale), l'Australie suit de loin avec 20 000 tonnes, devant les États-Unis et leurs 15 000 tonnes. Quatrième, la Birmanie ne concentre que 5 000 tonnes. Mais si l'opportunité de faire « chanter » les États-Unis paraît tentante, il n'est encore pas certain que la Chine cède et coupe les exportations vers le pays aux 51 États, cherchant encore à trouver une issue pacifique au conflit.

Source : France 24
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