TEST | Huawei MateBook E : la tueuse de Surface Pro 8 ?

Nathan Le Gohlisse
Spécialiste Hardware
12 avril 2022 à 19h29
9

Annoncée lors de la conférence de Huawei au dernier MWC, la MateBook E est une tablette Windows qui ne cache pas son ambition d’être un gros cailloux dans la chaussure de Microsoft et sa Surface Pro 8. Design, ergonomie… l’ardoise de Huawei reprend la copie de son concurrent, en ajoutant un écran OLED, et en abaissant le prix du ticket d’entrée. Nous avons testé la MateBook E pendant deux semaines, voici notre avis sur la nouvelle tablette de Huawei.

Huawei n’est pas le premier à vouloir s’attaquer à la relative hégémonie de Microsoft sur le marché des tablettes Windows. Samsung, HP, Dell, ASUS ou encore Lenovo s’y sont par exemple essayés plus ou moins récemment… et avec plus ou moins de succès. Il faut dire la chose n’est pas nécessairement aisée : le géant de Redmond a solidement ancré ses Surface Pro sur le marché et dans les esprits, au point parfois de se reposer un peu trop sur ses lauriers. Une situation à laquelle Huawei est bien décidé à mettre un terme. À l’occasion du MWC 2022, le constructeur chinois — de plus en plus centré sur le marché PC — annonçait ainsi sa MateBook E.

Huawei MateBook E
  • Design sobre, finitions au point
  • Un chouette écran OLED de 12,6 pouces
  • Recharge rapide efficace
  • Bon clavier, bonne webcam, bons haut-parleurs
  • Performances limitées du processeur
  • Autonomie décevante (5 à 6 heures)
  • Connectique trop pauvre
  • Clavier non rétroéclairé

Intéressante à bien des égards, cette nouvelle tablette est propulsée, comme la Surface Pro 8, par des processeurs Intel de 11ème génération, mais a aussi pour atout d’embarquer un écran OLED aux spécifications aguicheuses. Huawei a également voulu positionner sa MateBook E à un tarif plus agressif que sa principale concurrente. Nous allons voir ce que vaut cette alternative, mais voici d’abord sa fiche technique détaillée.

Fiche technique Huawei MateBook E

Résumé

Processeur
Intel Core i5-1130G7
Taille de la mémoire
16GB
Carte graphique
iGPU Intel Iris Xe
Max-Q
Non
Taille de l'écran
12,6in
Taux de rafraîchissement
60Hz

OS

Système d'exploitation
Windows 11

Processeur

Processeur
Intel Core i5-1130G7
Type de processeur
4 coeurs / 8 threads
Fréquence du processeur
4GHz
Finesse de gravure
10nm

Mémoire vive

Taille de la mémoire
16GB
Type de mémoire
DDR4

Graphismes

Carte graphique
iGPU Intel Iris Xe
Max-Q
Non
VR Ready (réalité virtuelle)
Non

Écran

Taille de l'écran
12,6in
Taux de rafraîchissement
60Hz
Type de dalle
Dalle AMOLED
Type d'écran
OLED
Résolution d'écran
QHD+
Format de l'écran
16/10
Dalle mate / antireflet
Non
NVIDIA G-SYNC
Non
Écran tactile
Oui

Stockage

Configuration disque(s)
SSD
Disque principal
512 Go
Emplacement mSATA/M.2
M.2 (occupé)
Lecteur de carte mémoire
Aucun

Connectique

Connectiques disponibles
Jack 3,5mm Femelle Stéréo, Thunderbolt 4/USB-C

Réseau sans-fil

Wi-Fi
Oui
Version Wi-Fi
6
Bluetooth
Oui
Version Bluetooth
5.1

Équipement

Webcam
Oui
Haut-parleurs
Intégrés
Clavier
Azerty
Clavier rétroéclairé
Non
Pavé numérique
Non
Lecteur d'empreinte digitale
Oui

Caractéristiques physiques

Épaisseur
7mm
Longueur
306mm
Largeur
215mm
Poids
709g

Proposé à 1299,99 en prix standard (1099,99 euros en offre de lancement) le modèle que Huawei nous a fait parvenir prêt est la mouture la mieux équipée de la MateBook E en France (Core i5, 16 Go de RAM, 512 Go de stockage), elle est livrée par défaut avec le clavier Smart Magnetic Keyboard de Huawei. Ce n’est pas le cas de la version entrée de gamme de cette nouvelle tablette, pour laquelle il faudra acheter séparément ledit clavier (comptez 100 euros environ).

Disponible à partir de 699,99 euros, ce modèle de base s’équipe quoi qu’il en soit d’un Core i3-1110G4, couplé à 8 Go de RAM et 128 Go de SSD. Notons enfin qu’un modèle haut de gamme a aussi été annoncé par Huawei en février. Il remplace le Core i5 de notre unité de test par un Core i7 et s’envole à 1399 euros. Dans l’immédiat, cette variante n’est toutefois pas disponible sur le catalogue français de Huawei.

Huawei MateBook E-18 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Design : une MatePad Pro 2021 réincarnée

De prime abord, la MateBook E ressemble à s’y méprendre à la Surface Pro 8 de Microsoft, mais à y regarder de plus prêt on s’aperçoit que Huawei recycle surtout le look et le châssis de sa dernière MatePad Pro. Avec son expérience Android amputée par les sanctions américaines, cette ardoise était un peu passé inaperçue face aux tablettes haut de gamme de Lenovo, Samsung et Apple en 2021. En un sens, et avec la MateBook E, elle se réincarne donc sous la forme d’une tablette Windows 11. Cela a du sens : Huawei change son fusil d’épaule puisqu’il ne peut plus tellement compter sur Android en Europe.

Dans le cas présent, ce n’est pas pour nous déplaire puisque la MatePad Pro profitait d’un design accrocheur et d’une très chouette qualité d’assemblage, de belles qualités que l’on retrouve sur le produit qui nous intéresse aujourd’hui.

Avec sa MateBook E Huawei nous livre ainsi un appareil une nouvelle fois réellement abouti. En dépit d’une face arrière en plastique très salissante, la tablette est sobre, élégante et vraiment agréable à prendre en mains. Son look est moderne, avec de très fines bordures (plus fines que sur la Surface Pro 8) et des bords arrondis. Côté mensurations la MateBook E est par contre assez imposante : 306 x 215 x 7 mm pour 709 grammes. Autant dire qu’on ne la perd pas facilement de vue, même sur un bureau un peu trop encombré. Elle reste cependant plus fine et presque 200 grammes moins lourde que sa concurrente de chez Microsoft, ce qui n’est pas du tout négligeable à l’usage.

Huawei MateBook E-12 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Huawei MateBook E-13 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Huawei MateBook E-21 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

À l’inverse de sa meilleure ennemie, la MateBook E fait par contre le choix d’un lecteur d’empreintes digitales (logé dans la touche de verrouillage) en lieu et place des capteurs infrarouges nécessaires à l’identification faciale par Windows Hello. Ce n’est pas très gênant puisque le déverrouillage de la tablette enclenchera l’identification pratiquement d’un même mouvement. On sent par contre que Huawei a fait un peu d’économies sur la qualité des plastiques utilisés pour les boutons de sa tablette. Ces derniers font un peu cheap. Rien de bien gênant toutefois.

Connectique… ou pas

On ne peut pas en dire autant de la connectique. Sur ce point le constructeur se moque un peu du monde : c’est à se demander s’il a gardé en tête que nous sommes ici sur une tablette Windows, ayant pour vocation première d’être utilisée comme un PC… et non sur une simple tablette Android. Il faut donc se contenter d’une prise casque et d’un seul port USB-C Thunderbolt 4. Rien de plus. Non seulement il faut souvent utiliser un adaptateur pour travailler sur la tablette au jour le jour, mais on manque très vite d’options pour se raccorder à plusieurs accessoires ou périphériques en même temps. Ne serait-ce que recharger la tablette et garder une clé USB branchée, par exemple, est impossible par défaut.

Huawei MateBook E-23 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Pour combler ce vite, Huawei compte à n’en point douter sur son écosystème logiciel, ses technologies d’affichage sans fil et de partage de fichiers… mais si vous ne disposez pas d’autres appareils de la marque pour les exploiter, eh bien vous n’en verrez tout simplement pas la couleur.

Caméras

Prenons quelques lignes pour parler des deux caméras intégrées à la MateBook E. Nous profitons en façade d’un module de 8 Mpx faisant office de (très bonne) webcam. La netteté est au rendez-vous, même dans des conditions de lumière un peu délicates, et globalement on ne trouve aucun PC portable capable de faire mieux sur le marché actuel. Seules les autres tablettes Windows testées récemment par nos soins font aussi bien (on pense par exemple à l’ASUS Vivobook 13 Slate OLED, testée sur Clubic début février).

Huawei MateBook E-8 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Huawei MateBook E-2 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

À l’arrière de notre tablette, on retrouve aussi un capteur grand-angle de 13 Mpx. Lui aussi fait du bon travail dans l’ensemble même si son utilité sur ce type de tablette est assez limité. Disons qu’il se montrera intéressant pour scanner des documents ou éventuellement pour prendre des photos ou vidéos ponctuelles.

Huawei MateBook E-22 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Huawei MateBook E-1 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Quid du clavier ?

Abordons la question du Smart Magnetic Keyboard fourni par Huawei avec le modèle i5 de sa MateBook E. Ce dernier fait office de housse de protection englobant complètement l’arrière de la tablette. D’assez bonne facture, celui-ci n'est pas non plus « premium » ; on regrette notamment que son rabat ne soit pas mieux aimanté (il a tendance à s’ouvrir sans qu’on le veuille) et que la partie dépliante faisant office de trépied ne permette pas plus de positions. Il est par exemple impossible d’utiliser la MateBook E pratiquement à plat comme une Surface Pro. Son design en chevalet permet par contre de retirer très facilement la tablette de son pied, ce qui peut être pratique dans certains cas.

La partie clavier en elle-même est pour sa part très efficace, avec une frappe rapide et précise, très sèche, grâce à une course courte et un retour ferme. Taper de longs textes sur ce clavier est agréable. Dommage par contre que Huawei n’ait pas jugé bon de rétroéclairer ses touches. À ce niveau de prix, c’est décevant. Tout en longueur et disposant d’une surface de glisse assez réduite, le trackpad est par contre convaincant, précis et relativement confortable.

Huawei MateBook E-6 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Huawei MateBook E-10 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Huawei MateBook E-15 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Avant de passer à la suite, notons que la MateBook E n’est pas conçue pour être démontée, ce qui est assez logique pour ce type de produit. Les réparations ou la mise à jour du stockage (annoncé sous la forme d’un SSD M2), seront presque impossible pour le commun des mortels. On ne peut toutefois pas tellement en faire le reproche à Huawei, ses concurrents ne font pas mieux. Si le potentiel de réparabilité et d’upgrade est un sujet important pour vous, n’hésitez pas à parcourir notre test du Framework Laptop, un ultraportable entièrement (et facilement) démontable.

Écran : un très bel écran OLED… aux couleurs mal calibrées

La qualité d’affichage est annoncée comme l’un des plus beaux atours de la MateBook E, et effectivement, la tablette de Huawei dispose d’un très bel écran 16:10 OLED et 60 Hz, de 12,6 pouces, pour plaider en sa faveur.

Contrairement à beaucoup de ses concurrents, Huawei ne se tourne pas vers Samsung Display pour lui fournir cette dalle OLED, mais vers le fabricant chinois EDO (Everdisplay Optronics). Cet écran dispose d’une définition QHD+ (2560 x 1600 pixels) et profite d’une très belle finesse d’affichage (240 ppp). Huawei annonce pour sa part une fidélité colorimétrique de haute volée pour sa tablette, mais disons le tout de suite, notre sonde n’est pas d’accord du tout.

Huawei MateBook E-7 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Aidés du logiciel de mesures Calman Ultimate nous relevons ici un DeltaE s’envolant à 6,5, bien loin des promesses de Huawei, et une température des couleurs beaucoup trop froide, estimée à 7057 kelvins. On constate par ailleurs une dérive assez marquée sur les bleus. En clair, l’écran de la MateBook E permet effectivement une qualité d’affichage très satisfaisante à lœil nu, mais il est en réalité mal calibré par défaut. Pour que les couleurs soient justes, le DeltaE devrait idéalement être égal ou inférieur à 3, tandis que la température des couleurs serait censée approcher les 6500 kelvins du standard vidéo. Malheureusement nous en sommes loins.

Huawei MateBook E-5 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Côté luminance, nous mesurons une valeur maximale de 398,4 cd/m2 en situation d’utilisation classique. Bien en dessous des 600 cd/m2 évoqués par Huawei, cette luminosité reste suffisante à l’usage. L’écran de la MateBook E demeure lisible en toutes circonstances. Pas de souci de ce côté en dépit d’un revêtement brillant, classique sur ce genre d’appareil. OLED oblige, le contraste est infini, au point de faire planter nos outils de mesure. Huawei respecte aussi ses engagements pour ce qui est de la prise en charge des principaux espaces colorimétrique. Le spectre sRGB est supporté à 154,2% et le gamut DCI-P3 est bel et bien couvert à 99,6%.

Performances : le choix de la modestie ?

Notre version de la MateBook E était équipée d’un Core i5-1130G7. Cette puce regroupe 4 coeurs et 8 threads cadencés entre 1,80 et 4,00 GHz, et 8 Mo de cache, pour un TDP configurable entre 7 et 15 W. Il s’agit d’un processeur moins véloce que les Core i5-1135G7 ou i7-1185G7 utilisés sur les Surface Pro 8, mais ce choix n’est pas anodin pour Huawei. Sa MateBook E est plus fine, il faut donc veiller à ménager son système de dissipation (actif) fatalement assez peu musclé. Par ailleurs, l’ardoise dispose d’une plus petite batterie que sa principale concurrente… batterie sur laquelle un gros processeur aurait trop tiré. En optant pour un processeur à très basse consommation, Huawei fait donc le choix de la modestie, mais aussi et surtout de l’équilibre.

Huawei MateBook E-19 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Pour savoir si ce choix est payant, nous avons lancé nos tests de performances habituels sur la MateBook E. En benchmark sous CineBench R23, la puce choisie par Huawei affiche vite ses limites sur le plan de la puissance de calcul. Elle se contente en effet de 2703 points seulement en multi-core contre tout juste 1098 points en single-core. Pour vous donner un point de repère, le Core i5-1135G7 du Framework Laptop glanait 4801 points en calcul multi-core et 1302 points en single-core. L’écart est déjà palpable, mais il l’est encore plus si l’on jette cette fois un oeil aux performances du Core i7-1185G7 installé à bord de la Surface Pro 8 haut de gamme. Sur le même benchmark, cette puce totalisait en effet quelques 5185 points en calcul multi-core, et 1481 points en single-core.

Soyons clairs, les performances de la MateBook E sont donc restreintes par rapport à la concurrence, mais cela ne l’empêche pas de proposer une expérience fluide pour l’ensemble des activités du quotidien, que ce soit en multimédia léger, en bureautique ou pour surfer sur le web. Ce sont clairement les usages ciblés avec ce produit, les utilisateurs les plus exigeants pourraient donc rester sur leur faim. Ce manque de tonus est compensé par la maîtrise offerte en termes de chauffe. La tablette de Huawei chauffe peu au toucher et sait globalement rester silencieuse. Même en charge intensive, son petit ventilateur se contente d’émettre un souffle discret, facilement couvert par les tapotements sur le clavier ou les bruits environnants.

Huawei MateBook E-14 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Voyons justement ce qu’il en est du côté de la gestion des températures sur le processeur. De ce côté nos précédentes observations s’expliquent assez simplement par les fréquences appliquées au différents cœurs du CPU : elles sont basses. En stress test sous AIDA64, ces dernières oscillaient entre 1,65 et 1,75 GHz en moyenne. Des valeurs maintenues de façon assez régulières sur toute la durée de la charge. Les quatre cœurs de notre Core i5-1130G7 étaient alors sollicités à 100% mais leurs températures n’excédaient jamais les 55 à 60 degrés. Pour faire court, Huawei a clairement privilégié la maîtrise des températures aux performances pour sa MateBook E. Compte tenu du gabarit de l’ardoise, ce n’est pas très surprenant, mais il faut bien comprendre ce que l’on achète : si vous cherchez une tablette réellement puissante, ce n’est pas vers elle qu’il faudra vous tourner.

Huawei MateBook E-24 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Huawei MateBook E-25 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Huawei MateBook E-16 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Cela étant dit, le processeur de notre modèle de prêt est tout de même équipé d’un GPU intégré relativement efficace pour jouer ponctuellement à quelques jeux anciens ou peu gourmands. Cette partie graphique Iris Xe (comprenant 80 unités de calcul à 1,10 GHz) est ainsi capable d’animer Minecraft Windows Edition dans de bonnes conditions de fluidité. Nous avons également été en mesure de jouer à GTA V avec une définition Full HD+ (1920 par 1200 pixels) sans trop de problème, en maintenant par contre les réglages à un niveau faible / moyen. Les balades à bord du Pick-up de Trevor se faisaient alors avec une bonne trentaine de FPS au compteur. De quoi jouer convenablement. Notez enfin qu’avec son grand écran OLED, la MateBook E est aussi très adaptée au Cloud Gaming. Elle fait alors office de chouette moniteur pour retrouver tous nos jeux préférés sur Google Stadia ou Nvidia GeForce Now.

Terminons par les performances du SSD de 512 Go choisi par Huawei sur notre configuration de test. Ce dernier affiche de bonnes vitesses de transfert, sans pour autant atteindre le haut du tableau des ordinateurs ultraportables lancés ces derniers mois. On profite quoi qu’il en soit de 3394,22 Mo/s en lecture et 2457,03 Mo/s en écriture. Pour la vaste majorité des utilisateurs, cela permettra des transferts de fichiers rapides et contribuera à la bonne réactivité de l’appareil, mais aussi des applications installées.

Autonomie : la recharge rapide au chevet d’une endurance pauvrette

Nous l’avons dit, la MateBook E ne fait pas vraiment le choix de la puissance en optant pour un processeur à très basse consommation. Ce dernier chauffe peu, certes, mais cela ne suffit malheureusement pas à conférer une autonomie vraiment satisfaisante à l’ardoise Windows de Huawei. Cette dernière mise pour rappel sur une petite batterie de 42 Wh dont on vient assez vite à bout.

Huawei MateBook E-11 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Dans le cadre de notre test d’autonomie habituel, qui consiste simplement à lancer une série sur Netflix et à laisser les épisodes s’enchaîner jusqu’à épuisement complet de la batterie, nous n’avons pas été impressionnés par la prestation de la MateBook E. Sur Netflix (via Edge), avec la luminosité de l’écran poussée à 100%, les paramètres d’alimentation privilégiant l’efficacité énergétique et un casque branché, nous n’avons pas dépassé les 5 heures 50 de lecture vidéo avant l’extinction des feux. C’est peu. Dans les mêmes conditions, en 60 Hz, la Surface Pro 8 parvenait à tenir presque 1 heure de plus avant de se couper, tandis que l’ASUS Vivobook 13 Slate et son écran OLED atteignait les 7 heures 40 avant de voir sa batterie rendre les armes.

Certes, en utilisation plus polyvalente, avec la luminosité de l’écran aux environs de 50%, la MateBook E parvient à approcher les 7 heures d’autonomie, mais cela reste tout juste honnête. D’autant plus si l’on jette un coup d’oeil à ce que propose par exemple le tout nouvel iPad Air M1 (testé récemment sur Clubic), plus performant grâce à sa puce M1… et nettement plus endurant : il parvient à tenir jusqu’à 10 heures 30 en utilisation polyvalente.

La recharge se fait pour sa part à l’aide d’un bloc secteur de 65 W fourni par Huawei. Autant le préciser, car la chose n’est plus systématique : Samsung ne fournit aucun chargeur avec sa Galaxy Tab S8+, par exemple. Ce bloc de 65 W permet de retrouver 40% d’autonomie en un peu plus de 20 minutes de recharge grâce à la technologie de charge rapide Supercharge de Huawei. Les 100% de batterie, eux, sont atteints en 1 heure 15 sur secteur environ. On ne perdra donc pas trop de temps avant de regagner une charge complète. Heureusement.

Huawei MateBook E-4 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Huawei MateBook E-9 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Audio : quatre-haut parleurs valent mieux que deux

Sur le plan audio, Huawei fait par contre du bon travail pour nous proposer une qualité d’écoute globalement au point. Les haut-parleurs de la MateBook E sont au nombre de quatre, tous braqués vers l’utilisateur et ses esgourdes. Il émettent un son puissant et clair, qui nous a paru bien équilibré, avec des aigus plutôt précis et des médiums bien balancés. Les graves sont aussi au rendez-vous, du moins dans une certaine mesure : on reste sur une tablette. Dans l’ensemble, il est tout à fait possible de regarder une vidéo ou un film dans de bonnes conditions sans brancher de casque.

Lorsqu’il faut brancher un casque, pas de problème. La sortie jack 3,5 mm délivre un signal clair et puissant elle-aussi. En clair, l’ardoise de Huawei ne se moque pas du chaland sur le plan sonore.

Huawei MateBook E-20 © © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
© Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Huawei MateBook E, l’avis de Clubic :

7

Avec sa MateBook E, Huawei tombe en partie dans le piège d’avoir mis toutes ses billes dans la qualité de l’écran, au risque de négliger certains éléments pourtant très importants sur une tablette Windows, censée pouvoir remplacer un PC portable. L’ardoise du constructeur chinois, qui concentre de plus en plus ses forces sur le marché PC, du moins en Europe, souffre ainsi d’une autonomie décevante qui ne permettra pas d’atteindre la journée complète de travail sur batterie. Certes, la recharge rapide proposée par la marque compense en partie cette lacune, mais le pari de miser (beaucoup trop) sur la l’efficacité d’un bloc secteur reste tout de même un pari risqué sur un produit avant tout destiné à la mobilité.

Cette autonomie limitée est d’autant plus regrettable qu’elle n’est pas contrebalancée, comme sur la Surface Pro 8, par une belle puissance de feu CPU. Il faut ici se contenter de puces Intel à très basse consommation… qui déploient fatalement des performances modestes. Heureusement, la MateBook E reste fluide et agile au quotidien, mais elle n’autorisera pas une utilisation réellement poussée. La connectique qui nous est ici proposée est par ailleurs déconcertante de pauvreté pour une tablette Windows.

Cela dit, la qualité d’affichage permise par la technologie OLED rend la tablette de Huawei attirante, même si une calibration plus pointilleuse aurait été la bienvenue. On apprécie aussi la qualité d’assemblage et de finitions proposée par le géant chinois sur un produit qui reste (relativement) accessible en version de base. La tablette est pour le reste au niveau de la concurrence sur les « à côtés », avec une caméra frontale convaincante en visio, de bons haut-parleurs et un clavier détachable de bonne facture. Reste à savoir si ces quelques arguments s’avèreront suffisants pour faire passer la pilule de l’autonomie réduite et du manque de muscle sur le plan CPU.

Les plus

  • Design sobre, finitions au point
  • Un chouette écran OLED de 12,6 pouces
  • Recharge rapide efficace
  • Bon clavier, bonne webcam, bons haut-parleurs

Les moins

  • Performances limitées du processeur
  • Autonomie décevante (5 à 6 heures)
  • Connectique trop pauvre
  • Clavier non rétroéclairé

Design 7

Écran 9

Performances 7

Autonomie 6

Prix 8

Concurrence : quelles alternatives à la Huawei MateBook E ?

Deux tablettes Windows alternatives à la MateBook E de Huawei nous viennent à l’esprit : l’une plus haut de gamme, l’autre plus abordable.

La première, vous l’aurez deviné, n’est autre que la Microsoft Surface Pro. Loin d’être parfaite, cette dernière profite d’un « nouveau » design hérité de la Surface Pro X. Par rapport à notre MateBook E, la Surface Pro offre un écran 120 Hz (non OLED et limité à 60 Hz sans intervention de l’utilisateur) et un niveau de performance nettement plus généreux. Force est d’admettre qu’elle s’illustre aussi par une autonomie (un peu) plus au point que sa concurrente chinoise, même s’il n’y a pas de quoi se pâmer par rapport à ce que la plupart des PC ultraportables de 2021-2022 proposent en la matière. La Surface Pro 8 est toutefois nettement plus coûteuse que la MateBook E, y compris en prix de départ : comptez 1179 euros pour le modèle i5… hors clavier. Un clavier quasi indispensable et qui n’a malheureusement rien d’abordable. Il ajoutera sans moufeter 179 euros à l’addition.

Microsoft Surface Pro 8 (2021)

  • Très bon niveau de performances
  • Bel écran IPS, bien calibré
  • « Nouveau » châssis, plus élégant et moderne

La seconde n’est autre que l’ASUS Vivobook 13 Slate OLED. Comme son nom l’indique, cette tablette Windows dispose d’un écran OLED 1080p de très grande qualité, parfaitement calibré qui plus est. Une rareté sur un produit qui se revendique aussi ouvertement de l’entrée de gamme, avec un prix de départ fixé à 599 euros avec un clavier fourni (499 euros hors clavier). Pour ce prix, les compromis sont toutefois assez nombreux, notamment en termes de performances. Cela force la Slate 13 OLED à se cantonner uniquement à la bureautique et aux usages multimédia légers. Il s’agit donc d’une tablette Windows peu polyvalente. Son autonomie est par contre honnête, comme nous l’évoquions plus haut.

ASUS Vivobook 13 Slate OLED

  • Un sublime écran OLED, calibré aux petits oignons
  • Clavier détachable agréable à l’usage
  • Webcam convaincante

Accessoirement, l’iPad Air M1 (2022) peut aussi être une solution intéressante à prendre en compte si vous n’avez pas peur de vous aventurer sur iPadOS au lieu de Windows. La nouvelle tablette milieu de gamme d’Apple propose une débauche de performances grâce à sa nouvelle puce M1, avec une autonomie solide et un écran IPS qui a déjà fait ses preuves. L’iPad Air 2022 débute à 699 euros. Sans surprise chez Apple, les claviers sont par contre vendus à part et au prix fort, comptez 199 euros pour mettre la main sur un Smart Keyboard Folio, ou 339 euros si vous préférez opter pour le Magic Keyboard.

Apple iPad Air 5 (2022)

  • Un design toujours aussi séduisant
  • Un bel écran 10,9 pouces
  • Le processeur M1 déborde de puissance
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9
7
Passion1
Huawei font de bonnes tablettes , pour avoir deux depuis 3 ans , il fonctionne comme au premier jour .<br /> Le seul défaut pour certains qui ont l’habitude des services Google devront s’habituer
_J2B
Ce n’est pas un problème sur cet appareil qui tourne sous Windows 11.<br /> Par contre pour ce qui est de cette tablette, je suis plutôt déçu. Un appareil axé productivité (au vu du prix et de l’OS j’entends) avec un écran 16:9 seulement 60Hz, un clavier non rétro-éclairé et une autonomie rachitique, c’est assez limite.<br /> Pour le coup la Surface Pro 8 reste assez tranquille bien que plus chère hors promo.<br /> Mais c’est toujours bien d’avoir une proposition supplémentaire sur ce type d’appareil hybride.
mrassol
regarde aussi du coté de Dell, y’a la surface en mieux
_J2B
Si tu parles de la 7320, je ne vois pas en quoi elle est mieux : mêmes forces, écran 120Hz en moins (à ma connaissance), mêmes faiblesses mais tarifée bien plus chère.<br /> À moins qu’il y ait un autre produit que j’ai loupé ?
mrassol
Y’a la 4G dedans
fawaz
ça vaut 20€ une clé 4G…
smover
Tiens-je ne connaissais pas cette Dell merci @mrassol<br /> Les Surface Pro sont quand même uniques sur le marché aujourd’hui tant l’équipement est complet (Windows Hello IR, le meilleur clavier avec choix des couleurs, le meilleur stylet du marché toutes marques confondues, pas mal de choix de configs, béquille à réglage de positions illimités etc.). Alors bien sûr un écran OLED serait cool, des ports en plus (3 USB-C comme sur la HP c’est évidemment mieux) mais au quotidien je ne connais rien de mieux en machine légère et ultra polyvalente.
mrassol
ouais mais c’est pas aussi pratique quand tu t’en sers tous les jours
adippe
Attention avant d’acheter du Huawei, petite histoire perso récente : J’ai acheté un Matebook 14s directement dans leur flagship d’Opéra (Paris) plein pot (la réduction étant arrivée la semaine d’après). Travaillant sous Ubuntu, j’ai même pas lancer la machine sous Windows (donc n’est pas activé la version OEM vendue avec) et j’ai installé mon OS. Dans la précipitation, j’ai supprimer la partition de recovery (étonnamment pas protégée, mais bon, j’aurai dû faire gaff’). 2 mois après, j’ai voulu revenir à Windows en vu de vendre cette machine, impossible de réinstaller Windows depuis le DD (forcément, il ne trouve pas la partition), et en essayant avec un ISO de Windows, des drivers sont manquants et Windows refuse de s’installer. Je retourne au flagship, les nanas de comprennent rien à mon problème et je finis par avoir un petit chef qui me prend de haut en m’expliquant que c’est mon problème et que la seule solution est de faire un changement de carte mère à plus de 500€ ! J’ai beau lui expliquer que je ne vois pas le rapport entre un flash du disque (que je suis près à payer) et le changement matériel (vivre l’écologie), le ton monte et je préfère partir avant de lui coller une droite (enfin c’est ma femme qui m’a trainer de peur que je lui colle une droite lol) … Simplement une grosse arnaque à la limite de la légalité d’après mon avocat puisqu’ils obligent à acheter une License OEM qu’ils ne sont pas capable de fournir si la partition la contenant - non protégée - est effacée.<br /> Voila, je ne juge pas le matos, mais faite attention à la politique de cette société.
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