Google France et les éditeurs de presse proches d'un accord sur le droit voisin

08 octobre 2020 à 08h00
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© AB / Clubic

La filiale du géant américain a annoncé, mercredi soir, accepter le principe de la rémunération des éditeurs, sur la base de la loi sur le droit voisin.

Alors qu'il semblait que les négociations étaient au point mort entre Google et les éditeurs de presse français, il n'en est rien. Mercredi 7 octobre, Google France nous a fait parvenir un communiqué dans lequel elle annonce avoir fait des avancées certaines avec les éditeurs de presse représentés par l'Alliance de la presse d'information générale (APIG), qui compte 287 membres, parmi lesquels Le Monde, Le Figaro, Ouest France, Les Échos ou La Provence. Les deux parties sont désormais « proches d'un accord », apprend-on.

Plus d'un an de négociations

Les discussions ont été longtemps à l'arrêt. Mais visiblement, l'injonction délivrée par l'Autorité de la concurrence en avril dernier a fini par faire son effet. L'autorité avait en effet donné raison au camp des éditeurs et demandé à Google de leur faire bénéficier d'une compensation financière motivée par le droit voisin. Las de ne pas avoir obtenu satisfaction, l'Agence France-Presse, le Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM) et l'Alliance de la presse d'information générale (APIG), qui est née de l'union de quatre syndicats historiques issus de la presse quotidienne et de la presse quotidienne régionale, avaient décidé de déposer plainte, le 7 septembre dernier, à nouveau devant l'Autorité de la concurrence.

L'APIG et Google ont donc fait des avancées significatives ces dernières semaines dans le processus de rémunération que la firme californienne doit adresser aux éditeurs de presse français. Les deux discutent depuis un an désormais à ce sujet, le but, pour les syndicats français, étant d'être payés au titre des droits voisins sacrés par la loi française du 24 juillet 2019, qui a transposé la directive copyright européenne.

« Nos discussions […] pourraient permettre de valider les principes clés d'un accord basé sur des critères d'audience, de non-discrimination et de contribution à la production d'information politique et générale », indique Google France. Le directeur général de la filiale, Sébastien Missoffe, affirme que le mastodonte américain veut « soutenir le journalisme et assurer la continuité de l'accès au plus grand nombre à un contenu de qualité ».

Google News Showcase + droits voisins : assez pour convaincre la presse française ?

L'offre de Google, qui a de bonnes chances d'aboutir donc, porte sur les droits voisins, mais aussi sur le nouveau produit lancé le 1er octobre, Google News Showcase. Déjà fonctionnel en Allemagne et au Brésil, l'outil doit prendre la forme d'un soutien financier d'un milliard de dollars et d'une mise en avant apportés aux médias participants qui produisent des articles à forte valeur ajoutée. Un partenariat gagnant-gagnant qui, sur le papier, tournerait même à l'avantage des éditeurs de presse.

On peut ainsi comprendre que l'on se rapproche d'un terrain d'entente lorsque Google propose à la fois de se mettre en conformité avec la directive copyright tout en proposant aux éditeurs de prendre part à l'initiative Google News Showcase. Le patron du groupe Les Échos - Le Parisien, Pierre Louette, qui conduit les négociations pour l'APIG, confirme en tout cas que « ces dernières semaines ont permis de clarifier de nombreux points et de confirmer que Google acceptait le principe de rémunération de nos titres de presse et ainsi de donner une réalité aux droits voisins ».

Qu'en pense-t-on chez Clubic ?

Google France et les éditeurs de presse sur le point ou presque de trouver un accord… voilà un retournement de situation qui devrait être sujet aux commentaires. La possibilité d'être doublement rémunérés par Google (on schématise un maximum) semble séduire les éditeurs. À se projeter un peu plus, on peut aussi imaginer quelles peuvent être les conséquences d'un tel « mariage ». Certains pensent que l'indépendance des médias, qui n'est peut-être pas toujours évidente selon qui possède quoi, pourrait être remise en cause. D'autres y voient une chance pour les médias de développer une nouvelle économie, peut-être basée sur le freemium (mi-payant, mi-gratuit). Un juste retour des choses en somme ? Peut-être ! Car après tout, sans les millions d'articles, brèves, interviews, tribunes, enquêtes, reportages ou dossiers des médias présents sur la toile, Google n'aurait peut-être pas eu le même succès, non ?

Modifié le 08/10/2020 à 08h42
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