L'UE lance une enquête sur Amazon pour abus de position dominante

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Le 08 octobre 2018
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Et si Amazon abusait de son statut de géant du e-commerce pour capter les données de nombreux vendeurs présents sur sa plate-forme, pour ensuite s'octroyer un avantage commercial ?

La Commission européenne vient de lancer une enquête à l'encontre d'Amazon, pour vérifier si le site internet profite des données des marchands tiers à son avantage.

Les vendeurs Amazon et leur rôle de détaillants

Amazon commercialise certains produits directement, et se repose en complément sur des vendeurs détaillants qui viennent enrichir l'offre via la plate-forme. C'est ce qui explique que certains produits non disponibles auprès d'Amazon puissent l'être via des vendeurs tiers. Une cohabitation qui permet à des structures de taille modeste d'accéder à une clientèle importante. Le problème, c'est que cette organisation semble profiter de manière un peu trop avantageuse à Amazon.

En effet, la Commission européenne soupçonne le géant d'utiliser secrètement les données confiées par les vendeurs pour doper ses propres ventes. Des informations sont actuellement en train d'être collectées grâce à des questionnaires envoyés à des vendeurs présents sur le site e-commerce. Une enquête sera ensuite lancée officiellement si ces premiers éléments ne lèvent pas le doute.

Ce qui pose précisément un problème pour l'Europe, c'est la faculté d'Amazon à analyser les performances de ses vendeurs pour ensuite définir sa propre stratégie commerciale. En observant les produits qui se vendent le mieux, Amazon mènerait un espionnage stratégique, et doublerait les vendeurs déjà en place.

Amazon, nouveau GAFA dans le viseur de l'Europe

Amazon a déjà été la cible de critiques et de poursuites. Ainsi, à la fin de l'année 2017, la France l'assignait en justice pour abus de position dominante. À l'époque, ce sont les clauses d'alignement tarifaire - et toutes les clauses déséquilibrant le rapport de force entre Amazon et ses vendeurs - qui étaient au cœur de la critique. « La plate-forme impose un rapport déséquilibré avec ses vendeurs. Cela ressemble beaucoup aux relations qui existent entre la grande distribution et ses fournisseurs » confiait le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.

Google, Apple, Facebook, tous ont déjà eu des ennuis avec l'Union européenne. Margrethe Vestager, la Commissaire européenne à la Concurrence, a désormais décidé de s'attaquer à Amazon. L'entreprise de Jeff Bezos doit-elle s'attendre à une enquête plus poussée et à une condamnation comme Google récemment ? Pas nécessairement : il suffit de regarder l'actualité pour voir que les géants du commerce sont rarement punis à hauteur de leurs délits, comme McDonald's, dont l'optimisation fiscale a été déclarée légale après deux ans d'enquête.
Modifié le 08/10/2018 à 08h28
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