Blocage du porno au Royaume-Uni : c'est la débandade

17 octobre 2019 à 11h35
0
18+

Le Royaume-Uni n'appliquera finalement pas son contrôle des sites à caractère pornographique. Après des années de controverses, le pays a laissé tomber la troisième partie de son Digital Economy Act 2017.

Des décisions à l'efficacité contestée sont ainsi enterrées. La secrétaire d'Etat Nicky Morgan souligne cependant que le Royaume-Uni continuera sa lutte en ligne.

« Porn pass »

Pour le Royaume-Uni, la problématique est celle de l'exposition des mineurs à des contenus pornographiques. En 2016, le ministère britannique de la culture et des médias a mené une enquête publique concernant l'accès aux sites pornographiques, en annonçant réfléchir à la pertinence de la signalisation audiovisuelle, notamment au sigle « 18 » apposé au contenu audiovisuel érotique et « R18 » pour du contenu pornographique.

En 2018, le Royaume-Uni prévoyait ainsi l'instauration d'un « porn pass » pour l'année suivante. Il devait s'agir d'un code à 16 chiffres fourni par les marchands de journaux aux personnes ayant prouvé leur majorité, et permettant d'accéder aux sites pornographiques. La mesure, qui s'inscrit au cœur d'un texte de loi, le Digital Economy Act, envisageait aussi de vérifier l'âge légal via les codes de cartes bancaires.

Un pas en avant, deux pas en arrière

Mais depuis, le Royaume-Uni n'a cessé de reculer. Les mesures annoncées ont d'abord été jugées insuffisantes ou inefficaces par beaucoup. Par exemple, des sites comme Twitter ou Reddit ne devaient pas être contraints par la loi : aucune vérification d'âge ne pouvait donc y être instaurée.

Des craintes concernant la vie privée des personnes ont également été émises. Aussi, le gouvernement a commencé à reculer au mois d'avril, alors que 40 % des opposants à la loi affirmaient qu'ils utiliseraient un VPN si le texte de loi entrait en vigueur. En juin, le projet a de nouveau été repoussé de six mois.

Aujourd'hui, il a définitivement été abandonné, Nicky Morgan annonçant que le Royaume-Uni « n'entamerait pas » la troisième partie de ce Digital Economy Act, qui devait effectivement instaurer cette vérification d'âge.

Mais si la mesure est abandonnée, la secrétaire d'état confirme néanmoins que le pays continuera de chercher des solutions. Un livre blanc publié en avril prévient que les sociétés de mise en ligne auront à assumer tout contenu illégal (pornographie, mais également terrorisme, harcèlement et usage détourné des réseaux sociaux). Le pays n'en a donc pas terminé avec le porno.

Source : The Verge
Modifié le 17/10/2019 à 11h47
26
19
Partager l'article :
Voir tous les messages sur le forum

Les actualités récentes les plus commentées

Pour le patron de Take Two (GTA, BioShock), Stadia est une déception
La Maison-Blanche s'en prend aux pays qui taxent les géants numériques américains
« Il est temps de briser Amazon » : quand Elon Musk se paie Jeff Bezos
Microsoft licencie des dizaines de journalistes, remplacés par des robots
Citroën prépare une nouvelle berline hybride haut de gamme pour 2021
L'Allemagne impose une borne de recharge pour véhicules électriques dans chaque station-service
Gaia-X : le projet européen de cloud computing visant à concurrencer la Silicon Valley se précise
La Poste déploie l'Identité Numérique, un service pour se connecter à 700 services avec un identifiant unique
Sony reporte son événement dédié à la PS5 et soutient le mouvement de contestation en cours aux USA
Les employés de Facebook s'insurgent contre le refus de Zuckerberg de censurer les posts de Donald Trump

Notre charte communautaire

  • 1. Participez aux discussions
  • 2. Partagez vos connaissances
  • 3. Échangez vos idées
  • 4. Faites preuve de tolérance
  • 5. Restez courtois
  • 6. Publiez des messages utiles
  • 7. Soignez votre écriture
  • 8. Respectez le cadre légal
  • 9. Ne faites pas de promotion
  • 10. Ne plagiez pas
  • Consultez la charte
scroll top